Il est totalement inacceptable que des personnes en situation de détresse soient de plus en plus laissées seules face à un ordinateur lorsqu'elles doivent faire une demande d'aide sociale au Ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS). La Coalition pour l'accessibilité aux services des Centres locaux d'emploi (CASC) s'allie avec le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) pour dénoncer l'orientation du nouveau « modèle d'affaires » du MESS. Ce modèle fait en sorte que les Centres locaux d'emploi réorganisent et informatisent leurs services, ce qui les rend difficilement accessibles pour des milliers de personnes qui ont un urgent besoin d'aide. Il est maintenant exceptionnel qu'un.e requérant.e puisse rencontrer un.e agent.e; les contacts humains sont réduits au minimum.
Les personnes qui demandent de l'aide de dernier recours sont dans une situation de grande vulnérabilité économique et devraient pouvoir compter sur un accompagnement personnalisé d'un.e agent.e afin de bien compléter leur dossier et faire la preuve de leur admissibilité. Les nouvelles mesures de réorganisation ne tiennent pas compte de la situation de ces personnes qui peuvent également être peu alphabétisées, allophones, malades, etc.
Déjà, les membres de la CASC peuvent constater les impacts négatifs de la réorganisation du MESS sur le terrain : le processus de demande est plus complexe, il y a une augmentation significative du taux de demandes d'aide refusées, et il s'écoule plus de temps entre le dépôt de la demande et l'arrivée du premier chèque d'aide. Cette réorganisation des services entraîne la détérioration des conditions de vie des requérant.es : perte de logement faute d'argent, insécurité alimentaire, stress accru, etc.
« Les personnes les plus appauvries de la société ne peuvent être traitées comme de simples clients de compagnie de téléphone. Elles sont déjà dans une situation très difficile lorsqu'elles doivent se résoudre à faire une demande d'aide de dernier recours. La Loi oblige le MESS à porter assistance aux personnes qui déposent une demande d'aide et, malgré cela, le ministère utilise tous les moyens pour se détourner de sa mission », déclare Amélie Châteauneuf, porte-parole de la CASC. La CASC demande donc à la ministre Julie Boulet d'agir pour abolir les mesures qui entravent l'accès des personnes à l'aide de dernier recours. La CASC revendique notamment que les prestataires et les requérants de l'aide de dernier recours aient de nouveau la possibilité de parler à leur agent attitré en personne ou par téléphone.
La Coalition pour l'accessibilité aux services des Centres locaux d'emploi a pour mandat le respect des droits des personnes qui demandent de l'aide ou des services auprès du MESS. La CASC, qui existe depuis 2004, est formée de personnes assistées sociales et d'une quarantaine de groupes communautaires.
Source : SFPQ, 20.05.2011
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