par Raphaelle D’Amours, Centre des femmes de Rivière-des-Prairies
Le phénomène de l’itinérance n’est pas l’apanage des hommes. L’itinérance des femmes est une réalité méconnue et sous-estimée. Selon le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF), l’itinérance est normalement associée à des problèmes de santé mentale et de pauvreté. Et qui sont les personnes les plus vulnérables à la pauvreté dans notre société? Ce sont les femmes, bien sûr. Pas étonnant que l’itinérance au féminin soit en hausse au Canada. D’autres facteurs penchent cependant dans la balance : la violence, la détresse physique et psychologique, les abus, les rejets, l’exclusion sociale…
« Les jugements critiques et les regards méprisants posés sur elles les incitent à s’isoler davantage et à rejeter la société. Et puis il y a la honte qui les habite. Lorsqu'on doit dormir sur un banc, faire pipi entre deux autos ou quêter des repas, on perd toute dignité. Il ne faut donc pas se surprendre si ces femmes se retrouvent avec des problèmes de santé mentale - paranoïa, dépression, agressivité - qui s'amplifient avec les ans », affirme Léonie Couture, coordonnatrice de La Rue des femmes.
Fondé en 1994, La Rue des femmes est un organisme qui vient en aide aux femmes itinérantes et en difficulté. C’est en offrant des repas complets, des espaces de repos, un gîte sécuritaire et des activités thérapeutiques qu’œuvre cet organisme. Pour Mme Couture, il faut d’abord combler les besoins primaires si on veut aider sur d’autres niveaux.
L’itinérance reste une réalité troublante parfois difficile à comprendre sans jugement. Pour la démystifier, une personne ressource viendra au Centre des femmes de Rivière-des-Prairies en parler le jeudi 24 mars, de 13h à 15h. Venez poser vos questions!
Page reliée : L’augmentation importante des femmes itinérantes à Montréal inquiète, Charles Poulin, Rue Frontenac, 03.11.2010
