Le 17 février, des représentant-es du mouvement communautaire en santé et services sociaux présentaient à Dominique Vien, ministre déléguée aux services sociaux, la position de plus de 1 600 organismes quant à la campagne NON à la convention PSOC (Programme de soutien aux organismes communautaires). Leur message est clair : ces organismes réitèrent leur engagement à continuer de respecter les règles actuelles, mais ils s'opposent à un contrat inéquitable et unilatéral.
Lancée il y a moins de deux mois, la campagne réunit déjà la majorité des organismes communautaires financés par le PSOC du MSSS pour leur mission et ce nombre continuera d'augmenter dans les prochaines semaines. La campagne est de plus déjà appuyée par 110 organisations alliées des milieux syndicaux, étudiants, féministes et communautaires de secteurs variés. Notons que de tous les programmes gouvernementaux, le PSOC est celui qui subventionne le plus grand nombre d'organismes communautaires au Québec.
La campagne porte déjà fruit, puisque le MSSS vient d'annoncer qu'un groupe de travail mixte se penchera sur l'ensemble du projet de convention. C'est un pas dans la bonne direction, mais le document nécessite une refonte complète, autrement les organismes ne le signeront pas.
Cette campagne réunit des organismes de toutes les régions du Québec travaillant sur un ensemble de problématiques. Le dépôt du 17 février vise à ce que leur position soit prise en compte au sein du groupe de travail, ce que la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (Table) et la Coalition des tables régionales d'organismes communautaires (CTROC) s'engagent à faire.
Rappelons que la Table et la CTROC lançaient cette campagne suite à une analyse approfondie; un avis juridique a d'ailleurs recommandé de ne pas signer ce qui constituerait « un chèque en blanc ». L'application du projet de convention, dans sa forme actuelle, irait au-delà de ce que demande le Vérificateur général du Québec. « Pour mon organisme, cela signifierait perdre la liberté de déterminer nos pratiques, ce qui contreviendrait à la Politique gouvernementale de reconnaissance de l'action communautaire, à la Loi sur les compagnies et même à la Loi sur les services de santé et les services sociaux », souligne Angèle Laroche, du Centre des femmes de Memphrémagog (membre du conseil exécutif de L'R des centres de femmes et de la TROC-Estrie).
Les organismes de tout le mouvement communautaire, ainsi que leurs alliés, suivront de près l'évolution du dossier.
Source : Table et CTROC, 17.02.2011
