par Lyse Cloutier, présidente de l’R des centres de femmes du Québec
Quand le gouvernement nous répond que sa volonté en matière de santé est de préserver, améliorer et renforcer le système public universel de santé et de services sociaux, le croyez-vous?
Moi non plus je ne le crois pas, d’autant plus qu’il ne dit aucun mot face à la taxe santé qui nous est imposée depuis le dernier budget et qu’on commence à payer dès maintenant.
Je ne le crois pas et je demande au gouvernement ce qu’il répond à Patricia, mère monoparentale de trois enfants dont un est handicapé. Ce dernier doit uriner à l’aide d’un cathéter et Patricia doit payer 72$ par mois. Trouvez-vous cela normal?
Que répondez-vous, monsieur le gouvernement, à Christine qui doit passer une cytologie chaque année, comme beaucoup de femmes d’ailleurs, et qui doit payer pour le transport du prélèvement?
Que répondez-vous à Geneviève qui doit passer d’urgence une échographie pelvienne. Elle appelle dans deux hôpitaux et le délai minimum est d’un an. Elle appelle dans une clinique privée, elle a un rendez-vous la semaine suivante et ça lui coûte 75$. Trouvez-vous ça normal? Est-ce que c’est digne d’un système de santé public?
Nous ne le répéterons jamais assez. Pour les femmes, le privé ce n’est pas un choix! La santé, ce n’est pas une marchandise, c’est un droit! Notre système de santé n’est pas à vendre. On y tient à notre système de santé public.
Hélène Pedneault, grande féministe qui serait avec nous aujourd’hui si elle était encore vivante, serait en colère et indignée comme nous des réponses gouvernementales face à nos revendications. Et elle redirait avec nous ses paroles de 2000, toujours aussi d’actualité : « Nous ne reviendrons jamais en arrière. Nous sommes inflexibles, inébranlables, immortelles et incontrôlables! ».
Notre système de santé public, on y tient! On ne lâchera pas! Et qu’on se le tienne pour dit!
