La Ligue des droits et libertés est fortement préoccupée à la suite des événements du G20 et réclame au gouvernement du Canada une enquête publique indépendante sur la conduite des autorités policières à Toronto. "Les informations qui circulent actuellement laissent entendre que de nombreuses violations auraient été commises par les forces de l'ordre", s'inquiète Nicole Filion, coordonnatrice de la Ligue.
"Nous avons entendu différents témoignages inquiétants portant à croire que le comportement des forces policières était hautement disproportionné en regard de la menace que représentaient les manifestants. Des techniques dangereuses de contrôle de foule auraient été utilisées. Ainsi les forces de l'ordre auraient tiré à bout portant des bombes lacrymogènes sur des manifestants, ce qui est reconnu comme étant dangereux. La cavalerie aurait chargé un groupe de personnes, piétinant au moins l'une d'entre elles. Par ailleurs, la garantie constitutionnelle de consulter un avocat et d'être informé de ses droits aurait été violée dans plusieurs cas."
"Nous avons aussi été informés de conditions de détention inacceptables alors que les détenus, confinés dans des espaces trop exigus pour le nombre qu'ils étaient, n'avaient pas suffisamment à boire et à manger et ont dû dormir à même le sol de ciment, sans couverture et habillés inadéquatement. Plusieurs rapportent avoir souffert du froid durant de longues heures. En outre, certains détenus rapportent qu'ils ont fait face à de l'intimidation et à l'usage démesuré de la force de la part des agents."
"Une journaliste du Centre des médias alternatifs a rapporté avoir été menacée de viol collectif. Plusieurs jeunes femmes auraient été contraintes de se dévêtir et ont subi une fouille à nu par des officiers de police de sexe masculin. L'une d'entre elles aurait indiqué avoir subi des sévices sexuels. Ce qui est totalement inacceptable!" (voir la vidéo ci-dessous extraite de leur conférence de presse du 28 juin).
"Il semble aussi que les arrestations ciblaient quiconque se trouvait à certains endroits dans le centre-ville de Toronto, brimant le droit de manifester. Certains ont même été surpris dans leur sommeil alors qu'ils dormaient dans un dortoir de l'Université de Toronto."
"Plusieurs personnes ont été détenues plusieurs heures puis relâchées sans aucun chef d'accusation. Ce type d'opération policière semble avoir pour objectif premier d'empêcher des personnes de manifester, brimant du coup leur liberté d'expression. Il s'agit d'arrestations massives et préventives pour lesquelles le Canada a déjà été condamné par le Comité des droits humains de l'ONU en novembre 2005."
"À mesure que les détenus seront libérés du centre de détention préventive, nous en apprendrons certainement davantage. Il faut que la lumière soit faite rapidement sur l'ensemble de l'opération policière y compris les conditions de détention. Il y a lieu d'avoir une enquête publique indépendante. Il est très inquiétant que, dans un pays dit démocratique, la dissidence soit réprimée de cette façon. Il semble en fait que l'on a tout fait pour faire taire les manifestants", conclut Nicole Filion.
Source : Ligue des droits et libertés, 29.06.2009
> Groupe facebook : Canadiennes et Canadiens pour une enquête publique sur le G20 de Toronto
> Pétition de l’Association canadienne des libertés civiles/The Canadian Civil Liberties Association's Petition
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La FFQ demande une enquête indépendante, 29.06.2010
Un rapport sévère contre la police, Radio-Canada, 29.06.2009 (voici le rapport dont il est question)
La stratégie du Black Bloc encouragée par la police, Cybersolidaires, 29.06.2010
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