Cette année, la Journée internationale des femmes annonçait le lancement de la Marche mondiale des femmes 2010. Femmes du monde à Côte-des-Neiges a organisé l’événement en deux temps : le 3 mars a été l’occasion d’une rencontre entre résidentEs et intervenantEs du quartier pour s’approprier les revendications québécoises de la Marche mondiale et le 8 mars, une action montréalaise dans laquelle les femmes de Côte-des-Neiges ont pu représenter le quartier.
De la marche de 1995 à celle de 2010
La rencontre du 3 mars a permis la participation d’une soixantaine de résidentEs et d’intervenantEs. Alexandra Pierre, responsable de la mobilisation à la Fédération des femmes du Québec, a pu présenter l’historique de la Marche mondiale des femmes ainsi que répondre aux questions sur les actions prévues pour l’année 2010. Le témoignage touchant de Denise Jean-Louis, membre du conseil d’administration de Femmes du monde à Côte-des-Neiges, a ravivé les souvenirs de la première marche « Du pain et des roses » en 1995. Se sentir partie d’un mouvement peut être émouvant et donner la force de faire face aux difficultés quotidiennes telles que, par exemple, avoir peur de ne pas réussir, ou devoir s’occuper de ses enfants tout en voulant s’engager pour un monde meilleur.
Les participantEs ont pu s’approprier les revendications que les femmes du Québec porteront tout au long de cette année 2010, notamment en débattant en ateliers d’enjeux tels que la privatisation des services de santé, le salaire minimum, les barèmes de l’aide sociale et l’hypersexualisation de l’image des femmes dans les médias. Elles ont précisé les demandes pour les femmes du quartier : une santé accessible à toutes et à tous, l’augmentation du salaire minimum et l’élimination des catégories d’aide sociale, la mise sur pied d’une commission qui puisse intervenir sur les publicités sexistes ainsi qu’un corps enseignant adéquatement formé pour l’éducation des jeunes à l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment en éducation sexuelle.
Le soulier de la marche des femmes de Côte-des-Neiges
Chacune de ces revendications a été représentée par des images sur une série de trois panneaux qui composent le « Soulier de la marche des femmes de Côte-des-Neiges ». Ce triptyque sera affiché durant toute l’année 2010 au centre des femmes Femmes du monde à Côte-des-Neiges. Denyse Lacelle, du Conseil communautaire Côte-des-Neiges/Snowdon, a bien résumé l’esprit de la rencontre et sa synthèse figurative : « Le talon de ce soulier contient les déterminants de la santé de la population du quartier, c’est tout ce sur quoi on s’appuie et qui illustre comment on va se placer dans la vie ». Les enjeux de santé ont été approchés avec un regard global par les participantEs et pour Côte-des-Neiges. Une des participantes a rappelé que « Dans la santé, il y a une idée de justice, il faut que même sans beaucoup d’argent, une personne puisse avoir un bon logement et donc une meilleure santé ». Le droit à des logements adéquats dans Côte-des-Neiges devient donc un enjeu de santé globale.
Le deuxième panneau représente la partie du milieu du pied, plus sensible et moins visible, celle qui – toujours selon les mots de Denyse Lacelle – « Dans le sable ne laisse pas de trace, c’est le sous-marché du travail, toute l’invisibilité de notre travail en tant que femmes et tout ce qu’on fait sans être payée ». Les participantes ont rappelé comment les femmes se retrouvent au bas de l’échelle salariale, en majorité dans des métiers à temps partiel, et comment encore une grosse partie du travail qu’elles font n’est pas valorisée par la société. Pour les femmes de Côte-des-Neiges, il faut ajouter toutes les difficultés supplémentaires des femmes immigrantes, le manque de reconnaissance de leurs expériences et compétences et l’absence d’informations suffisantes.
La troisième et dernière partie représente les orteils, « La partie qu’on se cogne plus facilement, mais aussi celle sur laquelle on peut s’élever pour se tenir debout » pour nos droits. C’est aussi ce qu'Hélène Fotopulos, conseillère du district de Côte-des-Neiges et responsable, à la Ville de Montréal, de la culture, du patrimoine et de la condition féminine, a rappelé à la salle : comment les femmes prennent de plus en plus de place dans les lieux de pouvoir, comment elles présentent des études, font des recommandations et peuvent faire la différence. Elle a fortement encouragé les femmes présentes à participer au Conseil d’arrondissement et à y aller pour faire entendre leur voix. Nous soulignons aussi la présence de Dolores Appleyard, attachée politique de Raymond Bachand, député d’Outremont et ministre des Finances.
Imaginez 3 minutes sans les femmes
Cette rencontre a aussi été une préparation à la journée du 8 mars. Une vingtaine de femmes de Côte-des-Neiges étaient présentes à l’action organisée au Complexe Desjardins par la Coalition régionale montréalaise de la Marche mondiale des femmes. À midi trente, des centaines de femmes ont arrêté de bouger pendant trois minutes sous la bannière « Imaginez 3 minutes sans les femmes ». Nous voulions souligner l’importance de la présence et du travail des femmes dans le monde.
Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!
Page reliée : Les revendications montréalaises de la Marche mondiale des femmes 2010
