Nous sommes des participantes du centre des femmes Femmes du monde à Côte-des-Neiges. Dimanche 6 décembre 2009, nous avons présenté à la Maison de la culture Côte-des-Neiges le résultat d’une série de rencontres avec l’artiste Diane Trépanière. Nous avons cherché ensemble une façon de nous joindre à sa création afin d’apporter nos opinions, sentiments et indignations face à cet événement, face à la violence qui touche les femmes.
Cette violence frappe les femmes parce qu’elles sont des femmes.
Cette violence est une manifestation de la société et a un impact sur toute la société.
Nous, les femmes du monde, nous sommes nées au Québec ou venues d’ailleurs. Quelques-unes parmi nous étaient à Montréal le 6 décembre 1989, d’autres ont entendu parler de cette tragédie après avoir immigré. Certaines viennent de la découvrir il y a quelques mois seulement.
Nous sommes pleines de questions brûlantes. Pourquoi les femmes sont-elles encore visées? Pourquoi notre société, notre système et mode d’éducation n’enseignent-ils pas encore l’égalité? Pourquoi l’égalité n’est-elle pas chose acquise? Pourquoi le mot «féministe» est-il devenu si péjoratif? Pourquoi cela fait-il encore si peur que les femmes prennent leur place dans la société? De quoi avez-vous peur?
6 décembre 1989. Nous ne pensions pas que cela pouvait arriver au Québec au Canada dans une démocratie.Le 6 décembre ce n’était pas un accident si c’est l’école d’ingénierie qui a été choisie. Dans la société, le rôle des ingénieurs est de construire et ces femmes voulaient devenir ingénieures. Elles voulaient être des bâtisseuses.
Nous avons choisi de nous représenter à travers des boîtes. Ces boîtes représentent donc toutes les femmes bâtisseuses. Chaque femme a préparé une boîte. Chaque boîte contient plusieurs significations. Mais chaque boîte contient aussi un message plus fort qui la représente.
Ensemble nous voulons dire que nous sommes ici pour le courage de la commémoration. Pour rendre un hommage à vous 14 jeunes femmes car nous aurions pu être une parmi vous. Nous voulons vous dire que nous continuons à lutter. D’autant plus qu’aujourd’hui nous risquons de perdre une loi qui permettait l’existence du registre des armes à feu. Une loi en directe conséquence du 6 décembre 1989 et si importante dans la lutte contre la violence faite aux femmes!
Nous voulons vous dire que vous êtes parties mais vous n’êtes pas oubliées.
Nous sommes en colère mais la colère c’est aussi la vie!
Nous avons espoir, toujours, que les voix de toutes les femmes puissent être entendues, que toutes les femmes puissent avoir leur place dans la société ici et ailleurs. Merci à Diane Trépanière qui nous a incluses dans son projet, merci au public qui nous a écouté avec beaucoup de cœur, merci aux bailleurs de fonds qui nous ont permis de réaliser ce travail.
Nous vous invitons à être témoins de cette installation qui se veut une offrande à toutes les femmes qui continuent de lutter parfois au prix de leur vie pour un monde meilleur. Elle se trouvera à la Maison de la culture Côte-des-Neiges jusqu’au 17 janvier 2010 au 5290, Côte-des-Neiges à Montréal.
