par le Centre Au Cœur des Femmes
Le Centre Au Cœur des Femmes de St-Jean-de-Matha réagit à la mort injuste de l’une de ses participantes, tuée par son mari le 18 août, alors que l’agent de police qui l’accompagnait au moment de chercher ses effets personnels s’est absenté. La maison d’hébergement la Traverse de Joliette ainsi que plusieurs regroupements nationaux de groupes de femmes* joignent leur voix à celle du centre pour dénoncer le manque de vigilance de la police.
Les travailleuses du Centre Au Cœur des Femmes croient sincèrement que ce meurtre aurait pu être évité. En effet, des témoignages démontrent que plusieurs policiers de la Sûreté du Québec de la Matawinie méconnaissent le phénomène de la violence conjugale. Cette méconnaissance entraîne une banalisation de leurs interventions et une non-reconnaissance de la dangerosité potentielle d’un conjoint violent.
Ce n’est pas le manque d’expérience du policier dépêché sur les lieux qui est en cause, mais plusieurs questions se posent. A-t-on suffisamment évalué la situation? A-t-on suffisamment mesuré le risque? Les policiers font partie de la chaîne d’intervention auprès des victimes, il est impératif qu’ils se donnent des outils pour mieux évaluer le danger et analyser chaque situation et qu’ils travaillent en collaboration avec les partenaires en violence conjugale. Les femmes qui quittent un conjoint violent sont parmi les plus vulnérables car c’est à ce moment que la violence devient plus grave.
«Nous espérons que cette triste expérience amènera la participation de la police de la Matawinie au comité en violence conjugale de l’Agence en santé et services sociaux de Lanaudière qui se réunit depuis plus d’un an», de dire Madame Louise Chaussé, porte-parole du Centre Au Coeur des Femmes de St-Jean-de-Matha. «Tous les policiers devraient recevoir une formation sur la connaissance des différents mécanismes de la violence conjugale», ajoute-t-elle.
Madame Chaussé conclut : «Cette femme a fait ce qu’il fallait : elle a appelé pour obtenir une protection policière, mais malheureusement pour elle, le système a échoué. Il ne faut pas que la mort de Carmen ait été inutile».
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* Ce communiqué est appuyé par:
la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle
la Fédération des femmes du Québec
la Fédération de ressources d’hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec
l’R des centres de femmes
le Regroupement provincial des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale
le Réseau d’action des femmes handicapées du Canada
Stella
Page reliée : Violence conjugale : formation réclamée pour les policiers, Katia Gagnon, La Presse, 22.08.2009
