11 janvier 2005

Le défi du matriarcat

"L'évolution de la femme", qui traite de l'histoire cachée des femmes, est plus qu'un livre féministe. Il marque un nouveau cour théorique en anthropologie qui, ces dernières années, a été témoin d'une détérioration progressive dans sa méthodologie. Examinons les raisons de ce déclin et ce qui est nécessaire pour remettre l'anthropologie sur la bonne voie.

Pages reliées :
Quelle alternative au patriarcat?, Agnès Echène, 07.2004
Pour une révision de l'histoire et une audacieuse mythologie féminine, Blandine Longre, 07.2004
Lire "Le langage de la déesse" et Une entrevue avec Marija Gimbutas
Matriarcat : La civilisation de l'Indus
Déesse-mère à Adji Kui au Turkménistan, 2002
Entretien avec David Haziot, à propos de son dernier roman, Elles, Autrement, 2004

11 janvier 2005 dans Thème : Patriarcat | Lien permanent | Commentaires (0)

26 novembre 2004

Du patriarcat au féminin

Des femmes chefs de familles, des hommes qui restent à la maison, des femmes qui jouent le rôle de pourvoyeuses familiales et des hommes qui élèvent les enfants. Le monde à l'envers nous direz-vous… Eh bien, c'est la réalité quotidienne des populations du Meghalaya, un état de l'Inde situé juste au sud de l'Himalaya. Ce qu'ailleurs dans le monde les femmes dénoncent et réclament concernant l'égalité des sexes, ce sont les hommes qui le réclament au Meghalaya. Loin d'incarner des valeurs dites "féminines" de compassion et d'égalité, elles incarnent la ségrégation et la domination des femmes sur les hommes.

Les hommes réagissent. Plusieurs d'entre eux se livrent à des habitudes de vie telles que la consommation de drogues et d'alcool. D'autres revendiquent une place plus importante dans la société et le droit d'accéder aux instances décisionnelles au même titre que leurs épouses. Il y a quelques années, l'un d'eux a mis sur pied un "Front de libération des hommes", le Symbai Rimbai Tong Hai. Cette organisation a cependant rencontré plusieurs obstacles auprès des femmes, mais aussi de la société toute entière. Toutefois, la culture populaire (majoritaire) du reste du pays entre en conflit direct avec la culture locale, ce qui pourrait éventuellement ébranler le statu quo de cette région. Pour l'instant, le Meghalaya demeure un des rares royaumes où les femmes sont "reines".

Source : ORÉGAND, 27.08.2004

Pages reliées :
Aux origines du patriarcat : les Indo-européens
The Meghalaya's People

26 novembre 2004 dans Thème : Patriarcat | Lien permanent | Commentaires (0)

22 novembre 2004

Nancy Huston, "romamancière"

Entre l'art et la vie, l'esprit et le corps, la création et la procréation, Nancy Huston manifeste un refus viscéral de choisir. Dans la dizaine d'essais qu'elle a publiés, elle ne cesse de réfléchir à leur articulation, elle suit la piste d'un mot, rapproche des histoires différentes, relie sa propre expérience, ses sensations physiques, quelque chose que lui a fait remarquer sa fille, à des souvenirs de lectures ou à l'interprétation d'un mythe. C'est ce va-et-vient qui, loin de l'entraver, fait toute la fécondité de son travail. Peu de lectures font autant avancer, quand bien des intellectuel-les planant au-dessus des basses contingences de l'existence ne font qu'enfoncer des portes ouvertes d'un air pénétré. Mine de rien, Nancy Huston est un phénomène. Vous en connaissez beaucoup des auteures qui revendiquent leur identité non seulement de femme, mais aussi de mère et qui sont en même temps reconnues comme des intellectuelles et des créatrices à part entière?

Selon cette "romamancière", "les institutions patriarcales ont privé non seulement les femmes de leur âme, mais les hommes de leur chair, et il faudra bien du temps encore avant que les artistes ne deviennent des êtres pleins, non mutilés et non envieux. Avant que les femmes ne cessent de s'amputer de leur maternité pour prouver qu'elles ont de l'esprit; avant que les hommes ne cessent de déprécier la maternité tout en la mimant parce qu'ils en sont incapables. Avant que les femmes ne cessent de "trembler" et se mettent à croire en la puissance fantastique de leur imaginaire; avant que les hommes ne cessent de narguer la mort et se mettent à croire en leur fécondité à eux, en leur paternité réelle et non plus symbolique, en leur immortalité tranquille et anonyme dans l'espèce. Il est possible d'être humain sans ajouter aussitôt, à la manière de Nietzsche, "trop humain", et sans considérer cet état comme une déchéance." À lire dans Périphéries.

Pages reliées :
Nancy Huston : Professeurs de désespoir, Indicatif présent, 22.11.2004
L'entremêleuse, Périphéries, 06.2003
Le miracle Huston, Le magazine de la librairie Pantoute
C'est la vie! : Jour sein, Josée Blanchette, 07.04.2004

22 novembre 2004 dans Thème : Archives des publications 2004, Thème : Arts et culture, Thème : Patriarcat | Lien permanent | Commentaires (0)

11 juin 2004

Pour une révolution du masculin

L’irruption des femmes dans le monde du travail, le contrôle des naissances, la lutte des féministes pour l’égalité des droits, autant de progrès qui ont amené un profond bouleversement dans les rapports hommes-femmes. Combattant le patriarcat d’un point de vue féminin, le féminisme s’est quasi exclusivement intéressé à la domination des femmes par les hommes. L’analyse du patriarcat d’un point de vue masculin et hétérosexuel reste à faire.

Nous les hommes, sommes-nous bénéficiaires du patriarcat ou s’agit-il d’une idéologie qui nous aliène dans notre condition d’homme? Nous avons été conditionnés à être actifs, à mener le jeu, à diriger, y compris le plaisir de nos compagnes, à nous sentir responsables de tout. Nous devons démontrer notre virilité qui peut être remise en cause par nos "pannes" sexuelles. Et jouissons-nous vraiment? Qui se pose la question? Même pas nous. Notre conditionnement à être des reproducteurs est tel que nous confondons éjaculation et jouissance. Il suffit de mettre en pratique d’autres visions de la sexualité pour constater qu'en stoppant notre éjaculation nous pouvons vivre des orgasmes identiques à ceux de nos compagnes.

Il appartient également aux hommes et aux femmes de définir un nouveau contrat sur des bases plus ouvertes et égalitaires qui excluent la violence. Cela signifie de remettre en cause notre comportement. Dans ce nouveau rapport égalitaire, hommes et femmes devraient pouvoir exprimer leurs désirs sans crainte de censure ou de mépris. Le respect de l’autre devrait se manifester par la liberté donnée d'emblée au corps de chacun-e et au refus de se l’approprier. Il faut aussi remettre en cause le partage des tâches domestiques entre hommes et femmes. À nous de refuser les rôles imposés (mari bricoleur, père absent...).

Un mouvement d’hommes contre le patriarcat ne peut se constituer qu’avec des hommes qui, à un titre ou à un autre, se sentent aliénés par le patriarcat. S’ils peuvent avoir des comptes à rendre sur leur attitude personnelle, ils n’ont cependant pas à se sentir collectivement coupables d’un système qui les aliène.

Source : Libertad, 03.12.2003

Pages reliées :
Comment ré-examiner la notion de masculinité afin d’arrêter la violence contre les femmes?, AWID
Le papa nouveau est arrivé, L'Humanité, 11.06.2004
La fragilité de la paternité dans la société québécoise : les paradoxes du père nécessaire et du père abject, Germain Dulac
La "mue sociale" de la voix masculine, Viviane Chocas, 20.04.2004
La langue "macho"
Construction des genres et domination masculine, No Pasaran
Les hommes aussi changent, Daniel Welzer-Lang, 2004
Le premier sexe : mutations et crise de l'identité masculine, André Rouch
Déconstruction du discours masculiniste
antipatriarcat.org
Le féminisme radical et les hommes
La femme est l'architecte de l'homme, Theryca, 2004
Et la femme recréa l'homme, Catherine Vincent, 20.04.2004

11 juin 2004 dans Thème : Patriarcat | Lien permanent | Commentaires (0)

21 mai 2003

Le royaume matriarcal du lac Lugu : une communauté modèle?

Dans l'ouest de la Chine, autour du lac Lugu, vivent 70.000 Mosuo, un sous-groupe de l'ethnie Naxi. Selon des études réalisées par des anthropologues, dans cette communauté unique au monde, hommes et femmes vivraient libres et égaux. Les femmes choisissent librement leurs amants et pratiquent l'union libre avec eux. La nuit, l'homme va chez la femme. Le jour, tous les deux continuent de vivre dans leur propre famille. Ici, la paternité biologique n'a pas de sens. Les enfants appartiennent à la mère et à son clan, tandis que les oncles jouent le rôle de pères. Le taux de croissance de la population y serait le plus bas au monde : 0.78 %. Ce sont les femmes qui dominent les affaires familiales et d'habitude, leurs familles seraient harmonieuses. On y prend bien soin des personnes âgées et des enfants tandis que les bébés féminins et masculins sont aussi bienvenus les uns que les autres. Lors du 50e anniversaire des Nations Unies, on a donné aux Mosuo le titre de communauté modèle. Pourquoi? Parce qu'ici, selon des anthropologues, il n'y aurait pas de rapports de domination entre hommes et femmes ni de ces querelles courantes dans les sociétés patriarcales concernant des propriétés. Parce que les hommes n'ont pas de pouvoir et ne contrôlent pas la terre, rien ne les inciterait à se battre. Les Mosuo n'ont pas ressenti le besoin d'inventer des mots pour parler de guerre, de meurtre ou de prison.

Actuellement, la culture des Mosuo est menacée par l'exploitation continue de leur environnement. On construit des routes, on installe l'électricité et on vend la beauté du lac Lugu et des "femmes matriarcales des Mosuo" aux touristes. Les Mosuo luttent pour être reconnus par le gouvernement chinois en tant que minorité nationale. En leur accordant plus d'autonomie, ce statut les aiderait à relever les défis auxquels les confrontent le développement de la Chine. L'étude de cette culture matriarcale pourrait peut-être nous aider à solutionner nos propres problèmes de société. Elle serait aussi susceptible de nous être utile pour promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes.

Source : abcNEWS.com, 21.05.2002

Pages reliées :
Les Mosuo une société matriarcale vivante, 1999
Lugu Lake Institute of Matriarchal Culture of Mosuo People

21 mai 2003 dans Continent : Asie, Thème : Patriarcat | Lien permanent | Commentaires (0)