Fin de la suprématie militaire du bloc atlantiste, emballement des outils commerciaux et monétaires, décroissance économique, pénurie énergétique et écologique, tensions géostratégiques inquiétantes, crispations identitaires... Comment gérer le désordre mondial ouvert par le déclin des Etats-Unis et éviter que ses visées hégémoniques ne mettent toujours plus la planète à feu et à sang? D'Israël, des États-Unis, d'Europe, d'Inde, de Russie, d'Amérique latine et du monde arabe, 14 responsables politiques, analystes et militaires réfléchissent à des alternatives pacifiques à la logique de domination. Leurs visions du monde expriment-elles une voie de sortie de crise? Pour en savoir plus sur ce documentaire.
Les chiffres sont stupéfiants : le tiers des enfants soldats sont des filles, environ 20 millions de filles ne vont pas à l'école dans les zones de guerre et 200 millions vivent dans des pays susceptibles de devenir le théâtre de conflits armés, en plein conflit ou qui viennent d'en sortir. Le 15 mai, Plan Canada publiait Parce que je suis une fille à l'ombre de la guerre (en anglais), un rapport qui s'inscrit dans le cadre d'une initiative sur la discrimination dont sont victimes les filles ainsi que leurs droits dans le monde. Cette année, le rapport porte sur la situation des filles dans les zones de guerre et autres formes de conflits.
par Pierre Véronneau, directeur général d'Oxfam-Québec
Au 5e anniversaire du conflit au Darfour, des millions de Darfouris vivent toujours dans la terreur. Pendant cinq ans, le monde a failli à son devoir de protéger ces gens. Pendant cinq ans, les dirigeants mondiaux ont promis de passer à l'action mais ne l'ont pas fait. En tant qu'organisme d'aide oeuvrant sur le terrain, nous sommes témoins des conséquences de cette négligence perpétuelle. Chaque semaine encore, des milliers de personnes fuient leur foyer et trouvent refuge dans les camps de la région, qui n'en finissent plus de s'étendre. Chaque jour encore, des civils et des travailleurs humanitaires sont victimes d'attaques violentes.
Pourquoi, quel que soit le niveau de bonne volonté qui se manifeste dans le monde, y a-t-il autant de guerres, de souffrances et d’injustices? Depuis des milliers d’années, pourquoi rien ne semble améliorer notre sort? Vue objectivement, l’histoire de l’humanité est une chose terrible et quasiment insupportable. Les furieux holocaustes des génocides modernes; les guerres, les famines, les terribles épidémies parcourant le globe dans leurs bottes de sept lieues; et plus terribles aujourd’hui que jamais auparavant produisent un intolérable sentiment d’impuissance.
Depuis le 17 janvier, la bande de Gaza et coupée du monde. Déclarée "entité hostile" par les autorités israéliennes, tous les points d'accès au territoire - qui permettaient le passage extrêmement limité de personnes et de marchandises - ont été hermétiquement bouclés. Même l'aide humanitaire ne passe plus, a déploré l'UNRWA, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens. Or à Gaza, quatre Palestiniens sur cinq en dépendent. Israël justifie ce bouclage en invoquant les tirs de roquettes qui se sont abattus - sans faire de victimes - dans le sud du pays. Mais, ce blocus est une véritable punition collective qui menace la vie de 1,5 million personnes. Pour dénoncer cet état de fait et les prémisses d'une catastrophe humanitaire, une quarantaine d'ONG palestiniennes, israéliennes et internationales lancent un appel. Elles demandent l'arrêt du blocus, la reprise du dialogue inter-palestinien et la fin de 40 années d'occupation.
Intervention de Michel Chossudovsky à la conférence internationale "Dénoncer les crimes de guerre : criminaliser la guerre" organisée par la Perdana Global Peace Organisation à Kuala Lumpur du 5 au 7 février 2007.
Le monde est à une croisée des chemins de la plus sérieuse crise de l'histoire moderne. Les États-Unis se sont embarqués dans une aventure militaire, "une guerre de longue durée", qui menace l’avenir de l'humanité. Depuis que la première bombe atomique a été lancée sur Hiroshima le 6 août 1945, l'humanité n’a jamais été aussi près de l'impensable, un holocauste nucléaire qui pourrait potentiellement se propager, en termes de retombées radioactives, au-dessus d'une grande partie du Moyen-Orient.
Le gouvernement Bush et les États membres de sa coalition ont oublié à leurs dépens qu'on peut vaincre des États, mais pas des peuples. Au cours de l’année 2006, les armées les mieux dotées du monde ont été tenues en échec du Liban à l’Afghanistan, en passant par l’Irak, par des va-nus-pieds. Un article de Viktor Litovkine.
C’était une grand-mère normale de Gaza, une grand-mère moyenne avec neuf enfants et une quarantaine de petits-enfants. Pas plus pieuse que les autres, mais quand même une bonne musulmane et une patriote. Dans le quartier, on respectait cette famille dont deux des enfants avaient été tués lors d’attaques israéliennes sur ce camp de réfugiés. Elle avait un fils en prison depuis quelques années. Ce n’étaient pas des terroristes, dans le sens où ils ne faisaient pas partie d’une organisation structurée, mais dans ce camp tout le monde est militant. En novembre 2006, cette grand-maman faisait ses adieux à ses enfants, enregistrait une courte déclaration sur vidéo et elle allait se faire exploser près de deux soldats israéliens. Lire la suite.
Vers l’abîme. On sent confusément que les souffrances subies par les Palestinien-nes, les solidarités de plus en plus audacieuses qu’un tel tourment entraîne au Proche-Orient, et les violentes réactions de défense d’Israël, risquent de conduire le monde vers l’abîme. Le face-à-face entre deux populations, israélienne et palestinienne, qui, à tort ou à raison, se craignent l’une l’autre, ne peut durer. Car cette peur "justifie", d’un côté, une escalade dans la répression et, de l’autre, le recours à la violence de la part de groupes radicaux. Dans chaque camp, les enquêtes le confirment, la majorité des citoyen-nes aspirent à la paix. Mais, dans chaque camp aussi, montent les haines et les extrémismes. C’est de guerre à mort et d’anéantissement total dont les deux parties parlent désormais. Lire la suite.