« Ce n'est pas seulement stupide, c'est dangereux! » Au bout du fil, à New York, la jeune auteure féministe Jessica Valenti est consternée. « C'est incroyable. »
On ne discute pourtant pas des campagnes pro-abstinence et pro-virginité avant le mariage des conservateurs américains, qu'elle pourfend dans son dernier livre, The Purity Myth. On ne parle pas non plus de l'apathie de la société devant les attaques misogynes graves et ultra-répandues des internautes sur les blogues et autres pages web, un autre sujet de prédilection de la fondatrice du très populaire site carrefour Feministing.com.
On parle du Canada, dont elle est tout juste de retour après avoir donné une conférence dans une université ontarienne. Le Canada, où elle a appris que le gouvernement conservateur ne voit pas comme essentielle l'inclusion de la contraception et de l'accès à l'avortement dans son prochain programme de promotion de la santé des femmes dans les pays du tiers-monde. « On dirait que ces gens-là ne pensent pas à la réalité des femmes dans leur vie quotidienne. » Un article de Marie-Claude Lortie de La Presse.
35 ans après, on pensait l’affaire réglée. Le droit à l’avortement avait suscité des dizaines de manifestations entre 1971 et 1982 et des débats houleux dans lesquels une partie de la droite s’était d’ailleurs distinguée par ses penchants réactionnaires. Au final, les mobilisations féministes avaient payé : d’abord une loi, puis sa confirmation en 1979, et enfin le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale lors de l’arrivée de la gauche au pouvoir. Le droit à disposer de son corps, avancée majeure pour l’émancipation des femmes, était enfin acquis. Cela peut donc sembler un peu anachronique de s’interroger sur le droit à l’avortement en janvier 2010. D’ailleurs, c’est une réflexion que l’on entend régulièrement lors des rassemblements féministes. «Le combat pour le droit à l’avortement? Mais c’est du passé!» Eh bien, non : le combat pour le droit à l’avortement se conjugue encore au présent.
par Johanne Fillion, Action Canada pour la population et le développement
À l’occasion de sa 11è session ordinaire, le Conseil des droits de l’homme a adopté une résolution phare sur le thème «Mortalité et morbidité maternelles évitables et droits de l’homme». Par le biais de cette résolution, les gouvernements avouent leur très grande préoccupation face au taux beaucoup trop élevé de mortalité et de morbidité maternelles, reconnaissent que cette question en est une de droits humains et s’engagent à accroître leurs efforts nationaux et internationaux visant à protéger la vie des filles et des femmes de la planète. Plus de 70 États membres des Nations Unies ont co-parrainé cette résolution pilotée par la Colombie et la Nouvelle-Zélande.
La clinique du Dr George Tiller, qui pratiquait l'avortement dans le Kansas, ferme définitivement. Le Dr Tiller dirigeait l'une des trois cliniques qui pratiquait l'avortement tardif aux États-Unis. Il avait déjà été blessé par balles aux bras, sa clinique avait été la cible d'un attentat à la bombe et il était la cible constante de poursuites juridiques et de campagnes lancées par des associations anti-avortement. Le 31 mai 2009, son gilet pare-balles n'a pu le protéger contre une balle à la tête. Un extrémiste anti-avortement a été inculpé pour ce crime.
Quel sexe? C'est une question que vont se poser presque tous les parents avant la naissance d'un enfant. Elle va ensuite se reposer (ou s'occulter) à différentes étapes de la vie et de différentes manières. Que faire avec mon sexe et celui d'autrui? Suis-je fille, garçon? Qui m'attire? Quelle sexualité? Quelle lien avec l'amour? Quels droits? Quelle égalité? Quelles différences? La route est sinueuse et jalonnée de questions, d'affirmations, de tabous, de revendications, de honte, de fierté, de douleur, de bonheur, de doutes, de sérénité...
Organisée par Marie Stopes International, Ipas et Abortion Rights, la Global Safe Abortion Conference était la première conférence mondiale du genre. Provenant d'une soixantaine de pays, près de 800 expert-es de la santé publique, représentant-es de gouvernements et défenseur-es de la santé des femmes du monde entier se rassemblaient à Londres du 23 au 24 octobre 2007 dans le but de créer un mouvement pour réduire les effets désastreux de l'avortement à risque sur la santé et la vie des femmes. Les participant-es souhaitent l'augmentation de l'accès aux services d'avortement médicalisé, la reconnaissance du droit des femmes à l'autodétermination dans l'exercice de leurs choix reproductifs, et la promotion des efforts pour obtenir des réformes légales. Lire la suite.