Vandana Shiva : La démocratie de la Terre plutôt que la soumission au G8 et aux multinationales
Récipiendaire du prix Nobel alternatif, la militante féministe indienne Vandana Shiva est une physicienne, épistémologue, docteur en philosophie des sciences, écologiste et auteure. Elle dirige la Research Foundation for Science, Technology and Natural Resource Policy. En 1987, elle fonde Navdanya qui lutte contre l'appropriation des ressources planétaires par les firmes agrochimiques transnationales, pour la conservation de la biodiversité et la protection des droits des paysan-nes. La ferme de Navdanya est une banque de semences qui a permis à plus de 10 000 paysan-nes d'Inde, du Pakistan, du Tibet, du Népal et du Bangladesh de continuer l'agriculture biologique organique. Dès les années 1980, elle a été très active dans le Narmada Bachao Andolan (Mouvement Sauvons le Narmada) qui s'oppose à la construction d'énormes barrages sur la rivière Narmada, bouleversant les écosystèmes et obligeant des millions de paysan-nes à se déplacer. Vandana Shiva est une des chefs de file des écologistes de terrain et des altermondialistes au niveau mondial, notamment pour la défense de l'agriculture paysanne et biologique face à la politique d'expansion sans limite des multinationales agro-alimentaires et aux effets pervers du génie génétique. Elle lutte aussi contre le brevetage du vivant et la biopiraterie.
Dans l'entrevue ci-dessus réalisée en mai 2006, Vandana Shiva parle des milliers de suicides de paysan-nes indiens qui ont cru les promesses de récoltes abondantes de Monsanto. Le résultat? De mauvaises récoltes, un endettement insoutenable et la perte de leurs terres. Elle conclut en disant que nous verrons bientôt se constituer un mouvement massif de paysan-nes pour défendre la démocratie de la Terre. Il s'agit ici de sauvegarder cinq libertés fondamentales : notre souveraineté sur les semences et nos droits à l'eau, à l'alimentation, à la terre et aux forêts. La Terre appartient à tous les êtres vivants. La vie sur Terre doit donc être façonnée par les populations plutôt que par les gouvernements et les multinationales. Elle rappelle aussi la lutte d'un groupe de femmes local qui est arrivé à faire fermer une usine de Coca-Cola qui s'appropriait et polluait leur eau. Cette lutte capitale est en train de se répandre dans toutes les régions de l'Inde.
Dans cette courte entrevue réalisée le 7 juin 2007, elle explique pourquoi il faut rendre à l'Afrique ce qui lui revient et reconnaître son savoir en agriculture plutôt que de laisser le non démocratique G8 lui imposer de fausses solutions.
Page reliée : Vandana Shiva et la force créatrice des femmes, UNESCO, 1992



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