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« Rétention de sûreté : une peine infinie | Accueil | Vandana Shiva : La démocratie de la Terre plutôt que la soumission au G8 et aux multinationales »

03.05.2008

Le marché de la faim

Tomates pimpantes, mais sans goût, sur les rayons des supermarchés. D’où viennent-elles? Sont-elles encore le fruit d’une plante? Et le poulet issu de la production industrielle, est-il encore un animal? Pourquoi paraissons-nous crouler sous l’abondance alors que 854 millions de personnes (et combien de millions de plus avec la crise alimentaire actuelle?) - dont 70% sont des paysan-nes - sont gravement sous-alimentées? Comment, alors que la planète est capable de nourrir 12 milliards de personnes, soit le double de la population actuelle, la famine et la misère rurale persistent-ils dans le monde? Pour répondre à ces questions, le journaliste et cinéaste autrichien Erwin Wagenhofer se livre à une formidable enquête dont les résultats font froid dans le dos.

Inspiré par L’empire de la honte de Jean Ziegler, le documentaire Le marché de la faim (We feed the world) et le livre du même nom montrent le lien entre la faim dans le monde et la nourriture produite pour l’Europe et les autres pays riches. Le cinéaste a détourné le slogan de la semencière Pioneer (We feed the world) pour lancer une virulente attaque contre les multinationales de l’agro-alimentaire qui mènent le monde à sa perte. Il appelle les consommatrices et consommateurs à s’informer, à laisser de côté les produits de ces multinationales criminelles et à remettre en cause ce capitalisme prédateur, qui organise l’injuste désolation de la moitié de la planète au profit de quelques-uns.

1ère partie (38 min.) :

2e partie (28 min.) :

3e partie (28 min.) :

Longtemps, celles et ceux qui remettaient en cause la société de consommation en proposant une société alternative solidaire, égalitaire, libertaire, respectueuse des humain-es et de l’environnement, ont été jugés utopistes voire extrémistes. Aujourd’hui, les extrémistes sont les apôtres de la consommation, du libre-échange et de ce néolibéralisme à la logique meurtrière, qui pensent que le conglomérat oligarchique d’entreprises privées transcontinentales ont le droit de s'approprier les ressources de la planète tout en détruisant la nature au point de menacer la vie sur Terre. Mais de quelle liberté parle-t-on quand le marché est monopolisé par 50 grands groupes mondiaux? À la fin du film, l'Autrichien Peter Brabeck, pdg de Nestlé, leader mondial du secteur de l'eau en bouteille, conteste "l'avis extrême" des ONG qui souhaitent voir l'eau reconnue comme un droit public. Sans gêne, il défend sa thèse : "L'eau est un aliment, elle devrait donc avoir une valeur marchande." Stop. Nous allons droit dans le mur. Il ne s’agit pas ici d’un débat idéologique, mais d’une nécessité absolue. Qu'allons-nous choisir? Changer l'ordre capitaliste et cannibale du monde ou mourir?

Sources : Le Mague, 28.04.2007, Le Monde, 24.04.2007

Pages reliées :
Vandana Shiva : La démocratie de la Terre plutôt que la soumission au G8 et aux multinationales, 04.05.2008
Bienvenue dans le monde de Monsanto, 17.03.2008
Comment accroître les migrations circulaires selon l'Union européenne, 24.01.2008

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