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« Le Burkina Faso au féminin | Accueil | Mettre la mondialisation au service des femmes »

06.05.2006

Appel à lutter contre la vulnérabilité des femmes face au VIH/sida

Casser les liens qui nous attachent est une campagne du Réseau mondial des femmes pour les droits reproductifs qui culmine le 28 mai avec la Journée internationale d'action pour la santé des femmes.

17,5 millions de femmes sont affectées par le virus du sida. La majorité vit dans les pays pauvres : plus de 13 millions de femmes séropositives vivent en Afrique subsaharienne et presque 2 millions, en Asie du Sud et du Sud-Est. Les taux de prévalence parmi les femmes ont également considérablement augmenté en Europe de l’Est et en Asie centrale. La Fédération russe compterait 440.000 femmes atteintes, ce qui en fait le pays le plus touché en Europe. Des chiffres probablement inférieurs à la réalité.

À l’échelle du monde, les femmes courent 1,6 fois plus de risques d’être contaminées par le VIH/sida que les hommes. Cela s’explique en partie par leur constitution biologique qui les expose plus au virus. En effet, les microlésions pouvant survenir à l’occasion d’un rapport sexuel constituent une voie d’entrée pour le virus qui peut, par ailleurs, facilement traverser la muqueuse de l’appareil génital féminin, de surface plus grande que celle du pénis. Les jeunes femmes sont plus vulnérables à cet égard car la muqueuse vaginale est encore fragile. Mais le risque d’infection s’est également accru chez les femmes plus âgées. Chez les femmes atteignant la ménopause, la lubrification naturelle pendant un rapport sexuel est souvent moins importante, ce qui provoque plus de microlésions.

Les femmes se heurtent à des oppositions fortes lorsqu’elles cherchent à se protéger du virus du sida. Demander à un homme de mettre un préservatif peut être vu comme une remise en cause de l’autorité masculine et des normes culturelles de la communauté. Les rôles attribués aux femmes en tant qu’épouses, mères, belles-filles, travailleuses domestiques et prestataires de soins, conjugués aux pressions pour qu’elles se plient aux lois du mariage et de la procréation, font que celles-ci n’ont guère le pouvoir de faire respecter leurs droits sexuels et reproductifs. Les femmes qui cherchent à se protéger du VIH s’exposent à des réactions pouvant avoir des conséquences graves, voire même tragiques. Eles courent le risque d’être maltraitées, abandonnées, jetées à la porte, calomniées et coupées de toute ressource.

Les conditions et traditions sociales, économiques, politiques, religieuses et culturelles se conjuguent à ce facteur biologique pour tisser une toile complexe autour des femmes, les rendant plus vulnérables au VIH/sida. Ce qui noue ces différents éléments est le partage inéquitable des rôles, les femmes ayant généralement un moindre accès au pouvoir et à l’autonomie que les hommes. D’où un déséquilibre entre hommes et femmes en matière de participation et de partenariat dans la plupart des sphères de la vie. D’où encore la dévalorisation de la femme en tant qu’être humain et la moindre importance accordée à son bien-être personnel, social et physique.

Face à toutes ces difficultés, le Réseau mondial des femmes pour les droits reproductifs croit qu’il est possible de lutter contre la vulnérabilité des femmes face au VIH/sida. Nous pouvons mener des actions de lobbying en faveur de politiques, lois, réglementations, programmes et pratiques accordant aux femmes l’autonomie dont elles ont besoin et sauvegardant leurs droits humains, notamment leurs droits sexuels et reproductifs. Nous voulons que ces droits soient reconnus et protégés. Nous devons agir, dès maintenant, par nous-mêmes.

Le Réseau cherche à mobiliser celles et ceux concernés par l’état de la santé des femmes dans le monde et qui veulent agir pour que la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes soient placés au cœur de la riposte contre le VIH/sida. Nous voulons également promouvoir les actions pour réduire la vulnérabilité des femmes au VIH/sida.

Au-delà de son rôle de mobilisation et de sensibilisation, cet appel à l’action est également un instrument de renforcement des capacités. Il contient des suggestions concrètes de lobbying, d'activités militantes, de campagnes et d'actions publiques pouvant être entreprises à tous les niveaux, local, national, régional et mondial. Ce texte (pdf) passe en revue les causes de la vulnérabilité des femmes au VIH/sida et les actions possibles. On y trouve également de petits guides de ressources sur les accords et dispositions internationales à consulter pour renforcer nos connaissances ou nourrir nos arguments. Tous les textes peuvent être traduits, adaptés, reproduits et distribués sans autorisation. Tout ce qu'on demande en échange est de les informer sur l’utilisation que vous faites de l’appel, où, quoi, comment et avec qui.

L’appel à l’action est une activité phare du Réseau mondial des femmes pour les droits reproductifs. Chaque année, des organisations et des personnes militantes du monde entier lancent un appel à l’occasion de la Journée internationale pour la santé des femmes, le 28 mai. L’appel à l’action fait partie de la Campagne pour l’accès des femmes à la santé, une initiative mondiale menée conjointement par le Réseau mondial des femmes pour les droits reproductifs et le Mouvement populaire de la santé.

La santé pour tous, la santé pour les femmes!

Joignez-vous à la Campagne pour l’accès des femmes à la santé : wahc@wgnrr.org.

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