Travail du sexe et éthique de la recherche
Une recherche est bénéfique quand elle permet d’apprendre quelque chose, qu'elle documente les besoins d'une communauté, qu'elle outille pour militer plus efficacement, qu'elle est "empowerante"... Mais c'est une autre histoire quand les résultats sont utilisés contre nous, que les statistiques sont prises hors contexte et que les sujets d'étude sont traités de façon inéthique. Selon Melissa Ditmore du Network of Sex Work Projects (NSWP), avant d’accepter de participer à une recherche, les groupes de travailleuses du sexe devraient toujours établir des règles.
Suite au scandale du tenofovir au Cambodge, le NSWP a élaboré une série de questions à poser aux chercheurs et chercheuses. Le NSWP conseille de clarifier les responsabilités des chercheurs, du groupe communautaire lui-même et des travailleuses et travailleurs du sexe.
Les chercheurs doivent prendre le temps d’expliquer en quoi consiste la recherche aux personnes qui y participent. Avant de signer un formulaire de consentement, on doit aussi s'assurer que les "sujets" comprennent les explications qui leur ont été données. Il doit également y avoir un échange d’informations entre les "sujets" et les chercheurs. En fait, les "sujets" doivent être impliqués dans la recherche. Les groupes de travailleuses du sexe peuvent aussi exiger d'être traités en partenaires. Les "sujets" ont la responsabilité de poser des questions. Ils doivent pouvoir refuser de participer à une recherche. Quelque chose doit également être prévu dans le cas où ils seraient affectés négativement par la recherche.
Pour plus d'informations, consultez la revue Research for Sex Work de juin 2004.
Pages reliées :
Sex slaves for science, Stephanie Nolen, The Globe and Mail, 07.01.2006
Pour une charte éthique sur les rapports entre chercheur-es et mouvements sociaux, Daniel Welzer-Lang, 20.03.2002
Nicole Nepton de Cybersolidaires


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