On veut des putains de droits!
Lorsque je suis entrée dans la conférence publique, j’ai vu ces merveilleuses Panthères roses qui nous avaient préparé une lettre d’amour. Chacun-e était invitée à apposer une patate pleine de peinture rose sur une grande affiche où il était écrit "On veut des putains de droits!". Merci aux Panthères, elles sont formidables.
J’ai invité des ami-es à la conférence publique. Le contexte de répression qui existe en France les intéresse, mais elles ont été quelque peu déçues de ne pas avoir eu l’occasion de poser leurs questions. Les présentations de Nengeh, de Claire, de Rama et de Linda étaient très chargées. Elles avaient beaucoup à dire. De plus, Rama parlait dans sa langue maternelle (le bengali) et un partenaire médecin la traduisait ensuite. Je n’avais pas réalisé qu’une telle présentation traduite par segments allait être beaucoup plus longue. C'est aussi tout un défi pour le traducteur! Je suis désolée pour mes amies-es qui n’ont pu poser leurs questions.
En fait, trois personnes sont allées au micro. Il y a eu un commentaire intéressant fait par une personne transgenre. Les deux seules questions que nous avons pu entendre portaient sur la syndicalisation et le travail des enfants. Argh! Il n’y a pas une travailleuse du sexe que je connaisse qui soit en faveur du travail des enfants, que ce soit dans la prostitution, les manufactures, le travail agricole, etc. Rama a répondu qu’il est important de bien assurer l’éducation et la protection des enfants. Elle en sait quelque chose car le DMSC a mis sur pied un établissement scolaire pour les enfants des travailleuses du sexe, que les établissements réguliers refusent.
Mes amis-es ont par contre bien aimé les performances des Debbies. Il semble que ce ne soit pas partagé par toutes et tous. J’étais assise au fond, derrière la salle, et j’ai vu des personnes se lever et quitter la salle en trombe lors de la dernière performance des Debbies réalisée en collaboration avec Empower de la Thaïlande. Bien que ces performances soient provocatrices, elles sont porteuses de messages d’une vérité pas toujours agréable à entendre.
Lorsque je suis sortie de la conférence, j’ai vu Michael, responsable de l’accueil, avec un auto-collant collé sur le front. Micheal, qu’est-ce que c’est que cela, lui dis-je? Il me répond qu’il en a trouvé un peu partout. Je m’approche pour lire ce qui y est écrit : "Forum XXX : La prostitution n'est une fête que pour le proxénète'". Il y avait aussi des flyers tout aussi anonymes montrant une autruche la tête dans le sable et portant comme inscription : "Cessons de faire l'autruche". Encore le même cauchemar que j’entend depuis deux ans : alliées du néolibéralisme et des trafiquants, complices des proxénètes, prostituées d’exception ne représentant qu'une infime minorité de prostituées, victimes de leur propre aliénation, déversoirs à hommes, briseuses de ménage, financées par le crime organisé… Que ces personnes continuent de carburer au mépris et au sensationnalisme. Pendant ce temps-là, le Forum XXX, c'est aux travailleuses du sexe qu'il profite!
Marie-Neige St-Jean de Stella


Contente de savoir que les autruches ne ciblaient pas les travailleuses du sexe. La confusion provient probablement du fait que les travailleuses du sexe sont souvent accusées d'être si aliénées qu'elles seraient incapables de voir la réalité du travail du sexe telle qu'elle est. Le slogan ne venait pas clarifier le message non plus.
Rédigé par: Nicole Nepton | le 27.02.2006 à 15:55
Je me sens un peu confuse apres la lecture...
Les autruches ne faisaient pas partie de la propagande abolitrucmuche, mais leur etaient justement destinées !
Celles et ceux qui refusaient de soutenir stella en signant la carte de leur pate se retrouvaient avec une autruche, la tete dans le sable, collée dans le dos.
Désolé que ca ait pu etre interprété autrement !
:)
lulu
Rédigé par: petite panthere | le 26.02.2006 à 17:21