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Moi et mon travail

Émilie Laliberté et Marie-Neige St-Jean"We are here, we are there, we are every where!", c’est debout en criant ces paroles que commence le premier panel du Forum XXX, qu'ouvre une belle et fière Émilie Laliberté, membre de l'équipe terrain de Stella. "Avec ma langue de feu, j’ai fait plusieurs heureux!" C’est chez Stella que j’ai appris à être fière de moi. Être reconnue par mes pairs m’a redonnée ma fierté et ma force. Oui, je suis une pute et je serai toujours fière d’en avoir été une! "Nous travaillons avec notre corps, nous sommes les amantes de la planète qui ont fait le vœu de résister et de prendre du pouvoir sur nos vies!" Nous sommes des professionnelles dans notre domaine. Chez Stella, on reconnaît la valeur des expertises diverses que nous avons acquises dans le travail du sexe. Nous sommes les mieux placées pour nous comprendre les un-es les autres et pour nous entraider.

"Avant de connaître Stella, j’étais rongée par la honte. Pendant 10 ans, j’ai caché à mes proches que je faisais du travail du sexe. Samedi, mon père vient fêter avec moi le 10e anniversaire de Stella!", est fière de nous annoncer Marie-Neige St-Jean, coordonnatrice de l'équipe terrain de Stella. Elle explique que le travail du sexe est pluriel. Une panoplie d'outils stelliens développés par et pour les travailleuses du sexe les aident à mettre leurs limites, à travailler en santé, en sécurité et dans la dignité. Ils donnent plein de trucs pratiques et d’informations utiles dans une optique d’empowerment. Un guide a aussi été réalisé pour encourager les clients à les respecter.

Liad Kantorowicz explique qu'en Israël, la plupart des travailleuses du sexe sont des prostituées. Là-bas, la prostitution est illégale, tandis qu'Israël est devenue une destination pour le trafic des femmes. L’occupation de la Palestine fait en sorte qu’on ne prête pas attention aux conditions de vie des gens. Jusqu'en 2002, l’abolitionnisme féministe était le seul discours admis. Mais depuis 2 ans et demi, Liad a fait un "coming out" public, ce qui a permis de faire entendre un point de vue complètement différent.

"Nous sommes les personnes les plus stigmatisées de cette société violente", dit-elle. La collectivité nous met en danger. Beaucoup de travailleuses du sexe sont des immigrantes illégales et n'ont pas même le droit de se défendre. La politique du pays concernant le travail du sexe a toujours été définie par les abolitionnistes, sans consulter les travailleuses du sexe.

À Tel Aviv en 2004, elle a réalisé un projet-pilote pour les travailleuses du sexe migrantes. C’était le premier projet de ce genre dirigé par et pour les travailleuses du sexe. Il a fallu créer des liens de confiance dans des lieux souterrains. Un autre projet l'a amenée à travailler avec des militant-es israélien-nes de la classe moyenne, mais bourrés de préjugés. Contrairement à ce qu'ils croient, les travailleuses du sexe peuvent être des personnes éduquées. Entre autres, elles savent se protéger du VIH-sida.

C'est en mai 2002 qu'elle décidait de donner des entrevues publiques. En Israël, c’était la première fois qu’une travailleuse du sexe le faisait en tant que travailleuse du sexe. Depuis, elle écrit aussi elle-même une colonne dans les journaux. Elle fait aussi des tournées et des conférences publiques. La population s’intéresse à la question, mais parce que c’est scandaleux. Malgré tout, les perceptions qu'elle a du travail du sexe sont en train de changer, tandis que passe le message qu'il n'est pas ok de les rejeter. "Nous venons de cette société, nous en faisons partie."

Il y a encore beaucoup de travail à faire avant d'obtenir que le travail du sexe soit reconnu, ce qui leur permettrait d'avoir la possibilité de faire respecter leurs droits. "Aujourd'hui, je suis invitée à faire partie de comités. Je suis traitée comme une experte. Il faut arrêter d’avoir honte, repenser différemment notre travail et travailler à visage découvert."

Bientôt, une association sera mise sur pied en Israël. Liad travaille aussi actuellement à réaliser le premier film porno féministe israëlien. Elle annonce qu'elle publiera un article sur le Forum XXX dans le plus grand journal du pays.

Depuis 7 ans, Ping Pong - c'est son vrai nom - est responsable du programme de santé d’Empower en Thaïlande. Nous nous sommes toutes éloignées de nos familles pour travailler et nous avons toutes souffert de discrimination. Empower nous rend plus fortes, dit elle. Plusieurs pensent que les travailleuses du sexe sont ignorantes. Nous aimons apprendre, mais nous aimons aussi le travail que nous faisons.

Tous les jours, la collectivité d’Empower change. Hier, nous étions 58 personnes, dont 38 mères. 24 parlaient le thaï et 17, d’autres langues. Nous étions aussi de plusieurs religions. Beaucoup de travailleuses du sexe sont des immigrantes illégales qui n’ont pas été trafiquées pour autant. Nous ne faisons pas de discrimination entre nous. Nous ne sommes pas un bureau. C’est un centre, notre centre. On vient y faire ce qui nous plait. C’est un privilège d’y travailler.

On m’appelle Pi, ce sont mes pairs qui m’ont assigné ce titre et celui-ci signifie que je suis respectée et reconnue en tant que leader. Nous respectons l’expérience de toutes. L’expérience de chacune nous aide. Mais l’expérience de l’individue ne prime pas sur celle du groupe. La société nous catégorise déjà. Empower ne veut pas créer de nouvelles distinctions ni divisions. "Nous voulons plutôt nous unir et partager notre pouvoir."

Nicole Nepton de Cybersolidaires

Commentaires

Le plus vieux métier du monde, à quand cette reconnaissance?

Histoire de vous donnez des munitions!

Quand on considèrent que les forces armées canadiennes et toutes autres armées du monde sont autorisées par l'état à tuer? Bien sûre qu'il y a tout le côté humanitaire... l'armées qui se déploient lors d'incident majeur (crise du verglas, inondation, etc).

On recrutent, on entrainnent et on payent le gros prix pour former des hommes et des femmes à faire la guerre. On est en train de me dire qu'on accepte socialement plus qu'un homme en tue un autre? Mais de donner de l'amour à un autre ça c'est illégale?

Oh! Pardonnez-moi de se faire payer pour donner de l'amour ça c'est illégale!

Militaire + faire la guerre = légale

Prostitué + faire l'amour = illégale

On s'entend bien pour dire que les deux (souris) ne le ferait pas «nécessairement» si ce n'était pas de l'argent (fromage) qui vennait ou bout de la ligne (trappe)...

Permettez-moi de penser qu'aucun militaire digne de se nom ne fera jamais appel à vos service!

Un adage de circonstance: «Faites l'amour, pas la guerre».

Méchante reconnaissance! Il me semble que vous seriez dû pour plus de respect! 2006 qui s'en vient?... Ah oui, ah bon...

J'ose encore croire qui peut y avoir un côté noble à cette profession. Si on parlait plutôt de donner de l'affection et de l'amour à un homme? Ou est-ce simplement d'encourager la décadence et du sexe débridé? De l'amour sale selon l'église.

On pourrait aussi redéfinir ce qu'est de la prostitution. Tant qu'à moi, travailler pour un produit ou pour une cause qu'on ne crois pas et de se faire payer pour... C'est une autre forme de prostitution. Histoire de vendre son âme, le monde de la publicité et du marketing en est un bon exemple.

Bon courage!

France Mercier
St-François, Laval

P.S.: Je me demande si les «gosses» vides ils ont autant envie de faire la guerre? Par contre si on remplace «gosses» par bourses... c'est sûre qu'ils repartent en guerre...

JE ne sais pas pourquoi il y a tant de repression a votre egard? vous ne faites rien de mauvais en soi. Les autorités devraient amenager des endroits specifiques dans lequels vous pourriez travailler en securité et dont les voisins ne seraient pas ofusqués. De toute façon personne les force a y aller. Il est temps que les mentalités evoluent. J"espère qu'il y aura un changement lors de l'eelccion du Maire Bourque.

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