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Des services d'accompagnement pour les personnes ayant des problèmes de santé mentale

Paul Morin et Katia Isabelle du Collectif de défense des droits de la MontérégieD'après le comité femmes et santé mentale du Collectif de défense des droits de la Montérégie, "les statistiques démontrent clairement que ce sont majoritairement les femmes qui consultent en psychiatrie. Le nombre d’hospitalisations reliées à leur diagnostic en santé mentale est plus grand, elles consomment plus de médicaments et elles reçoivent des électrochocs plus souvent que les hommes." Même si 20% de la population rencontre des problèmes de santé mentale au cours de sa vie, le sujet demeure tabou. Selon Paul Morin, coordonnateur de l'organisme, les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale sont encore stigmatisées voire perçues comme dangereuses. Le Collectif les soutient dans leurs démarches ayant trait à l'aide sociale, au logement, à la Curatelle publique, à la protection de la jeunesse, aux services de santé et aux services sociaux. Il les accompagne également dans leurs démarches juridiques.

Alors que le lien de confiance entre un-e avocat-e et un-e client-e est fondamental, Katia Isabelle du Collectif déplore le fait que des préjugés peuvent l'empêcher de s'établir, ce qui favorise de fréquents changements d'avocat-es. De plus, les émotions exprimées par les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale peuvent être exacerbées, leurs discours, incohérents, tandis que celui des avocat-es n'est pas nécessairement facile à comprendre. Les mandats confiés aux avocat-es peuvent aussi être flous ou changeants, sur-médication aidant. Il y a pourtant une solution simple : des services d'accompagnement facilitent beaucoup les choses, tant pour les avocat-es que pour les client-es. Cependant, il n'est pas toujours possible d'accompagner quelqu'un-e jusqu'en Cour, en particulier en matière de protection de la jeunesse ou quand le conjoint de la requérante le refuse.

Par ailleurs, il est difficile de trouver des avocat-es du privé disposés à accepter des mandats d'aide juridique en matière matrimoniale quand l'autre partie a déjà un avocat permanent du Centre communautaire juridique de la région. La maigre rémunération accordée aux avocat-es par le ministère de la Justice en rebute plus d'un-e : 400$ pour la négociation d'une entente ou 700$ quand la cause est entendue en Cour, 450$ pour la contestation de la garde d'enfants. En désespoir de cause, certain-es en arrivent à accepter de remettre 1.000$ au noir à leur avocat-e, une pratique passible de radiation du Barreau. Un participant conseille plutôt de demander au Centre juridique de contacter le Centre d'une région voisine afin d'obtenir un-e avocat-e de l'aide juridique. À noter également que les Centres juridiques offrent un formulaire simple qu'il suffit de remplir pour porter plainte quand un-e avocat-e se comporte de façon contraire à la déontologie.

Texte : Nicole Nepton. Photo : Erin J. Linington