par Brigitte Verdière

Je suis en Belgique depuis quelques semaines pour raisons familiales. Ce sont les seules raisons qui me ramènent dans ce pays où j’ai passé 24 ans de ma vie. Je suis de ce pays et j’en suis partie, il y a longtemps. Pendant longtemps, j’ai trouvé que ni Bruxelles ni la Belgique ne bougeaient. Je pouvais aller les yeux fermés dans cette ville et les mêmes lieux étaient là, j’y retrouvais la même atmosphère. J’avais même l’impression de voir les mêmes personnes. Mais je dois reconnaître qu’en quelques années, le pays a fait des pas de géant. Il s’est même placé en tête de beaucoup de pays européens pour son libéralisme.
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par Brigitte Verdière
Le 11 mai 2006, à Anvers, un Belge de 18 ans tirait sur une femme turque de 46 ans (qui a survécu à ses blessures) et sur une Malienne de 24 ans, qui a été tuée, de même que la fillette belge de 2 ans dont elle avait la garde. Ces crimes ont eu lieu en plein jour, dans une rue du centre, entre la cathédrale et le quartier du port. Le fait est d’autant plus inquiétant qu’il n’est pas un acte innocent, un coup de folie, comme on a souvent tendance à présenter de tels actes. Le meurtrier était un skinhead et il était le neveu d’une élue du Vlaams Belang (VB : Intérêt Flamand), un parti d’extrême droite. "Elles ont été "tirées" comme des cibles. Le racisme, le fascisme, le sexisme ont encore frappé", m’écrivait une amie au moment des événements.
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par Brigitte Verdière

À l’issue de l’école de journalisme, le premier poste stable que j’ai obtenu était dans un mensuel féministe belge. Voyelles avait été créé par trois femmes qui, à des niveaux divers, s’étaient engagées dans le mouvement des femmes en Belgique. Jeanne Vercheval avait, dans son charbonnage natal, fait partie du groupe des Marie Mineur, les féministes en milieu ouvrier (d’elle, je tiens le Petit livre rouge des femmes). Suzanne Van Rockegem était une journaliste chevronnée. Pour sa part, Marie Denis, plus âgée que les autres, avait co-organisé la première journée des femmes de Belgique en 1972 au Passage 44 (elle avait convaincu Simone de Beauvoir d'y venir). Elle avait participé à la création de la Maison des femmes, sujet qu’elle évoqua dans son livre Dis Marie, c’était comment rue du Méridien 79? (éd. Voyelles 1980). Marie Denis faisait aussi partie du comité de rédaction des Cahiers du Grif (Groupe de Recherches d’Informations Féministes). Avec Suzanne, elles ont écrit une histoire sur le féminisme en 1993, Le féminisme est dans la rue 1970-1975 (éd. De Boeck Université). Quand je suis arrivée cet été à Bruxelles, cela a été pour apprendre la mort de Marie. Tout le mouvement des femmes lui a rendu hommage.
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par Brigitte Verdière
On n’échappe pas au Congo belge quand on est en Belgique, même quand on n’est pas, comme je le suis, née dans l’ancienne colonie. Le Congo est là. Dans la présence d’une large communauté issue d’Afrique centrale; dans des boutiques et musées spécialisées; dans la culture. Ainsi, en cet été 2006, l’on peut assister à la projection de Congo River de Thierry Michel, à l'Actors' Studio, un cinéma de répertoire de Bruxelles.
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par Brigitte Verdière
De passage à Buenos Aires, à mon retour du Brésil vers le Pérou, je me suis précipitée dans les librairies. Avec le tango et les cafés, c’est le meilleur de cette ville. Je me suis précipitée surtout au rayon des livres d’art car je voulais m’acheter un livre sur Antonio Berni.
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par Brigitte Verdière
La terre. Le bois. Le sang. Comme il y a cent ans, comme il y en a cinquante, vingt. Comme aujourd’hui. Le samedi 12 février 2005, dans la province de Pará, au nord du Brésil, la missionnaire Dorothy Stang (née étatsunienne, naturalisée brésilienne) a été assassinée de six coups de pistolet par un tueur à gages. Dorothy Stang se savait menacée : elle avait averti la police, qui n’a rien fait. Comme 161 autres personnes, pour des conflits portant sur la terre. Les membres de la Commission Pastorale de la Terre (CPT) sont particulièrement visés. Ils défendent le droit des sans-terre de posséder le lopin de terre qu’ils cultivent. Ils prônent aussi une manière de cultiver respectueuse de la terre et de l’écologie et ils sont contre les coupes à blanc dans l’Amazonie.
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par Brigitte Verdière
Quand il parle du Brésil, mon guide (inévitable et indispensable Lonely Planet) évoque l’amour du foot, de la musique et le culte du corps. Il dit aussi qu’une des erreurs principales du président Janio Quadras (1961) est d’avoir voulu interdire le port du costume de bain aux concours de beauté et le bikini sur les plages. Dans un pays où le maillot une pièce est une incongruité et la culotte petit bateau, objet de ridicule, on se demande d’où le monsieur a tiré son idée.
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par Brigitte Verdière
Mes cousins argentins m’ont invitée à leur villa de Punta del Este, en Uruguay. Comme c’était sur la route de Porto Alegre et que cela faisait très longtemps que je voulais connaître cet endroit, j’ai accepté avec enthousiame. "C’est un paradis", m’avait écrit Ricardo dans son invitation. Et tout le monde, de Lima à Porto Alegre, me l’avait confirmé. Vous ne serez pas étonné-es si j’abonde dans ce sens. Même si mon idée de paradis ne correspond pas à cela (personnellement, je le situe plutôt aux îles de Solentiname, dans le lac Nicaragua), je reconnais que Punta del Este est un bel endroit.
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par Brigitte Verdière
Avant de quitter le Pérou pour quelques semaines, je souhaite revenir sur un événement qui a eu lieu au début de 2005, celui de la prise du commissariat de Andahuaylas par un groupe de rebelles demandant la démission du président Toledo.
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par Brigitte Verdière
Les chiffres laissent rêveuse : au Pérou, il y aurait environ 2.000 variétés de pommes de terre et un nombre tout aussi incalculable de variétés de maïs. Les deux produits sont, bien sûr, originaires d’ici. Et c’est vrai que, si on se promène dans les marchés, on verra des pommes de terre blanches, rouges, jaunes et certaines presques bleues, et du maïs de toutes les grosseurs et de toutes les couleurs dont le fameux maïs violet qui sert à faire la boisson refraîchissante et non alcoolisée que l’on nomme la chicha morada. "Au printemps, les collines se couvrent de fleurs roses, jaunes, blanches, bleues. Ce sont les champs de patates qui sont en fleurs", explique Francesca. Hier soir, elle m’a préparé une soupe de chuño : ce sont des pommes de terres que l’on vend dures et blanches. Elles sont déshydratées et se mangent après avoir réabsorbé toute l’eau qu’on leur a exudée.
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