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Belgique : Le dossier noir du racisme

par Brigitte Verdière

Le 11 mai 2006, à Anvers, un Belge de 18 ans tirait sur une femme turque de 46 ans (qui a survécu à ses blessures) et sur une Malienne de 24 ans, qui a été tuée, de même que la fillette belge de 2 ans dont elle avait la garde. Ces crimes ont eu lieu en plein jour, dans une rue du centre, entre la cathédrale et le quartier du port. Le fait est d’autant plus inquiétant qu’il n’est pas un acte innocent, un coup de folie, comme on a souvent tendance à présenter de tels actes. Le meurtrier était un skinhead et il était le neveu d’une élue du Vlaams Belang (VB : Intérêt Flamand), un parti d’extrême droite. "Elles ont été "tirées" comme des cibles. Le racisme, le fascisme, le sexisme ont encore frappé", m’écrivait une amie au moment des événements.

Ces dernières années, les crimes racistes ont nettement augmenté, note Vitraulle Mboungou dans un article publié dans afrik.com. Il rappelle ainsi une série bien peu reluisante d’actes violents commis contre des étrangers. Ces actes, note-il, ont un fondement politique.


Racisme et extrême droite, un lien évident
Le lien entre racisme et extrême droite est en effet très clair en Belgique. Dans son texte, Vitraulle Mboungou cite Didier de Laveleye, alors directeur du Mouvement contre le racisme et l’antisémitisme et la xénophobie en Belgique (MRAX), qui a ce propos inquiétant : "Aujourd’hui, être nationaliste et raciste en Flandres, ça fait presque chic, moderne, en particulier pour les jeunes cadres flamands". Historiquement, l’extrême droite a toujours été plus présente et plus active en Flandres qu’en Wallonie (partie francophone du pays) ou parmi les francophones de Bruxelles, traditionnellement plus à gauche sur l’échiquier politique.

Mais les idées d’extrême droite gagnent du terrain auprès des francophones. Ainsi le système proportionnel a permis, en mai 2003, la réélection au niveau fédéral d’un parlementaire du Front National (FN), un parti nationaliste francophone, (pour 1,98% de voix) et de 18 élus du VB, avec 11,68% des voix sur un total de 150 député-s. La vague ne s’est pas démentie aux élections régionales de 2004, les partis extrémistes atteignant des scores de plus de 10% dans certains cantons.

Il y a toutefois des différences notables dans la vision politique de la Belgique qu’ont ces deux partis. Le FN agit au sein de l’unité belge et est un mouvement politique peu structuré, qui recueille des votes de désespérance, alors que le VB, bien organisé, revendique l’autonomie de la Flandres via une séparation du reste de la Belgique. Leurs élu-es sont actifs dans les associations communautaires et ils entretiennent des liens souvent troubles avec d’autres partis politiques et avec les médias, alors que le FN est isolé en Wallonie.

L’écho de ces idées pourra encore être testé cette année puisqu’en octobre 2006, il y aura de nouvelles élections, municipales cette fois. Les sondages sont inquiétants. En mars 2006, le quotidien La Libre Belgique indiquait qu’en Wallonie (partie francophone du pays), pour la cinquième fois consécutive, le FN progressait dans les intentions de vote analysées par les sondages, passant ainsi de 6,7% en décembre 2004 à 9,4% en mars 2006.


Racisme quotidien
Le racisme n’est pas toujours extrême, heureusement! Mais il mine la vie quotidienne : refus de louer un appartement à des étrangers; de les embaucher; violences policières; droit d’entrée refusé dans des bars ou discothèques… la liste est hélas trop longue!

Épinglé en 2000 au niveau européen par la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI), le gouvernement a dès lors eu à cœur de renforcer le dispositif des lois anti-discriminatoires et au sein de celles-ci, les délits racistes.

En 2003, des lois ont été adoptées qui aggravent la répression des délits racistes, la peine devant être plus longue que pour tout autre type de discrimination. Le fait de pousser quelqu’un à pratiquer une discrimination à l’encontre d’une personne, d’un groupe, d’une communauté ou de leurs membres est considéré comme un délit.

Ces lois sont toutefois peu appliquées. "Au cours des années 2000 à 2003, 3.199 plaintes ont été déposées pour des faits de racisme et discrimination; 2.224 ont été classées sans suite et 82 seulement ont abouti à un jugement", indique le MRAX dans un texte publié en 2005.


L’extrême droite est sexiste
L’extrême droite n’est pas seulement raciste. Elle est contre toutes les formes d’égalité. Dans une brochure d’information de 35 pages, les Femmes prévoyantes socialistes avertissent clairement que l’extrême droite représente pour les femmes une réelle menace, une atteinte à leurs droits les plus fondamentaux, son projet de société étant inégalitaire et sexiste.


Affiche des Femmes prévoyantes socialistes

Le fondement idéologique? Des thèses naturalistes et nationalistes, expliquent les Femmes prévoyantes socialistes : "Les rapports de sexe sont explicitement considérés comme une donnée naturelle constituant la base de l’édifice social. Selon cet ordre naturel-social, hommes et femmes ont des positions bien définies dans la société, des fonctions différenciées et hiérarchisées. Etre épouse et mère, éduquer et procréer, tel est le rôle naturel des femmes. La famille constituant la cellule de base de la société, les femmes ont pour tâche la transmission de la vie et de l’identité nationale."

Il s’agit de la "famille européenne" chargée de "sauvegarder la race". Dès lors, ces partis proposent l’instauration d’un salaire maternel aux mères européennes et rejettent tout autre modèle de famille, particulièrement avec des conjoint-es et des parents de même sexe. Concubinage, divorce sont nocifs. La maternité étant sacralisée et vue comme une façon de lutter contre la dénatalité compensée notamment par l’immigration, ils sont pour une repénalisation de l’avortement (pour les femmes européennes bien entendu!). Le VB suggère même d’abaisser l’âge de scolarisation obligatoire des filles car cela retarde la composition de la famille tandis que l’homme doit être le pourvoyeur du foyer!

Les Femmes prévoyantes socialistes sont membres du Conseil des femmes francophones de Belgique qui regroupe une cinquantaine d’organisations de femmes francophones. Ce conseil se mobilise contre l’extrême droite et plusieurs associations travaillent spécifiquement sur l'intégration des femmes migrantes dans la société belge. Pour sa part, à l’occasion des élections de 2006, le Centre démocrate humaniste publie une plate-forme de revendications pour aider les candidates aux élections d’octobre incluant des priorités "Femmes".

D’autres mouvements anti-fascistes se mobilisent également. À Bruxelles, la plate-forme Extrême droite non merci! Pour que vive Bruxelles agit pour "démasquer la face cachée de l'extrême droite". Composée de quelque 300 organisations francophones et néerlandophones de la capitale, elle a été créée en 1998. Malgré quelques difficultés internes actuelles, le MRAX reste un mouvement important, fort de 40 ans d’existence, dont la vigilance ne s’est jamais relâchée. Chaque année, la Semaine d’actions organise des conférences et des actions. Le mouvement Résistances a pour sa part publié un Guide des résistances à l’extrême droite dont voici un extrait. De nombreuses autres associations existent au niveau national, régional, européen.

Enfin, une coalition d’artistes organisera le 1er octobre 2006 des concerts gratuits simultanés dans les grandes villes de Belgique, baptisés "Initiative 0110". Des chanteuses et chanteurs comme Adamo, Arno, Axelle Red, Mousta Largo, Helmut Lotti, Plastic Bertrand, Stella, Will Tura et bien entendu, dEUS, participeront aux différents concerts.

> Pas de quartier pour l'extrême droite, Femmes prévoyantes socialistes Associations et mouvement

> Dans ChengeTheWorld, le site du mouvement des jeunes du Parti du travail de Belgique : Le fascisme? Plus jamais! - Guide d'action contre l'extrême droite - dont la 3e partie est en ligne - Quizz à propos de l'extrême droite

> D'origine... psymmigrée

Commentaires

je suis etrangere, et je suis noire, je suis enceinte de 7 mois et demi; presque tout les fois q je suis allee à l'hopital saint-pierre, la meme dame (du service d'accueil de l'echo) me laisse plantee et elle reste au telephone... bref, elle fait ça que s'il y a des femmes noires en train da patienter; la derniere fois q j'etais, j'ai pris le ticket, j'attendais mon tour, mais apres moi, il est arriver une femme blanche ( qui n'a pas pris le ticket et q n'etait pas enceinte) et la dame de l'accueil, l'a recue avant moi... je suis allee lui dire.. mais elle m'a dit q je devais attendre... et elles sont restees en train d rigoler de moi.. je voudrais bien savoir ou je dois aller pour protester, reclamer, parce que c'etait pas la premiere fois.... j'etais humiliee et gene,vu qu'elles ont rigoler d moi..elles me regardaient et rigolaient..

il faut dire que depuis l'incription de ma fille à cette ecole, un notable flamand est devenu le père officiel de l'enfant et que les administration de la région lui obeisse aveuglement suivant une logique de preference raciale systematique et appliquee.

.:ici,on est pas en france.Seul le vicaire episcopale de Gand à condamné ces agissements, en postant un courrier au president de cette ecole catholique, en emmettant des extraits des droits de l'enfant.

je suis français et depuis 2001 ma fille scolarisee en flandre n'a pas eue le droit de porter son nom de famille car un nom de francais est intolerable pour les autorités scolaires.je me suis plaind de cette situation et un procureur flamand m'a répondu.:<>..

Arrêtez de tirer à boulets rouges sur la Flandre uniquement. Le fait est que le racisme est fortement toléré et les manifestations excessives d'extrémistes ne font uniquement qu'illustrer ce fait.

Lorsque vous voulez vous défendre contre une agression raciste de certains cadres "belges", vous mesurerez alors le laxisme patent face au racisme. Administration, employés d'entreprises...une forme d'omerta s'établit en vue de camoufler les agissements puérils des dits cadres.

S'il faille recourir à des cabinets spécialisés en vue de trouver dans le passé ou le futur des faits et gestes qui pour aider à camoufler les débats sur les agissements racistes de nationaux belges, tout est en tout cas mis en œuvre. C'est à se demander ce qui ne va pas dans la capital de l'Europe.

"Noir, français à un poste de responsabilité en Belgique..." voici le genre de réfections auxquelles j'ai du faire face.

Depuis lors, je ne compte plus le nombre de cabinets de recrutement avec des annonces bidons ou des entretiens de complaisances chez des amis des ces cadres destinés à susciter la polémique et en définitive à camoufler le racisme primaire de ces derniers.

Le racisme reste avant tout un système et cela m'inspire la citation de Mandela:

« Le racisme doit être consciemment éliminé et non discrètement toléré. »
Nelson Mandela

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