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Le coup de gueule de l’immigrante

par Martine Paulet

Il était une fois une immigrante qui venait de poser ses valises au Québec. Elle découvrait son nouveau pays avec les yeux de l’espérance d’un monde plus solidaire et respecteux des droits des femmes forcément possible ici. Et puis, cerise sur le gâteau, l’idée que les façons de faire de la politique y sont plus accessibles à la commune des mortelles. Encore une avancée potentielle pour les droits des femmes?

Ça c’était avant de commencer à comprendre les élections au Québec, ou plutôt de ne plus rien comprendre. Elections fédérales, élections provinciales, élections municipales… Des circonscriptions qui ne sont jamais les mêmes, un bureau de vote identique, des dates qui changent selon le bon vouloir des gouvernements, en début ou en fin de semaine, et des partis politiques à l’envie ou au dégoût d’ailleurs. Un vrai labyrinthe d’illogisme quoi. Ah oui, à chaque fois, une multitude de pancartes sans message clair bien évidemment. Et bravo pour l’environnement. Quant aux droits des femmes… aucun programme ne les indique dans ses priorités. Ce n’est pas du tout là que ça se passe. Pour preuve, s’il en fallait, un débat de chefs de partis municipaux organisé par le Conseil des Montréalaises où ces messieurs, et oui juste des hommes, sont restés bouche cousue sur la participation des femmes à la politique de la ville. Ils ont surtout su patauger dans la semoule. Belle avancée.

Tout ce méli-mélo de partis politiques aux noms divers et variés peut, en plus, changer d’une élection à l’autre. Du coup, on a le droit de s’inscrire à tous les partis comme membre à part entière. À moins d’avoir une éthique personnelle peut-être.

Bref, impossible de savoir qui fait réellement quoi, à part d’avoir un poste d’élu au chaud. Ceci dit, je n’ai pas encore le droit de vote. Le temps de baisser les bras dans ce dédale politique? Ou bien le temps d’y trouver mon chemin et de réclamer haut et fort une réforme du mode de scrutin au Québec. Ça au moins, je peux le faire.