La campagne Réapproprie-toi la technologie! - qui refuse d'accepter l'omniprésence de la violence à l'égard des femmes, en particulier sur l’Internet, prenait le Québec par surprise au cours des deux dernières semaines. C’est avec un site Web dynamique (www.techsansviolence.net) et la participation de plusieurs organismes biens connus du milieu des technologies émergentes et de la lutte à la violence faite aux femmes qu'elle s’ancrait solidement au Québec. Initiée en 2006 par le Programme d’appui aux réseaux de femmes de l'Association pour le progrès des communications (PARF d’APC), elle fait partie de l'initiative des 16 jours d'action contre la violence basée sur le genre.
Un reportage des Verts Paris sur la manifestation des travailleurs et travailleuses du sexe du 5 novembre 2007 à Paris.
Nous, prostituéEs, associations communautaires de lutte contre le sida, de santé publique, de défense des droits des étrangers et de travail social, dénonçons pour la 5e année consécutive les effets néfastes des mesures relatives à la prostitution, en particulier l'incrimination du racolage par la loi pour la Sécurité Intérieure. Dès 2002, nous avions pressenti les conséquences catastrophiques de ces dispositions. Aujourd'hui en 2007, une fois encore, nous faisons le constat désastreux de cette loi. Loin de lutter contre le proxénétisme et la traite qui seraient le fait de "réseaux mafieux", cette loi ne fait que :
Par Pye Jakobson. Un texte traduit par lesputes.org
"Pendant qu’on se félicite de la criminalisation de l’achat de services sexuels, le Comité (pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes) exprime son souci que cela ait pu augmenter l’incidence de la prostitution clandestine, ce qui rendrait les prostituées plus vulnérables. Il exprime également le souci que la Suède soit devenu un pays de destination de femmes trafiquées. Le comité encourage le gouvernement suédois à évaluer les effets de l’actuelle politique de criminalisation de l’achat de services sexuels, en particulier en vue de combler le manque de données sur la prostitution clandestine qui pourrait avoir des effets fortuits sur le trafic des femmes et des filles."
Est-il nocif d’avoir du sexe avec des étrangers? Est-il nocif d’en faire un moyen de gagner de l’argent? Non, vendre son temps, sa compagnie ou des services sexuels n’est pas nocif en soi. Mais il est préjudiciable pour les travailleuses et travailleurs du sexe d’êtres soumis à des moyens d’oppression tels que la discrimination ou la stigmatisation sociale. La loi suédoise sur la prostitution contribue à une telle oppression. Les travailleuses et travailleurs du sexe sont discriminés, et ainsi les préjudices et stéréotypes sont préservés. Même si la loi est supposée avoir pour but de les protéger, il est évident que son but principal est plutôt de protéger la société de ce qui est perçu comme une maladie sociale.
L'International Union of Sex Workers, l'International Committee on the Rights of Sex Workers in Europe, NextGENDERation, le Network of Sex Work Projects, la Sexual Freedom Coalition, London No Borders, ENS (l'éducation n'est pas à vendre), TLC (mise en réseau des hommes et femmes handicapés avec des travailleurs du sexe responsables) et x:talk (cours d'anglais pour les travailleurs étrangers de l'industrie du sexe) protestent contre l'exposition Prostitution: What is going on? de la Women's Library de Londres. Leur mobilisation vient de leur implication dans les luttes autour du genre, du travail et des migrations au sein du travail sexuel et de l'urgente nécessité de créer des alliances entre travailleuses et travailleurs, quels que soient leur nationalité, classe sociale et le secteur dans lequel ils oeuvent, afin de changer l'industrie du sexe.
"La députée néo-démocrate (Libby Davies) a aussi expliqué que des mesures d'urgence devaient être mises en place dans les quartiers chauds de Vancouver. Si cela était arrivé à d'autres groupes de femmes, cela serait devenu une urgence nationale, mais les politiciens ne font pas attention à ce genre de choses. La plupart des femmes disparues étaient en effet des travailleuses du sexe. D'autres étaient toxicomanes." (Source: REEL-Radio). Alors que pendant plusieurs années, la disparition de dizaines de travailleuses du sexe du quartier chaud de Vancouver n'a pas retenu l'attention de la police et des politicien-nes en dépit des pressions exercées par des familles de victimes, le procès Pickton, lui, attire 3.000 médias de l'extérieur du Canada, selon Influence Communication. Notre façon de traiter les travailleuses du sexe de rue, elle, n'est guère questionnée pendant ce temps-là.
Une manifestation de travailleuses et travailleurs du sexe et de leurs allié-es avait lieu le 17 décembre 2006 à Montréal. 200 personnes ont marché dans le centre-ville pour marquer la 4e Journée internationale pour mettre fin à la violence envers les travailleuses et travailleurs du sexe. La violence verbale et physique dont ces personnes sont l'objet doit cesser. Ce sont surtout les policiers et les gouvernements, avec leurs lois répressives et hypocrites, qui étaient dénoncés. Que la société en général ne fasse rien pour les appuyer - de peur de "banaliser" la prostitution - était aussi déploré. Pour en savoir plus.
Le 25 novembre 2006, à l’occasion de la Journée mondiale contre les violences faites aux femmes, nous entendons faire valoir nos droits au respect, à la dignité et au libre exercice de notre métier. On entend régulièrement parler de prostitution mais beaucoup plus rarement les prostitué-es. Parmi les différents discours, celui qu’on entend le plus est celui des adversaires de la prostitution qui prétendent connaître les réalités du métier mieux que les intéressé-es. La victimisation et la culpabilisation sont leurs outils de propagande privilégiés : selon eux, toute prostituée serait une victime et tout homme qui vient la voir serait responsable de ses souffrances! Incapables d’entendre d’autres points de vue que le leur, ils estiment que leur conception de la sexualité est la seule valide et veulent l’imposer. Le seul résultat de cette stratégie est l’aggravation de la stigmatisation de touTEs celles et ceux qui ont choisi de vendre des services sexuels.
Michel Dorais, en collaboration avec Patrice Corriveau, livre dans cet ouvrage les résultats d’une étude sur la prostitution juvénile et les gangs de rue au Québec, menée auprès de jeunes filles prostituées par des gangs, et auprès des intervenants sociaux ou policiers qui les côtoient. Le livre pourrait aussi bien s’intituler "Ce que devraient savoir toutes les jeunes filles, leurs parents, leurs amis et leurs éducateurs".
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