Les technologies d'information et de communication (TIC) peuvent représenter un danger pour les femmes, mais elles peuvent aussi être des outils efficaces de lutte contre la violence. C’est dans cette optique que se déroule, du 25 novembre au 10 décembre, la troisième édition de Tech sans violence, une campagne d'actions numériques visant à s'approprier les technologies de l'information et des communications (TIC) afin de prévenir et de mettre un terme à la violence envers les femmes.
Une photo de Marie-Neige Saint-Jean prise lors de la marche des parapluies rouges qui avait lieu à Montréal le 17 décembre.
Le 17 décembre, c'est la Journée internationale pour mettre fin à la violence envers les travailleuses et travailleurs du sexe. C'est une occasion de faire savoir que la violence et le mépris envers elles ne sont plus tolérés. Prenez le temps de vous informer sur la question du travail du sexe du point de vue des femmes directement concernées, plutôt que de celui des féministes abolitionnistes qui tiennent mordicus à démontrer que leurs analyses ne tiendraient aucun compte des opinions des prostituées qui souhaitent sortir de ce milieu, ce qui est faux. Contrairement à nos abolos du terroir, le mouvement de défense des droits humains des travailleuses du sexe tient compte de TOUTES les expériences des travailleuses du sexe, les pires comme les meilleures. Ces groupes travaillent directement sur le terrain depuis souvent plus de 10 ans. Affirmer qu'ils sont incapables de voir la réalité telle qu'elle est très méprisant. Il n'y a pas de solidarité là-dedans, mais du mépris et un manque d'humilité si.
Le 15 décembre 2008, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a refusé d'entendre la cause portée par un groupe de travailleuses du sexe issues du Downtown Eastside de Vancouver (Sex Workers United Against Violence) qui visait à contester les lois existantes sur la prostitution en utilisant la Charte canadienne des droits de la personne.
Lainie Basman, membre de la Coalition pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe à Montréal, affirme que «cette décision est très décevante. La Cour suprême avait ici l'opportunité d'entendre une requête critique amenée par des travailleuses du sexe dont les dispositions du Code criminel canadien violent leur droit fondamental à l'égalité et contribuent à les mettre en danger sur le plan de la sécurité. Il est déplorable que la Cour ait plutôt choisi de fermer ses portes à l'un des groupes les plus opprimés et marginalisés de notre pays».
Réalisation : Marie-Geneviève Chabot. Production : Parole citoyenne.
Dans le cadre de la campagne "tech sans violence", des intervenant-es se rassemblaient pour discuter des liens entre la violence faite aux femmes et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Issue de cette soirée, cette vidéo parle entre autres de jeux vidéos, de l'exploitation des TIC par le mouvement de défense des droits des travailleuses du sexe, des radios dans une valise de femTALK et d'histoires numériques. Écoutez aussi le slam que Marie-Paule Grimaldi a créé pour cet événement et consultez les trucs et conseils pour vous aider à utiliser l'internet de façon sécuritaire présentés par Marie-Ève Deguire de Communautique.
La version intégrale de Rendez-nous nos trottoirs, un reportage au coeur de la Pute pride et des Assises de la prostitution 2008 présenté au Festival international du film militant d'Aubagne le 7 octobre 2008 (durée : 25 minutes). Ici, il s'agit d'une version courte de 15 minutes.
Vanished Voices a réalisé cette vidéo, avec comme musique de fond Angel de Sarah McLachlan, à la mémoire des 26 femmes assassinées à Vancouver par Robert Pickton. Pickton a été trouvé coupable du meurtre de six d'entre elles, toutes des Amérindiennes. Il en a aussi assassiné au moins 20 autres, la police ayant trouvé sur sa ferme de l'ADN provenant de 26 femmes. Ces femmes, pour la plupart des Amérindiennes, travailleuses du sexe et consommatrices de drogues illégales, étaient triplement stigmatisées. Soulignons qu'elles étaient aussi des mères, des soeurs, des filles, des tantes et des amies.
C'est notre droit de définir, modeler, participer, utiliser, partager nos connaissances et créer des espaces numériques qui protègent les droits de tous et de toutes à interagir sans craindre le harcèlement et des menaces à leur sécurité. Appropriez-vous la technologie! Invitez des personnes qui utilisent les TIC à les utiliser afin de changer les relations de pouvoir inégales.
Les travailleurs et travailleuses du sexe ont peu l’occasion de parler en leur propre nom. La population en général et une grande partie des médias, des chercheurs et des fournisseurs de services avec qui les travailleuses du sexe sont en contact les présentent souvent comme des caricatures sans voix. Lorsque des travailleuses du sexe ont été interrogées récemment dans le cadre de la rédaction d’un livre sur l’industrie du sexe à Moncton, Saint-Jean et Halifax, on s'est rendu compte à quel point on n’entend jamais ce qu'elles pourraient avoir à dire.
Le 26 juin, les professeures Leslie Ann Jeffrey et Gayle MacDonald, auteures du livre intitulé Sex Workers in the Maritimes Talk Back, ont fait une présentation émouvante sur les raisons pour lesquelles elles défendent la décriminalisation du travail du sexe. Elles se sont efforcées de mieux comprendre les femmes et les hommes qui participent à l'industrie du sexe et ce qui les amène à commencer ce travail, à le poursuivre ou à l’abandonner. Les professeures ont suivi la voie logique qui, pour une raison ou pour une autre, n'est pas celle employée habituellement lorsque l'objet de l'étude est l'industrie du sexe : elles ont rencontré les travailleuses et les travailleurs et elles les ont laissé s’exprimer eux-mêmes.
Par Pye Jakobson. Un texte traduit par lesputes.org
"Pendant qu’on se félicite de la criminalisation de l’achat de services sexuels, le Comité (pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes) exprime son souci que cela ait pu augmenter l’incidence de la prostitution clandestine, ce qui rendrait les prostituées plus vulnérables. Il exprime également le souci que la Suède soit devenu un pays de destination de femmes trafiquées. Le comité encourage le gouvernement suédois à évaluer les effets de l’actuelle politique de criminalisation de l’achat de services sexuels, en particulier en vue de combler le manque de données sur la prostitution clandestine qui pourrait avoir des effets fortuits sur le trafic des femmes et des filles."
"La députée néo-démocrate (Libby Davies) a aussi expliqué que des mesures d'urgence devaient être mises en place dans les quartiers chauds de Vancouver. Si cela était arrivé à d'autres groupes de femmes, cela serait devenu une urgence nationale, mais les politiciens ne font pas attention à ce genre de choses. La plupart des femmes disparues étaient en effet des travailleuses du sexe. D'autres étaient toxicomanes." (Source: REEL-Radio). Alors que pendant plusieurs années, la disparition de dizaines de travailleuses du sexe du quartier chaud de Vancouver n'a pas retenu l'attention de la police et des politicien-nes en dépit des pressions exercées par des familles de victimes, le procès Pickton, lui, attire 3.000 médias de l'extérieur du Canada, selon Influence Communication. Notre façon de traiter les travailleuses du sexe de rue, elle, n'est guère questionnée pendant ce temps-là.
Une manifestation de travailleuses et travailleurs du sexe et de leurs allié-es avait lieu le 17 décembre 2006 à Montréal. 200 personnes ont marché dans le centre-ville pour marquer la 4e Journée internationale pour mettre fin à la violence envers les travailleuses et travailleurs du sexe. La violence verbale et physique dont ces personnes sont l'objet doit cesser. Ce sont surtout les policiers et les gouvernements, avec leurs lois répressives et hypocrites, qui étaient dénoncés. Que la société en général ne fasse rien pour les appuyer - de peur de "banaliser" la prostitution - était aussi déploré. Pour en savoir plus.
Le 25 novembre 2006, à l’occasion de la Journée mondiale contre les violences faites aux femmes, nous entendons faire valoir nos droits au respect, à la dignité et au libre exercice de notre métier. On entend régulièrement parler de prostitution mais beaucoup plus rarement les prostitué-es. Parmi les différents discours, celui qu’on entend le plus est celui des adversaires de la prostitution qui prétendent connaître les réalités du métier mieux que les intéressé-es. La victimisation et la culpabilisation sont leurs outils de propagande privilégiés : selon eux, toute prostituée serait une victime et tout homme qui vient la voir serait responsable de ses souffrances! Incapables d’entendre d’autres points de vue que le leur, ils estiment que leur conception de la sexualité est la seule valide et veulent l’imposer. Le seul résultat de cette stratégie est l’aggravation de la stigmatisation de touTEs celles et ceux qui ont choisi de vendre des services sexuels.
Les commentaires récents