C'est le pilote d'un projet de documentaire de Valérie Mitteaux et Myriam Guillemaud-Silenko sur AMMAR (Asociación de Mujeres
Meretrices de la Argentina), le syndicat des travailleuses du sexe d'Argentine. Lors du Forum XXX qui a eu lieu à Montréal en mai 2005, Eleyna Reynaga, secrétaire générale d'AMMAR, que l'on voit dans la vidéo, expliquait que c'est en 1994 que les travailleuses du sexe ont commencé à s'organiser dans le but de lutter contre la répression policière. La crise économique a été l’un des éléments qui les a amenées à se regrouper. La violence envers elles augmentait tandis que leurs revenus diminuaient beaucoup.
Le 20 mars, le Collectif Droits et Prostitution annonçait la création du Syndicat du travail sexuel (STRASS), qui compte déjà environ 200 membres, à l’occasion des Assises de la prostitution qui avaient lieu à Paris. Six ans après le vote de la Loi pour la sécurité intérieure (LSI), les travailleuses et travailleurs du sexe dénoncent les conséquences gravissimes de cette loi injuste qui a fait reculer les droits humains. Face à celles et ceux qui agitent le repoussoir du proxénétisme pour justifier la LSI, les adhérent-es du STRASS répondent : "nous sommes - et avons toujours été - les mieux placé-es pour lutter contre les dérives de la profession. Nous ne sommes pas le problème : nous faisons partie de la solution".
Les travailleuses et travailleurs syndiqués de l'industrie du sexe ont fait l'histoire au Forum social mondial de Belem, au Brésil. Le forum sur la syndicalisation de l'industrie du sexe a été parrainé en partie par la Karnataka Sex Workers Union et la Commission internationale pour les droits du travail. Des forums publics ont mis en vedette des présentations et des discussions de représentant-es syndicaux d'Afrique du Sud, du Nigeria et d'Allemagne qui soutiennent l'organisation des travailleuses et travailleurs de l'industrie du sexe ainsi que des organisations de prostituées de Bolivie, du Brésil, des États-Unis et de l'Inde.
Une photo de Marie-Neige Saint-Jean prise lors de la marche des parapluies rouges qui avait lieu à Montréal le 17 décembre.
Le 17 décembre, c'est la Journée internationale pour mettre fin à la violence envers les travailleuses et travailleurs du sexe. C'est une occasion de faire savoir que la violence et le mépris envers elles ne sont plus tolérés. Prenez le temps de vous informer sur la question du travail du sexe du point de vue des femmes directement concernées, plutôt que de celui des féministes abolitionnistes qui tiennent mordicus à démontrer que leurs analyses ne tiendraient aucun compte des opinions des prostituées qui souhaitent sortir de ce milieu, ce qui est faux. Contrairement à nos abolos du terroir, le mouvement de défense des droits humains des travailleuses du sexe tient compte de TOUTES les expériences des travailleuses du sexe, les pires comme les meilleures. Ces groupes travaillent directement sur le terrain depuis souvent plus de 10 ans. Affirmer qu'ils sont incapables de voir la réalité telle qu'elle est très méprisant. Il n'y a pas de solidarité là-dedans, mais du mépris et un manque d'humilité si.
Pour souligner la Journée internationale des travailleuses du sexe, le Sex Worker Film, Art and Music Festival de San Francisco présente Burn Out, un hymne à la fierté des travailleuses du sexe créé par Courtney Trouble et Scarlot Harlot. Cette vidéo reflète tant une histoire personnelle et locale qu'une histoire politique internationale qui rejoignent des personnes et des organismes qui résistent à la discrimination et oeuvrent afin d'obtenir la justice sociale et le respect des droits des travailleuses du sexe. Nombreuses sont celles qui se retrouvent dans la frustration, la fierté et le défi exprimés par Courtney Trouble : "How soon I got over, waiting alone at home for the telephone. Why do you care... you can’t see me... don't wanna know me at all but I know you wanna get off." Cette frustration évolue avec la reconnaissance de sa mission de s'approprier les "moyens de production" : "It's just like anything else, it's just a job, but we've got the guts to profit off our own skin. They won't acknowledge us until we own enough to control it. They won't respect us until we give them no other choice."
FIRST est une coalition canadienne de féministes qui se sont rassemblées pour défendre les droits des travailleuses et travailleurs de l'industrie du sexe. FIRST plaide en faveur de la décriminalisation du travail du sexe adulte. FIRST est guidée par le principe fondamental que les travailleuses et travailleurs du sexe devraient jouir des mêmes avantages et protections de leurs droits humains que tous les autres membres de la société.
Pour être une société réellement engagée vers l'égalité, la liberté et la dignité humaine, nous devons reconnaître les droits des travailleuses et travailleurs du sexe à :
• vivre et travailler dans des conditions libres de haine, de violence et d'exploitation
• avoir leur dignité, leur autonomie et leur liberté respectées, incluant le droit de s'engager dans une relation sexuelle consensuelle avec d'autres adultes sans être criminalisé
• être traité comme un membre égal de la société, jouir des mêmes protections et avantages offerts par la loi et ne pas être sujet à la stigmatisation, à la discrimination et à l'aliénation sociale.
Ce film de 15 minutes donne un aperçu du Forum XXX 2005. Il reflète l'essentiel des discussions, des demandes et préoccupations des travailleuses et travailleurs du sexe en matière de droits fondamentaux. À la fois vivant et mobilisant, il permet aussi de se faire une bonne idée de l'ambiance du forum et de la stimulante diversité des participant-es.
La Putain de compile, c'est un DVD qui met de l'avant d'autres discours sur le travail du sexe que celui de la représentation dominante. Que ce soit dans les médias de masse, au sein du mouvement des femmes ou encore dans nos milieux quotidiens, il y a grand besoin de s'ouvrir à la parole des personnes principalement concernées : les travailleuses et travailleurs du sexe. Projet mené par les Panthères roses en collaboration avec Les Lucioles et Stella, ce DVD regroupe 26 courts métrages en provenance de huit pays dont le Québec, la France, les États-Unis et l'Inde. Au menu, des vidéos sur l’histoire politique du mouvement de défense des droits humains des travailleuses et travailleurs du sexe, la répression policière, les techniques de prévention du sida chez les transexuelles, le travail du sexe chez les hommes et bien d’autres sujets dont votre coiffeuse ne parle jamais... On peut commander le DVD en ligne et en avoir un avant-goût dans Parole citoyenne (avec Au parfum des trottoirs, C'est le secret, Je sais pas si vous êtes comme moi, Pute pride et eXXXpressions).
Gareth Williams, militant et porte-parole pour les droits des minorités sexuelles en Jamaïque et de la communauté anglophone de la Caraïbe, est le récipiendaire du Prix international de l’Action contre le VIH/sida et pour les droits humains, édition 2006. L’organisme montréalais Stella, un collectif de soutien et d’information qui a été fondé par et pour les travailleuses du sexe, est le lauréat du Prix canadien. Ces prix saluent la contribution exceptionnelle d’individus et d’organismes qui travaillent à protéger les droits et la dignité des personnes vivant avec le VIH/sida et de celles qui en sont affectées. Ils ont été décernés le 28 septembre par Human Rights Watch et le Réseau juridique canadien VIH/sida. Lire la suite.
Le 16 août 2006, les groupes de travailleuses et travailleurs du sexe de partout au monde présents à Toronto dans le cadre du 16e Congrès international sur le sida manifestaient pour la reconnaissance de leurs droits humains et droits du travail afin de lutter contre le VIH. Mark Wainberg, co-organisateur du congrès, s'est joint aux travailleuses du sexe au cours de cette manifestation.
Avant la formation du Durbar Mahila Samanwaya Committee (DMSC), les travailleuses du sexe de Kolkata n’avaient aucun contrôle sur leur vie. Elles se faisaient réglementer, opprimer et exploiter par les madames, les voyous et la police. Elles étaient marginalisées, stigmatisées et exclues.
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