Alors qu'au plus haut niveau de l'État on s'agite pour organiser la disparition des "indésirables" en convoquant les préfets indisciplinés, le menu fretin n'entend pas rester les bras croisés. Un officier de police judiciaire de la Police aux frontières a invité, la semaine dernière, la directrice de l'association Cabiria à venir le rencontrer afin "d'aborder certains dossiers". Celle-ci s'est vu proposer, en toute simplicité, de dénoncer les personnes sans papiers connues par l'association et d'aider la police à leur mettre la main dessus.
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Le 25 novembre 2006, à l’occasion de la Journée mondiale contre les violences faites aux femmes, nous entendons faire valoir nos droits au respect, à la dignité et au libre exercice de notre métier. On entend régulièrement parler de prostitution mais beaucoup plus rarement les prostitué-es. Parmi les différents discours, celui qu’on entend le plus est celui des adversaires de la prostitution qui prétendent connaître les réalités du métier mieux que les intéressé-es. La victimisation et la culpabilisation sont leurs outils de propagande privilégiés : selon eux, toute prostituée serait une victime et tout homme qui vient la voir serait responsable de ses souffrances! Incapables d’entendre d’autres points de vue que le leur, ils estiment que leur conception de la sexualité est la seule valide et veulent l’imposer. Le seul résultat de cette stratégie est l’aggravation de la stigmatisation de touTEs celles et ceux qui ont choisi de vendre des services sexuels.
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J’aimerais apporter quelques éléments de réponse à l’opinion émise par Madame Ana Popovic du Centre des femmes de Laval le 13 novembre dernier intitulée "L’UQAM est-elle complice de l’industrie du sexe?" diffusée sur la liste Net-femmes.
Ana Popovic s’inquiète que la formation organisée conjointement par l’organisme Stella, Maria Nengeh Mensah, professeure à l’École de travail social de l’UQAM et le Service aux collectivités "risque d’amener les intervenantEs du système de santé et de services sociaux à inciter les femmes à rester dans la prostitution, voire à inciter les femmes à se prostituer pour pallier à la pauvreté". Devant une affirmation aussi grossière et sans fondement, j’aimerais apporter quelques informations et spécifier le rôle du Service aux collectivités de l’UQAM dans ce projet.
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Voici ma réponse au texte que le Centre des femmes de Laval fait circuler pour s'insurger contre la formation offerte par Stella le 17 novembre en partenariat avec Maria Nengeh Mensah et le Service aux collectivités de l'UQAM. Tous les groupes de femmes offrent des formations et organisent divers événements, mais Stella n'aurait pas le droit d'en faire autant semble-t-il. Quant à leurs partenaires, ils se rendraient forcément complices de l'industrie du sexe. Pourquoi ne pas aussi accuser d'une telle complicité le Réseau juridique canadien VIH/sida et Human Rights Watch qui décernaient récemment un prix visant à souligner la contribution exceptionnelle de Stella à la réduction de la vulnérabilité au VIH/sida et à la protection des droits et de la dignité des personnes avec lesquelles elles travaillent?
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Le 15 mai 2006, une quinzaine de travailleuses du sexe occupaient la Maison des femmes à Paris. Depuis des mois, la plupart des associations féministes relaient une campagne contre la prostitution à l'occasion de la coupe du monde en Allemagne. Depuis toujours ou presque, elles relaient le même discours contre la prostitution sans jamais aider les prostituées. Nous sommes pourtant les premières concernées par le sujet. Nous venons donc auprès de ces femmes qui parlent sans arrêt à notre place.
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Le 8 mars 2006, le collectif Les Putes interrompait un débat sur la prostitution qui se tenait à la Mairie du IIème arrondissement de Paris. "Encore une fois, on nous confisque la parole pour la laisser aux abolitionnistes : à la tribune, sur huit personnes : une seule prostituée, Camille Cabral, également élue du XVIIème arrondissement. Le discours tenu, assimilant prostitution à la pédophilie et aux violences sexuelles, ne sert qu’à stigmatiser l’ensemble des travailleuSEs du sexe. Bien sûr, ces violences sont malheureusement présentes dans la prostitution mais elles ne la définissent pas. C'est un sujet beaucoup trop grave pour maintenir de tels amalgames.
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Ce livre de Camille Cousin parle de prostitution, mais son objet n’est pas la prostitution en tant que telle. C’est plus exactement du "stigmate de la putain" dont il traite, cette marque de honte qui sanctionne certains comportements féminins considérés comme illicites. Camille Cousin y mélange sa propre expérience avec des témoignages de prostituées et des interviews de spécialistes supposés avoir une "autorité du savoir". Elle opère des allers-retours entre sociétés "primitives" et "démocratiques" et entre le 19e et le 21e siècle pour mettre en question l’idéologie de la libération des mœurs et la vision progressiste de l’histoire des mentalités qui prévaut en Occident. À travers tous ces entretiens, elle tisse une lettre d’amour, fil conducteur qui permet, par associations d’idées, de s’identifier à des destins de femmes beaucoup plus politiquement incorrects que le sien.
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