Ce court métrage humoristique de 10 minutes s'adresse aux clients de travailleuses et travailleurs du sexe. Il a été réalisé par l’équipe de Stella en collaboration avec Séro-Zéro et des professionnel-les du cinéma. Dans un décor rappelant la télévision des années 1970, Natacha et Jean-François, deux travailleurs du sexe interprétés par les comédiens Nathalie Claude et Stéphane Crête, informent les clients sur les pratiques sexuelles sécuritaires et responsables. On y aborde aussi la question du respect des travailleuses et travailleurs du sexe.
Est-il nocif d’avoir du sexe avec des étrangers? Est-il nocif d’en faire un moyen de gagner de l’argent? Non, vendre son temps, sa compagnie ou des services sexuels n’est pas nocif en soi. Mais il est préjudiciable pour les travailleuses et travailleurs du sexe d’êtres soumis à des moyens d’oppression tels que la discrimination ou la stigmatisation sociale. La loi suédoise sur la prostitution contribue à une telle oppression. Les travailleuses et travailleurs du sexe sont discriminés, et ainsi les préjudices et stéréotypes sont préservés. Même si la loi est supposée avoir pour but de les protéger, il est évident que son but principal est plutôt de protéger la société de ce qui est perçu comme une maladie sociale.
Michel Dorais, en collaboration avec Patrice Corriveau, livre dans cet ouvrage les résultats d’une étude sur la prostitution juvénile et les gangs de rue au Québec, menée auprès de jeunes filles prostituées par des gangs, et auprès des intervenants sociaux ou policiers qui les côtoient. Le livre pourrait aussi bien s’intituler "Ce que devraient savoir toutes les jeunes filles, leurs parents, leurs amis et leurs éducateurs".
À en croire Libération du 6 juillet 2006, deux députés socialistes, Christophe Caresche et Danielle Bousquet, viennent de déposer une proposition de loi afin de pénaliser nos clients. Cette revendication, dorénavant inscrite dans le programme du PS, est portée depuis longtemps par Laurence Rossignol, secrétaire nationale aux droits des femmes de ce parti, mais également soutenue par la candidate à l'élection présidentielle la plus avancée actuellement dans les sondages, Ségolène Royal.
par Mirha-Soleil Ross, militante et artiste indépendante, Toronto, Canada
Le titre de la version originale anglaise - Dear John - de ce monologue fait référence à une campagne anticlients menée à Toronto dans les années 1990. Au cours de cette campagne, les membres de diverses associations de résidents enregistraient les numéros de plaque d’immatriculation des voitures de personnes soupçonnées d’avoir sollicité les services de prostituées de rue. À partir de ces numéros, les groupes pouvaient retracer les noms et adresses des conducteurs des voitures et postaient une lettre à leur domicile pour leur faire honte, les intimider et, bien sûr, en espérant qu’une épouse ou petite amie serait celle qui ouvrirait la lettre, qui commençait par la formule : "Dear John". Il faut aussi savoir que "John" est un terme utilisé de façon générique pour désigner les clients des prostituées. Semblable à "micheton" en France, il n'y a aucun équivalent au Québec.
"Ce guide s’adresse à toi, que tu sois client régulier ou que tu envisages avoir une première rencontre avec une travailleuse du sexe. Nous avons voulu répondre à tes questions afin de démystifier notre travail et pour que tu puisses mieux comprendre qui nous sommes et quelles sont nos limites.
Considérant l’ensemble des acteurs de la prostitution, nous pouvons dire que 98,5% est constitué par des clients et 1,5% par les personnes prostituées (sondage de l’IPSO Zürich; d'après ASPASIE). Selon le sociologue Daniel Welzer-Lang, les clients appartiennent à tous les groupes sociaux.
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