Bien qu’elles soient moins visibles que les hommes, les femmes font plus que jamais partie des nouveaux visages de l’itinérance. Jeunes, âgées, mères, Autochtones, elles sont de plus en plus nombreuses à se retrouver, à un moment de leur vie, sans domicile fixe. Comment ces femmes se retrouvent-elles dans la spirale de l’itinérance? Une émission extra de Kilomètre zéro.
Nous félicitons les trois travailleuses du sexe de Toronto qui font un recours judiciaire contre la criminalisation du travail du sexe devant la Cour supérieure de l’Ontario en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés.
Nous sommes un groupe par et pour les travailleuses du sexe qui travaillons depuis 15 ans pour la santé et les droits humains de notre communauté. Nous offrons des services sur la rue, dans les piaules et piqueries, en prison, dans les agences d’escortes, dans les salons de massage et dans les bars de danseuses à tous les jours. Nous avons plus de 6000 contacts par année avec les travailleuses du sexe et, à tous les jours, nous sommes confrontées aux répercussions de la criminalisation du travail du sexe : comment ça rend presqu’impossible de travailler dans un environnement sécuritaire, d’avoir accès à la protection policière, de voir nos droits respectés.
«Vendre son corps»… Une expression que nous servent ad nauseam les opposants à la décriminalisation du travail du sexe, nous prouvant ainsi tout le mépris qu’ils ressentent envers nous, travailleuses du sexe. Pourtant, moi qui suis directement concernée puisque je suis escorte indépendante depuis maintenant trois ans, je n’ai jamais eu l’impression de vendre mon corps à qui que ce soit. Je fais un métier que j’aime et que j’ai choisi. Les hommes que je rencontre dans ce cadre sont pour la plupart respectueux et soucieux que je me sente à l’aise avec eux. En tout temps, je suis celle qui détermine les limites de notre rendez-vous. Mon corps n’appartient qu’à moi et ce que j’offre à mes clients, ce sont des services érotiques teintés de tendresse et de chaleur humaine. Nous sommes loin de l’image sordide et dégradante que certains croient représentative d’une réalité qu’ils ne connaissent pas ou partiellement.
Traduction par Thierry Schaffauser de la présentation de Pye Jakobsson, une travailleuse du sexe oeuvrant en Suède, lors de la conférence internationale pour la réduction des risques qui avait lieu en 2008 à Barcelone. Pye fait part de témoignages de ses collègues sur la façon dont la législation de son pays entrave les bonnes pratiques en matière de réduction des risques.
Les prochains Jeux olympiques d'hiver qui se dérouleront à Vancouver sèment la grogne au sein de divers mouvements sociaux canadiens, dont des groupes autochtones. Ces derniers sont à l'origine d'un mouvement de contestation et de résistance qui dénonce les immenses investissements financiers entourant l'organisation de cet événement, tout en juxtaposant les dommages, souvent invisibles, qu'il entraîne. Ils soulignent les conséquences sur l'environnement, la sécurité des femmes, les inégalités sociales, la répression policière, le «nettoyage urbain» et les expropriations des autochtones de leurs terres ancestrales. Produite par no2010.com, la vidéo ci-dessus expose l'histoire méconnue des Jeux olympiques tout en présentant huit raisons de s'opposer aux Jeux de 2010. Elle retrace également les diverses actions directes entreprises depuis 2006.
Wow! Renversant, étonnant, actuel mais surtout, ô combien réaliste et lucide est ce 15e numéro du ConStellation! Lorsque m’est venue l’idée d’être escorte, j’aurais sans aucune hésitation donné mes plus beaux stilettos pour avoir droit à cette manne d’informations. Je parie que bientôt, je ne serai plus la seule à envier les prochaines qui se questionneront à savoir si le travail du sexe est pour elles un choix convenable, de pouvoir bénéficier de ce bijou qu’est le ConStellation spécial Conditions de travail! Par ailleurs, que l’on soit une travailleuse du sexe débutante ou senior, je suis convaincue que ce ConStellation deviendra pour nous toutes essentiel au même titre que le sont nos condoms, nos bas de nylon et notre cellulaire! Car, comme il en ressort avec éloquence des 65 entrevues et consultations réalisées pour ce numéro, la chose la plus importante lorsqu’on travaille ou envisage de le faire est d’échanger et d’entretenir des liens avec d’autres travailleuses du sexe.
Les mouvements des femmes se heurtent depuis toujours aux problèmes de l’inclusion et de la diversité croissantes. En 1851, Sojourner Truth, une ancienne esclave afro-américaine et militante de l’abolition de l’esclavage, prononçait son fameux discours Ain’t I a Woman? (Ne suis-je pas une femme?) devant la Convention des droits de la femme de l’Ohio. A cette époque a-t-elle mentionné, les hommes galants aidaient les femmes blanches et non pas noires à éviter les rigoles et à monter dans les calèches. Sojourner se demandait pourquoi ses bras solides, sa capacité de travailler dans les champs, sa résistance aux coups de fouet et à la vente de ses enfants comme esclaves modifiaient en quoi que ce soit sa condition de femme. Les idées féministes sur les droits des femmes ont progressé depuis lors mais certaines catégories de femmes restent marginalisées au sein des mouvements féministes.
Le 31 mars 2009, les travailleuses et travailleurs du sexe du Royaume-Uni et leurs allié-es tenaient avec succès un Speak Out devant la Fontaine Eros du Piccadilly Circus, contre la criminalisation du travail du sexe et pour les droits de celles et ceux qui travaillent dans l'industrie du sexe. Une rue était prise d'assaut et une bannière sur laquelle on pouvait lire «Les travailleuses du sexe arrêtent le trafic» était dévoilée. Les travailleuses et travailleurs du sexe ont mené cette action afin de mettre en évidence leur opposition au projet de loi The Policing and Crime Bill. Les intervenant-es de ce Speak Out incluaient des représentant-es du X:Talk project, de l'English Collective of Prostitutes, de la Sex Worker Open University, des universitaires et des militant-es des droits des travailleuses et travailleurs du sexe d'Europe.
Le lobby abolitionniste du Mouvement du Nid continue de mener sa campagne contre notre travail à l’occasion des élections européennes de juin 2009. Nous tenons donc à rappeler que le Mouvement du Nid s’arroge une parole d’expert sur la prostitution alors qu'il n’a aucune légitimité. Les vrais expert-es sur la prostitution, ce sont nous les travailleurs et travailleuses du sexe.
Le Mouvement du Nid, comme les autres mouvements qui veulent notre abolition, sont déconnectés de nos réalités et déforment notre parole pour mieux maintenir leur pouvoir. Il faut cesser immédiatement le business abolitionniste qui s’appuie sur des millions d’euros de financement public.
C'est le pilote d'un projet de documentaire de Valérie Mitteaux et Myriam Guillemaud-Silenko sur AMMAR (Asociación de Mujeres
Meretrices de la Argentina), le syndicat des travailleuses du sexe d'Argentine. Lors du Forum XXX qui a eu lieu à Montréal en mai 2005, Eleyna Reynaga, secrétaire générale d'AMMAR, que l'on voit dans la vidéo, expliquait que c'est en 1994 que les travailleuses du sexe ont commencé à s'organiser dans le but de lutter contre la répression policière. La crise économique a été l’un des éléments qui les a amenées à se regrouper. La violence envers elles augmentait tandis que leurs revenus diminuaient beaucoup.
Le 20 mars, le Collectif Droits et Prostitution annonçait la création du Syndicat du travail sexuel (STRASS), qui compte déjà environ 200 membres, à l’occasion des Assises de la prostitution qui avaient lieu à Paris. Six ans après le vote de la Loi pour la sécurité intérieure (LSI), les travailleuses et travailleurs du sexe dénoncent les conséquences gravissimes de cette loi injuste qui a fait reculer les droits humains. Face à celles et ceux qui agitent le repoussoir du proxénétisme pour justifier la LSI, les adhérent-es du STRASS répondent : "nous sommes - et avons toujours été - les mieux placé-es pour lutter contre les dérives de la profession. Nous ne sommes pas le problème : nous faisons partie de la solution".
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