Une campagne d'envoi de cartes postales pour sauver des vies a été lancée par les personnes vivant avec le VIH/sida, leurs ami-es, leurs familles et les organismes de services de l'Alberta, de l'Ontario et du Québec, suite à la décision du gouvernement fédéral de couper, à travers le pays, le financement des organismes communautaires. Ce financement est utilisé pour offrir des services directs aux 62,000 Canadien-nes vivant avec le VIH/sida ainsi que des programmes d'éducation pour prévenir de nouvelles infections. En 2006, 2,508 Canadien-nes ont été diagnostiqués porteurs du VIH, soit 14% de plus qu'en 2001. Actuellement, on estime qu'environ 4,000 Canadien-nes sont infectés par le VIH chaque année. Le sida ne se guérit toujours pas et demeure une maladie débilitante et fatale.
Le 14 février 2008, un homme reconnu coupable de voies de fait graves envers son ex compagne et le fils de celle-ci a finalement été pardonné sans condition par la Cour du Québec parce qu'elle ne lui aurait pas dévoilé sa séropositivité selon lui, alors qu'elle l'en a informé lors de leur deuxième relation sexuelle. Leur première relation sexuelle était protégée comme toutes celles qui ont suivi pendant quatre ans. C'est ainsi que ce monsieur est toujours séronégatif. Mais c'est elle qui risque d'être emprisonnée pour agression sexuelle et voies de fait graves. Que les hommes violents se le tiennent pour dit : trouvez-vous une compagne séropositive. Vous pourrez la violenter comme ça vous chante de même que ses enfants. C'est carrément à hurler! Notez que ce monsieur a eu droit à l'aide juridique pendant qu'elle doit assumer les coûts de sa défense. Aujourd'hui, elle fait faillite. Ce qui suit est une demande de soutien, appuyée entre autres par la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida, afin qu'elle puisse se défendre contre ces accusations. Pour elle, son fils et aussi pour toutes celles qui sont séropositives ou qui le seront un jour.
Suite au jugement de la Cour du Québec rendu le 14 février 2008 où une femme est jugée pour agression sexuelle parce qu’elle n’a pas dévoilé sa séropositivité, je suis profondément troublée! Juste à penser que je peux être identifiée à un agresseur sexuel me répugne. Je suis une femme hétérosexuelle âgée de 43 ans vivant avec le VIH. Quotidiennement, j’apprends à accepter ma séropositivité et les conditions de vie qu’elle entraîne. J’ai toujours accepté de faire des témoignages publics, des entrevues télévisées, des textes écrits et toujours en dévoilant ma véritable identité. Voilà qu’un juge a décidé avec ses préjugés que j’étais devenue «un bourreau» et non une victime du SIDA. Depuis ce jugement, j’ai peur de continuer mes témoignages. Qu’est-ce qui me prouve que je ne serai pas condamnée parce que je vis avec le VIH?
Comment expliquer autrement le fait que la Cour du Québec puisse accorder une absolution inconditionnelle à un homme déclaré coupable de violence conjugale, sous prétexte que sa conjointe est séropositive? Comment expliquer autrement le fait que les juges et procureurs, en criminalisant des rapports sexuels protégés, ne se conforment pas aux normes d’ONUSIDA et aux Lignes directrices internationales sur le VIH/sida et les droits humains (version consolidée, 2006)?
Dans une entrevue réalisée pour l'émission Macadam Tribus, Maria Nengeh Mensah, professeure à l’École de travail social de l’UQAM, présente une analyse comparative de la visibilité des femmes et des hommes infectés dans le discours des médias sur le VIH/sida au Québec. Le groupe de recherche du Projet viHsibilité a analysé le contenu de la presse écrite sur tous les articles traitant du VIH/sida dans quatre quotidiens francophones du Québec : La Presse, Le Devoir, Le Soleil et Le Droit. Le groupe a analysé plus de 15,000 articles publiés entre 1982 et 2004, regroupés en trois périodes : les débuts (les années 1980), la banalisation (les années 1990) et l’internationalisation (les années 2000).
À voir aussi, les photos de l'installation réalisée au Parc de l'Espoir, sur Ste-Catherine et Panet à Montréal, le 30 novembre 2007 par AIDS Community Care Montreal pour souligner la Journée mondiale de lutte contre le sida. Elle représente le nombre de Québécoi-ses devenus infectés par le VIH entre la Fête du travail et la Journée mondiale de lutte contre le sida.
La Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida du Québec (COCQ-Sida) note que les Québécois-es ne sont pas aussi tolérant-es qu'on le pense à l'égard des personnes vivant avec le VIH ou le sida (PVVIH). En effet, les résultats obtenus dans un des volets de l'étude MAYA (1) démontrent que :
• 46% des répondant-es affirment avoir perçu des réactions de recul chez certaines personnes connaissant leur séropositivité
• 34% ont perdu des ami-es après leur avoir dit qu'ils avaient le VIH
• 47% disent n'avoir dévoilé à personne leur statut sérologique
• 69% se disent inquiets du jugement des gens s'ils apprenaient leur séropositivité.
Gareth Williams, militant et porte-parole pour les droits des minorités sexuelles en Jamaïque et de la communauté anglophone de la Caraïbe, est le récipiendaire du Prix international de l’Action contre le VIH/sida et pour les droits humains, édition 2006. L’organisme montréalais Stella, un collectif de soutien et d’information qui a été fondé par et pour les travailleuses du sexe, est le lauréat du Prix canadien. Ces prix saluent la contribution exceptionnelle d’individus et d’organismes qui travaillent à protéger les droits et la dignité des personnes vivant avec le VIH/sida et de celles qui en sont affectées. Ils ont été décernés le 28 septembre par Human Rights Watch et le Réseau juridique canadien VIH/sida. Lire la suite.
FRISSE (Femmes, réduction des risques et sexualité) fait des expériences une force pour mieux réduire les risques auxquels sont exposées les femmes, notamment les risques de transmission des ITS, dont le VIH, de grossesses non désirées, de violences sociales et sexuelles... FRISSE a développé des supports de communication qui permettent de parler de risques et de sexualité, dont une exposition de photographies réalisées par Laurette Wittner intitulée Secrets de vagin, également disponibles sous forme de cartes postales. On peut les voir en ligne ou passer une commande.
Les problèmes des personnes séropositives âgées ont été ignorés ou très peu abordés au 16e congrès international sur le sida. Selon le docteur Pierre Côté, il y aurait une augmentation des crises cardiaques, des cancers et des maladies reliées à l'osthéoporose chez celles-ci. Il rappelle que le nombre de personnes séropositives, âgées de 50 ans et plus, augmente constamment. Il soutient également que les cas de démence sont de plus en plus fréquents chez les personnes infectées par le VIH.
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