Pourquoi paraissons-nous crouler sous l’abondance alors que 854 millions de personnes étaient gravement sous-alimentées en 2007 et combien de millions de plus avec la crise alimentaire actuelle? Comment, alors que la planète est capable de nourrir 12 milliards de personnes, soit le double de la population actuelle, la famine et la misère rurale persistent-ils dans le monde? Pour répondre à ces questions, le journaliste et cinéaste autrichien Erwin Wagenhofer se livre à une formidable enquête dont les résultats font froid dans le dos.
Depuis plusieurs jours, des manifestations prennent forme dans de nombreux pays du Sud. Les raisons de ce mécontentement sont partout semblables : les prix de la nourriture de base ont augmenté de manière aussi brutale qu’importante et les populations, déjà paupérisées par la mondialisation, se retrouvent dans l’incapacité d’assumer cette charge supplémentaire. Les peuples ont faim! Les causes de cette flambée sont multiples, mais elles sont globalement issues des jeux économiques. D’une part, une spéculation de repli sur les denrées alimentaires suite à la crise des subprimes, d’autre part la production d’agrocarburants et le réchauffement climatique. Pourtant, certains journalistes pointent dans leurs articles les autorités locales africaines comme responsables des choix catastrophiques en matière de politiques alimentaires, semblant ignorer que les politiques agricoles des pays du Sud sont soumises aux conditions de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international ou aux Accords de partenariat économique. Lire la suite.
Dans cette courte entrevue réalisée le 7 juin 2007, Vandana Shiva explique pourquoi il faut rendre à l'Afrique ce qui lui revient et reconnaître son savoir en agriculture plutôt que de laisser le non démocratique G8 lui imposer de fausses solutions.
Délocalisation, financiarisation, flexibilité du travail, partenariat public-privé, réingénierie… Tous ces mots font partie d’un discours banalisé et largement utilisé par les médias qui façonne nos esprits et brouille notre compréhension du monde si nous ne questionnons pas leur véritable sens. Comment la globalisation, qui vise à englober dans un marché mondial déréglementé toutes les ressources de la planète, s’est peu à peu imposée à toutes les sphères de nos sociétés? Quelles sont ses bases idéologiques? Comment fonctionne-t-elle et quels sont les impacts de ce nouvel ordre économique mondial sur les politiques gouvernementales et sur notre vie quotidienne?
Elle en a gros sur le cœur, Martine Dion. Son problème : la concentration de la distribution alimentaire. Non qu'elle soit artisane ou productrice agricole. Elle n’est pas épicière non plus. Ce qui l’intéresse, Martine, ce sont les miettes. Elle dirige une banque alimentaire : 22 points de distribution pour les plus mal pris d’Abitibi-Témiscamingue. Elle les recevait par camions ses miettes; tous les invendus du grossiste régional ADL Ltée. «De quatre à dix palettes de fruits et légumes tout à fait comestibles.» Presque chaque jour depuis dix ans. Le soufflé est retombé l’an dernier : 6,731 kilos de fruits et légumes en octobre 2006; 171 kilos le mois suivant, pas même une palette à se mettre sous la dent. Sobeys, dont les fruits et légumes s’empilent à hauteur de quatre étages dans un entrepôt à Boucherville, a acheté ADL. Fini! les miettes. Elles iront ailleurs, à la poubelle ou au compost.
Bande annonce du documentaire de Marie-Monique Robin (1h48); coproduction : ARTE France, Image et Compagnie, Productions Thalie, ONF (Canada), WDR (Allemagne).
En mars 2008, un documentaire de Marie-Monique Robin sur ce que Monsanto est en train de faire à la planète était lancé en France et en Allemagne. Dans ce documentaire à la fois passionnant, très documenté et courageux, cette journaliste d’investigation chevronnée fait voir les pratiques prédatrices de Monsanto. J'avais déjà entendu parler de cette multinationale, mais je n'avais pas trois ans devant moi pour faire des recherches aussi poussées afin de me faire une opinion articulée sur ce qui se passe à notre insu. Comme bien d'autres, je suis passée en partie à côté. Pas elle. Aujourd'hui, le réchauffement climatique me semble quasi dérisoire à côté, c'est dire.
Le rapport final de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire pourrait bien s'intituler "Un projet de société pour le Québec". En effet, l'analyse qui y est faite de la nécessité absolue d'inscrire dorénavant la vie agricole dans un cadre rigoureux de développement durable interpelle non seulement le monde agroalimentaire mais également la totalité de la population, sans exception. En tenant compte par ailleurs des défis que pose la mondialisation des marchés ainsi que l'incontournable besoin d'une main-d'oeuvre étrangère au moment des principales récoltes, le rapport touche des problématiques qui dépassent largement les frontières traditionnelles de l'agriculture familiale de subsistance qui caractérisaient la vie rurale des générations antérieures.
En mai 2007, une série d’entretiens avec Noam Chomsky a été un succès pour l'émission de radio "Là-bas si j’y suis". De Paris à Boston, de Montréal à Toronto, Olivier Azam a filmé ce reportage. À l’heure où impuissance et résignation l’emportent, le travail de Noam Chomsky est un antidote radical. "Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements", dit-il. Nous rencontrons des historiens, des journalistes, des chercheurs tels que Normand Baillargeon, auteur du Petit cours d’autodéfense intellectuelle, ce qui pourrait être le sous-titre de ce film en cours de montage. Produit et distribué par Les Mutins de Pangée, ce documentaire sera lancé en février 2008.
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