Lorsqu’on se découvre lesbienne, bisexuelle, transgenre ou transsexuelle (LBTT), il nous semble que le monde entier est peuplé de gens hostiles. Lorsqu’on vient d'un pays où cette différence est un crime, comme au Moyen-Orient et au Maghreb, il nous semble que c’est la fin du monde. Que dire de toutes celles qui font ce pas dans le vide, dans leur pays ou même, parfois de manière plus stigmatisante, dans un pays d’accueil, isolées dans une communauté fermée et sourde? À qui parler? Où trouver ses réponses?
Judith Butler, née en 1956 à Cleveland, Ohio, est une philosophe étatsunienne qui mène depuis plus de 20 ans une réflexion critique sur l’identité sexuelle. Sa pensée est ennemie des normes et des stéréotypes. Voici huit extraits composant l’intégralité d'un documentaire que Paule Zajdermann réalisa en 2006 et qui met en scène Judith Butler à travers sa biographie et des lieux qu’elle investit : le campus de l’université de Californie à Berkeley où elle enseigne, le musée du Jeu de paume à Paris où elle découvre l’exposition de la photographe étatsunienne Cindy Sherman, et une librairie parisienne où elle expose ses théories et dédicace ses ouvrages. Rappelons que son livre majeur Trouble dans le genre a été traduit en français en 2005, 16 ans après sa parution aux États-Unis.
On n'en parle pas souvent, mais environ une personne sur 2,500 naît avec des organes sexuels des deux sexes ou une apparence morphologique située quelque part entre les deux. Attention, j'ai bien dit "des organes" pas "les organes". Il y a donc un doute quant au sexe auquel appartiennent ces personnes pour la simple et bonne raison qu'elles n'appartiennent ni à l'un ou l'autre, mais à l'un et l'autre. La nature n'est pas binaire; elle fonctionne en continuum.
Malgré la prétendue évidence de la binarité des sexes et la coercition éducative, psychologique, politique, policière…, il a toujours existé des personnes non-conformes à cette norme. Ces identités alternatives ne sont pas moins valables que les deux modèles imposés. Il est temps d'arrêter d'assigner un genre, un rôle, une attirance en fonction du sexe de naissance, et de laisser les personnes libres de développer et d'affirmer leur personnalité. Rappelons que le 8 novembre est la Journée de solidarité avec les personnes intersexuées.
Les aîné-es drainent les ressources du réseau de la santé, ruinent les systèmes de retraite et ne comprennent rien aux techniques de travail modernes, encore moins aux nouvelles technologies. Cette description paraît caricaturale et bourrée de préjugés? C'est pourtant le genre de discours qu'entend tous les jours le Dr André Davignon depuis son poste privilégié à l'Observatoire vieillissement et société. Invité à titre d'expert à la Consultation publique sur les conditions de vie des aînés, il a pourfendu ce mal insidieux qui touche toutes les sphères de la société. Un article de Louise-Maude Rioux Soucy.
Les 6 et 7 octobre 2007, des manifestations contre la psychiatrisation des trans et la pathologisation des intersexes rassemblaient des centaines de personnes à Paris et à Barcelone. À la veille du sommet de l'Organisation mondiale de la santé, qui s'apprête à réviser la classification des maladies mentales en juin 2008, ce mouvement prend une ampleur internationale. "Nous voulons la dépsychiatrisation des transidentités et la dépathologisation des intersexes mais aussi le retrait de notre identité de la liste des maladies mentales sur la liste officielle de l'OMS, l'arrêt des assignations hormono-chirurgicales des enfants intersexes, la dissolution des équipes médicales dites officielles et l'abolition des protocoles de soins, le libre choix de son médecin dans le cadre d'un suivi médical individualisé et la prise en charge des traitements hormonaux et chirurgicaux par la sécurité sociale." Pour en savoir plus.
Le travail du sexe fait l’objet de nombreux préjugés et stéréotypes regroupés dans le stigmate de la putain. Cette stigmatisation influence fortement les conditions de vie, de travail et de santé des femmes oeuvrant dans cette industrie. Une situation qui favorise l’isolement et l’exclusion sociale de ces femmes et qui porte atteinte à leur dignité. Cette brochure s’adresse aux professionnel-les des services sociaux et de santé, aux policiers et intervenant-es communautaires, ou encore aux personnes provenant des domaines des médias, de la justice ou du gouvernement. Elle vise à faire la lumière sur un certain nombre d’idées préconçues concernant le travail du sexe et à proposer quelques pistes afin d’améliorer les services et d’offrir à ces femmes des accompagnements respectueux et empathiques. Sans prétendre être exhaustif, ce texte espère sensibiliser et faire reculer d’un pas l’ignorance.
L’abolitionnisme est une idéologie violente qui se bat contre des femmes. Nous avons voulu démontrer en trois temps comment fonctionne cette violence. En premier lieu, l’abolitionnisme est une idéologie essentialiste qui définit une identité unique de pute, anhistorique, presque naturelle et avant tout féminine. En second lieu, l’abolitionnisme est une forme de paternalisme qui décrète des femmes incapables d’exprimer leur consentement, les infantilise, leur confisque toute parole et légitimité. Enfin, l’abolitionnisme entretient le stigmate de putain qui sert de police du genre contre les femmes et qui nourrit leur division et ségrégation.
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