Ce rapport est la culmination de la série d’événements et de discussions anti-racistes «Accommode donc ça!», qui avait pour objectif de remettre en question le climat de xénophobie entourant le supposé «débat» sur les accommodements raisonnables au Québec. Cette série d’événements s’inscrit dans la foulée de la mobilisation anti-raciste qui a eu lieu à l’automne 2007 à Montréal, pour dénoncer la Commission Bouchard-Taylor comme un forum basé sur des prémisses racistes et sexistes, et pour rejeter sa supposée fonction de «forum» alors qu’elle a agi comme une plate-forme ouverte au racisme béat.
Le débat sur les accommodements raisonnables au Québec est construit sur un ensemble de fausses prémisses au sujet de la relation entre la majorité (le «nous») et les minorités (le «eux») et ce que «nous» pensons être le comportement correct pour «eux». Il s’agit du mauvais débat. Les accommodements raisonnables devraient commencer avec les droits en milieu de travail. «Accommoder raisonnablement» signifie la protection des droits fondamentaux, un salaire décent, la reconnaissance rapide des compétences et l’abolition des programmes de «travailleur saisonnier» qui bafouent les droits des travailleurs. Il est nécessaire de se rappeler que le Québec-Canada a été historiquement créé et développé «grâce» à la colonisiation des Premières Nations et l’exploitation des travailleurs migrants. Ces procédés se perpétuent impunément.
par l’Institut Simone de Beauvoir, Université Concordia
En tant que féministes antiracistes et anticoloniales, nous avons d’importantes réserves à l’égard de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles. Par ailleurs, le Conseil du statut de la femme du Québec (CSF) a suggéré des modifications à la Charte québécoise afin de réclamer la priorité relative du droit à l’égalité des sexes sur le droit à l’expression religieuse, ainsi qu'une interdiction du port de symboles religieux «ostentatoires» dans les institutions publiques par leurs salarié-es. Le fait que la Commission, suivie de l’intervention du CSF, ouvrent la voie à des législations qui limiteront les droits des femmes plutôt que les améliorer, nous préoccupe. Nous vous invitons à sonder avec nous la structure d’exclusion de la Commission, les présomptions qu’elle avance et l’impact néfaste qu’elle pourrait avoir sur la vie des femmes. Cela dit, pourquoi contester la légitimité et les effets de la Commission?
Karina Goma a réalisé un film sur la vie professionnelle au cœur du quartier Parc-Extension à Montréal, un des lieux les plus multiethniques au Québec. Elle dépose Un coin du ciel à la commission Bouchard-Taylor de passage à Laval. Son film porte sur ce que certain-es spécialistes appellent le travail transculturel, c'est-à-dire œuvrer dans un milieu professionnel en contact avec de nombreuses communautés ethniques. Elle a accédé aux coulisses du CLSC Parc-Extension pour assister au quotidien des travailleurs. Une entrevue avec Christiane Charette.
Métissé serré, c'est un concours de création média sur l’immigration lancé par Radio Canada International. Des personnes âgées de 18 à 35 ans soumettent un court métrage ou un balado (fichier audio) sur le thème de l’immigration. Le jury francophone a retenu 59 courts métrages et 11 balados. C’est maintenant à votre tour d'évaluer les œuvres finalistes pour déterminer les lauréat-es.
Nous sommes préoccupés par le fait que certains témoignages présentés devant la Commission Bouchard-Taylor, témoignages intolérants et agressifs envers les minorités culturelles, puissent être interprétés comme reflétant l'opinion de la majorité des Québécois dits "de souche". Nous croyons plutôt que ces témoignages révèlent une profonde ignorance de la réalité des personnes issues des communautés culturelles. Qui plus est, cette ignorance nourrit une fermeture à l'égard des liens qu'il est possible de tisser entre Québécois, de souche ou non. Nous désirons signaler notre ouverture aux communautés culturelles et nous dissocier fermement de ces témoignages, en insistant sur le fait que leur présentation sur une tribune publique n'implique pas qu'ils représentent l'état d'esprit de la majorité des Québécois dits "de souche". Nous notons d’ailleurs que l’emploi de l’expression "Québécois de souche" est en soi problématique puisqu’elle connote l’idée d’au moins deux types de Québécois. Nous ne l’utilisons donc ici que parce que le débat actuel s’y réfère constamment. Une lettre ouverte à signer en ligne.
Le 27 septembre 2007, le Conseil du statut de la femme rendait public l'avis intitulé Droit à l'égalité entre les femmes et les hommes et liberté religieuse qui soutient que le droit à l'égalité doit être respecté en toutes circonstances et qu'on ne doit pas y porter atteinte au nom, notamment, de la liberté de religion. Le Conseil demande donc au gouvernement du Québec d'amender la Charte des droits et libertés de la personne. Pour sa part, la FFQ ne recommande pas de modifier la Charte québécoise. Pour la FFQ, nous avons plutôt besoin de l’application des droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques que nous accordent déjà la Charte canadienne des droits et libertés, la Charte des droits et libertés du Québec de même que le droit international. Lire la suite.
par Mohamed Lotfi, journaliste et réalisateur de l'émission Souverains anonymes
«Je m'appelle Mohamed, je suis québécois et je vous emmerde.» La dernière fois que j'ai entendu cette phrase, j'étais dans un taxi, à quelque 5000 kilomètres d'Hérouxville, dans un pays musulman. Accompagné de mon fils, j'ai souvent pris des taxis dans ce pays et j'ai rarement échappé aux commentaires des chauffeurs qui trouvaient inconcevable que mon fils de 23 ans ne parle pas couramment l'arabe et ne connaisse pas suffisamment la religion de son père. Aux yeux de certains chauffeurs, ne pas lui apprendre l'arabe et la religion, c'était le condamner à la perdition. Quand les commentaires prenaient le ton d'un sermon, j'y mettais fin poliment: «Mieux que l'arabe ou la religion, Monsieur, j'apprends à mon fils à se mêler de ses affaires.»
On le sait, l’intégration des femmes immigrantes au marché du travail et dans la société québécoise en général se fait difficilement. Madame Aboumansour, directrice de l’entreprise d’insertion sociale Petites-Mains, dans le quartier Côte-de-Neiges à Montréal, accueille tous les six mois un nouveau groupe de femmes issues des quatre coins du monde. Elles y apprennent le français, se forment à des métiers et socialisent avec des femmes qui ont les mêmes défis à relever qu'elles. Elles sont accompagnées, conseillées et orientées durant leur séjour et chaque fois qu’elles en auront besoin dans l’avenir. Un point d’ancrage ici, au Québec, pour ces femmes d’ailleurs. Un reportage de 9 minutes réalisé en 2007 dans le cadre d'Exploraction, un voyage au cœur de l’avant-garde citoyenne au Québec.
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