Le Comité de soutien qui a orchestré la campagne Ramenez Sylvie Mendo au Canada! a le plaisir d’annoncer que, grâce à la mobilisation populaire et aux démarches politiques entreprises, Sylvie Mendo revient au Canada le 30 juin.
Je me permets ici d’offrir quelques pistes de réflexion sur les questionnements qui ont eu lieu au sein de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) dernièrement, ainsi que dans la société québécoise dans son ensemble autour de la proposition du Conseil du statut de la femme d’interdire le port des signes religieux ostentatoires dans la fonction publique. J’étais fort étonnée de lire les attaques faites par plusieurs groupes et journalistes québécois à l’endroit de la FFQ quant à la position prise par les membres de celle-ci concernant la proposition du Conseil du statut de la femme. Ces arbitres auto-proclamés de la femme musulmane « acceptable » se permettent non seulement de définir « l’islam acceptable » mais aussi de qualifier faussement d’islamiste toute personne qui serait d’un avis contraire sur cette question. Certains insinuent aussi qu’à la lumière de la position adoptée par les membres de la FFQ, cette dernière a perdu la légitimité nécessaire pour défendre le droit à l’égalité des femmes au Québec. Bien que n'ayant jamais été moi-même membre de la Fédération, cette organisation a gagné ma confiance grâce aux nombreuses batailles menées au nom de la défense des droits des femmes. À cet effet, je tiens à souligner la reconnaissance opportune de la démographie changeante au Québec par la FFQ ainsi que les démarches entreprises vis-à-vis des femmes des autres communautés tant locales que globales.
Sylvie Mendo est une femme d'origine camerounaise déportée récemment. Elle était sans statut au Canada et son conjoint la violentait et lui faisait miroiter qu'il la parrainerait si elle donnait naissance à des enfants. Le 27 avril, au moment où elle demande la garde de ses trois jeunes enfants en cour, Immigration Canada l'attend à la sortie du Palais de Justice pour la déporter. En trois jours, elle a été déportée vers les États-Unis, arrachée à ses enfants qui se trouvent maintenant sous la garde de leur père, un homme qui la violentait physiquement et psychologiquement. Mme Mendo avait trouvé refuge dans une maison d’hébergement. En déportant cette femme, les représentants de l'Agence des services frontaliers du Canada ont exécuté la volonté d'un conjoint violent qui s’est servi du statut d’immigration précaire de sa conjointe pour exercer son pouvoir sur elle.
Profitant de la semaine de la dignité des personnes assistées sociales, plusieurs regroupements nationaux unissent leur voix pour dénoncer la discrimination lors de la recherche de logements et revendiquer que le gouvernement du Québec encadre juridiquement le processus de location. Selon le Regroupement des comités logement et associations des locataires du Québec, en l'absence de loi pour réglementer toute la période qui précède la signature d'un bail, il est impossible d'assurer le droit d'accès au logement et de mettre un terme à la discrimination. Cette discrimination peut être directe : refus de louer à des personnes sans emploi, à des familles monoparentales, à des jeunes ou à des personnes immigrantes. Elle peut être également indirecte. Les formulaires de location, par exemple, sont des outils pour scruter à la loupe la vie des gens. En effet, seuls le nom, le prénom et l'adresse complète sont nécessaires à la location d'un logement. La cueillette abusive de renseignements personnels permet de faire indirectement ce qui est directement interdit : discriminer et violer le droit au logement des Québécois-es.
Selon deux articles parus le 18 décembre 2008 dans La Presse (Ottawa songe à modifier sa politique de renvoi des sans-papiers et Des renvois qui causent de l'émoi), le gouvernement Harper aurait l'intention de retirer cinq des huit pays actuellement sur la liste de moratoires du Canada. Les «pays sous moratoire» sont ceux que le gouvernement considère trop dangereux pour y déporter leurs ressortissant-es, même si ceux-ci ont vu leur demande de statut de réfugié refusée par le Canada. La liste actuelle de «pays sous moratoire» inclut Haïti, l'Afghanistan, l'Iraq, le Zimbabwe, le Liberia, le Burundi, le Rwanda et la République démocratique du Congo. On ignore quels pays seraient retirés. Pour sa part, Janet Dench, directrice du Conseil canadien pour les réfugiés, «présume que les pays qui vont garder le moratoire seront l'Afghanistan, l'Irak et le Zimbabwe».
Lors du retrait de l'Algérie de la liste en 2002, près de 1 000 Algérien-nes sans-statut ont été menacés de déportation. Si le gouvernement Harper décide de lever le moratoire sur cinq des pays sur sa liste, plus de 6 000 personnes risqueront d'être déportées. La majorité de ceux et celles qui seront ciblés par cette politique est composée d'individus et de familles qui demeurent dans la région de Montréal parfois depuis une quinzaine d'années.
Cette semaine, les citoyennes et les citoyens des États-Unis ont voté pour le changement et franchi un grand pas en avant vers la fin de l'inégalité et du racisme. Aujourd'hui, Jean Charest vous demande de voter pour le cynisme et le statu quo. Depuis des années, je travaille au sein de communautés culturelles et je traite de questions liées à la discrimination. En tant qu'avocate des droits de la personne et qu'organisatrice communautaire, j'ai connu de près les problèmes liés au chômage, à la discrimination, à la pauvreté et à l'exclusion. Et j'ai vu les gouvernements provinciaux ignorer, les uns après les autres, un grand nombre de besoins d'un grand nombre de personnes des communautés culturelles.
Le plus récent exemple de cette inaction est le Plan d'action des libéraux en matière d'intégration, une politique censée lutter contre le racisme et l'inégalité. Ce plan d'action est une gifle pour ces communautés. Il ne traite absolument pas de questions cruciales pour elles, telles que le chômage, la discrimination, le manque de logement et la pauvreté. Au lieu de s'attaquer aux problèmes des immigrants, le plan affirme que ce sont les immigrants qui constituent le problème. Il demande aux immigrants de signer un contrat moral d'engagement à respecter certaines valeurs et leur impose le fardeau d'apprendre le français au lieu d'améliorer l'accès à de meilleurs cours de français au Québec.
La première fois que la presse québécoise s'intéressa à une Algérienne d'ici, ce fut pour étaler à coup de sensationnalisme et d'émotions la rocambolesque aventure de Dalila Maschino. L'affaire débute à Montréal le 24 avril 1978 lorsque Dalila Maschino est enlevée par son frère Messaoud Zeghar après avoir été droguée. Elle est alors conduite dans un avion privé qui l'amène de force en Algérie, à la barbe des autorités canadiennes. Conseiller de Houari Boumediene, Messaoud Zeghar est aussi un homme d'affaires. Sa sœur Dalila s'est enfuie d'Algérie avec celui qui deviendra son mari à Paris, le franco-algérien Denis Maschino. Puis ils décident de s'installer à Montréal et de poursuivre leurs études. En avril 1978, Dalila vit à Montréal depuis trois ans et a le statut d'immigrante reçue. L'affaire met environ un mois et demi à s'ébruiter et va devenir "un cauchemar des mille et une nuits". Daniel Proulx, revenant sur cette histoire en 1994, la décrit ainsi : "Cette mystérieuse histoire a passionné l'opinion à la fin des années 70 : voilà une jeune Algérienne de confession musulmane, établie à Montréal et mariée à un incroyant, que son clan aurait ramenée contre son gré dans le sérail. L'affaire prend d'énormes proportions, va de rebondissement en rebondissement, frôle l'incident diplomatique et alimente la chronique trois ans durant avant de se terminer en happy end. De nombreuses questions ont été soulevées au long de ces péripéties, elles n'ont pas toutes été résolues." Un article de Marion Camarasa.
Au moment où j'écris ces lignes, le premier ministre du Canada demeure obstiné et imperturbable devant les images de l'interrogatoire d'Omar Khadr par des agents de la SCRS. Aucune demande de son rapatriement n'est encore envisagée. Comme des milliers de Canadien-nes, je viens de signer la pétition d'Amnistie Internationale demandant urgemment à Stephen Harper de rapatrier le jeune Omar Khadr de l'oubliette américaine Guantánamo Bay. Mais c'est sur vous, madame la gouverneure générale, que j'ose compter pour faire quelque chose.
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