Le 7 mai 2008, 156 député-es fédéraux votaient contre le projet de loi privé C-517 présenté par le Bloc québécois sur l’étiquetage obligatoire des OGM. Les conservateurs ont voté contre et une majorité de libéraux aussi. Ce faisant, ces député-es ont servi les intérêts de Monsanto, la multinationale des OGM et des pesticides, aux dépens des Canadien-nes, qui continueront donc à ne pas savoir si leur assiette contient ou non des produits issus d'OGM. Le Canada continuera à ne pas faire partie de la quarantaine de pays qui ont adopté l'étiquetage des OGM (Union européenne, Chine, Japon…). Ainsi donc, notre droit fondamental à l'information alimentaire n'a pas été reconnu en dépit du fait que, sondage après sondage, de 80 à 95% des répondant-es appuient l'étiquetage obligatoire des OGM. Tous ces gens devront continuer à manger des OGM que ça leur plaise ou pas.
Conférence de presse du 5 mai 2008 organisée par Écosociété.
La transnationale minière canadienne Barrick Gold a mis ses menaces a exécution : elle a déposé une poursuite de 6 millions $ contre Alain Deneault, Delphine Abadie et Wiliam Sacher du Collectif Ressources d'Afrique et contre la maison d'édition Écosociété pour avoir publié Noir Canada : pillage, corruption et criminalité en Afrique. Une telle somme représente 25 fois le chiffre d'affaires annuel d'Écosociété. La plus importante société aurifère au monde - avec des profits nets de 1,73 milliard en 2007 - les accuse d'avoir lancé une campagne de diffamation visant à ternir sa réputation, "sans vérifier la véracité et la crédibilité d'informations extrêmement graves au sujet de Barrick". Écosociété a besoin d'appuis manifestés publiquement et de dons. Elle n'en n'interpelle pas moins le gouvernement du Québec afin qu'il agisse au plus vite contre ce genre de poursuite-bâillon. Écosociété mettra bientôt sur pied un site web pour recueillir des dons en argent et organisera des événements. Un comité de soutien sera bientôt créé. Les personnes qui souhaiteraient en faire partie sont invitées à contacter Delphine Abadie à abadied@yahoo.ca.
En avril 2008, le gouvernement Harper gelait la distribution de 500 000 exemplaires d'un livre intitulé Savoir plus et risquer moins, édité par le Centre québécois de lutte aux dépendances (CQLD). Les conservateurs n'aiment pas le ton nuancé du livre, qui informe les jeunes sur les drogues illégales, donne les faits, énumère les risques. Ils n'apprécient pas non plus qu'on y évoque les sensations agréables des drogues, plutôt que de se contenter de parler des conséquences négatives de leur consommation. Un million $ va donc pourrir dans des boîtes.
La Coalition spéciale pour l'égalité des femmes et les droits de la personne présente un court film d'animation sur des dossiers importants pour les femmes, tels que ceux des coupures aux garderies, de l'équité salariale, des compressions à Condition féminine Canada et de l'annulation du Programme de contestation judiciaire par le "nouveau" gouvernement conservateur de M. Harper, un gouvernement pourtant minoritaire.
Malgré des menaces de poursuite judiciaire de la part de la société minière canadienne Barrick Gold, les éditions Écosociété ont publié Noir Canada, Pillage, corruption et criminalité en Afrique. Sans avoir lu l'ouvrage, Barrick Gold menace d’intenter une poursuite judiciaire en diffamation contre les auteur-es du Collectif Ressources d'Afrique, l’éditeur Écosociété et les membres de son conseil d'administration. Le but de Barrick Gold semble d’empêcher la parution de l'ouvrage et, par conséquent, d'éviter la diffusion d'informations, pourtant déjà publiées par d'autres sources. On comprendra que les moyens financiers de la puissante société aurifère, en comparaison avec ceux des chercheur-es et artisan-es qui ont préparé cet ouvrage, lui permettent de procéder par intimidation.
En mars 2008, la Chambre des communes adoptait en deuxième lecture le projet de loi C-484, Loi sur les enfants non encore nés victimes d’actes criminels, à 147 voix contre 132. Ce projet de loi vise à modifier le Code criminel et à faire reconnaître comme une infraction le fait de blesser ou de causer la mort d’un enfant non encore né, donc du fœtus. Bien que ses défenseurs déclarent vouloir mieux protéger les femmes enceintes contre la violence, le cœur de l’enjeu est la reconnaissance des droits du fœtus. À l’heure actuelle, la définition d’un être humain se lit comme suit : «un enfant devient un être humain que lorsqu’il est complètement sorti, vivant, du sein de sa mère». L’adoption du projet de loi C-484 aurait pour effet d’ouvrir une brèche pour modifier cette définition pour donner un statut juridique au fœtus, ce qui risque également de mener vers la recriminalisation de l’avortement. Force est de constater que les groupes anti-choix se réjouissent du fait que ce projet de loi est un premier pas vers la reconnaissance des droits du fœtus et la recriminalisation du droit à l’avortement. Un appel à l'action de la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) qui ne prendra que quelques minutes de votre temps.
Le débat sur les accommodements raisonnables au Québec est construit sur un ensemble de fausses prémisses au sujet de la relation entre la majorité (le «nous») et les minorités (le «eux») et ce que «nous» pensons être le comportement correct pour «eux». Il s’agit du mauvais débat. Les accommodements raisonnables devraient commencer avec les droits en milieu de travail. «Accommoder raisonnablement» signifie la protection des droits fondamentaux, un salaire décent, la reconnaissance rapide des compétences et l’abolition des programmes de «travailleur saisonnier» qui bafouent les droits des travailleurs. Il est nécessaire de se rappeler que le Québec-Canada a été historiquement créé et développé «grâce» à la colonisiation des Premières Nations et l’exploitation des travailleurs migrants. Ces procédés se perpétuent impunément.
Une campagne d'envoi de cartes postales pour sauver des vies a été lancée par les personnes vivant avec le VIH/sida, leurs ami-es, leurs familles et les organismes de services de l'Alberta, de l'Ontario et du Québec, suite à la décision du gouvernement fédéral de couper, à travers le pays, le financement des organismes communautaires. Ce financement est utilisé pour offrir des services directs aux 62,000 Canadien-nes vivant avec le VIH/sida ainsi que des programmes d'éducation pour prévenir de nouvelles infections. En 2006, 2,508 Canadien-nes ont été diagnostiqués porteurs du VIH, soit 14% de plus qu'en 2001. Actuellement, on estime qu'environ 4,000 Canadien-nes sont infectés par le VIH chaque année. Le sida ne se guérit toujours pas et demeure une maladie débilitante et fatale.
L’adoption attendue de la motion visant à prolonger l’intervention militaire canadienne en Afghanistan, qui sera débattue à la Chambre des Communes le 13 mars 2008, est scandaleuse! À la suite d’une entente survenue derrière des portes closes entre conservateurs et libéraux, c'est la volonté d'une nette majorité de Canadien-nes – et d'une majorité encore plus forte de Québécois-es – qui sera bafouée en prolongeant une nouvelle fois la participation canadienne à la guerre en Afghanistan, cette fois-ci au moins jusqu'en juillet 2011. À terme, cela fera presque dix ans…
Le projet de loi C-484 visant à considérer le foetus comme une victime distincte lorsque sa mère est attaquée ou assassinée, qui avait alerté les groupes de défense du droit à l'avortement, a été adopté par un vote serré de 147 voix contre 132. Les conservateurs ont presque tous voté en faveur, à l'exception des ministres Josée Verner, Lawrence Cannon, Gordon O'Connor et de la députée québécoise Sylvie Boucher, qui ont voté contre. Le vote était libre du côté du Bloc québécois : les 45 bloquistes présents se sont levés pour dire non à cette initiative. Chez les néo-démocrates, seul Peter Stoffer a voté avec le gouvernement, les autres se sont opposés au projet. Chez les libéraux, 27 députés ont donné leur appui. Ce sont ces votes qui ont fait basculer la balance en faveur de l'initiative conservatrice. À noter que Stéphane Dion n'était pas en Chambre lors du vote. En tout, seulement 11 femmes ont voté pour. Le projet de loi est donc envoyé en comité parlementaire.
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