Que ferait-on de différent dans le pays du Québec? Le 11 mai, le député péquiste Bernard Drainville répondait au ministre libéral Alain Paquet qui lui posait la question. Je ne suis pas péquiste, n'empêche que j'ai été toute ouïe tout le long.
Mais qu'est-ce qu'on attend pour se donner un pays vraiment à nous autres? Quels bénéfices retire-t-on concrètement d'être une province canadienne? Même s'il y en avait, jamais je ne me sentirai Canadienne. Je suis 100% Québécoise avec un passeport canadien, deux déclarations d'impôt à faire chaque année et la nausée qui me monte chaque matin quand je lis la dernière initiative prise par les dinosaures aussi grossiers qu'obtus d'Ottawa.
Ce serait le fun si plein de vidéos du même genre se mettaient à circuler, avec toutes sortes de Québécois-es en train de répondre à la même question, non?
« 2011 fut l’année de l’indignation et de la révolte. Le printemps arabe a fait vaciller des autocraties, emporté des dictateurs, déstabilisé des régimes et poussé de nombreux autres à concéder des réformes. Les images de ces peuples arabes détrônant leurs oligarchies ont fait le tour du monde et donné l’exemple. (...)
Le mouvement s’est prolongé en Amérique du Nord, à partir de New York, autour de l’initiative Occupy Wall Street. Le mouvement entend s’attaquer aux grandes banques et aux entreprises multinationales qui dictent les lois d’une économie mondiale injuste qui hypothèque notre avenir à tous. Le mouvement s’est ensuite propagé à plus de 1 500 villes à travers le monde.
"Nous sommes dans une ère critique de notre histoire. Depuis trop longtemps, on prétend qu’il n’y a pas d’alternatives. Dans cette optique, le gouvernement nous présente ses nombreuses mesures d’austérité comme étant inévitables.
Pourtant, ces dernières semaines, le mouvement de grève étudiante a montré qu’il était possible de s’unir et de se tenir debout face à des politiques régressives imposées par un gouvernement corrompu et à bout de souffle. Le mouvement étudiant a ouvert une brèche, c’est maintenant à toute la société de s’y engouffrer pour clouer au pilori ceux qui s’enrichissent à nos dépens. Disons-le haut et fort, il est encore possible de rêver d’une société plus juste, plus libre, plus égalitaire; une société où tout ne serait pas régi par l’ennuyeuse course au profit. Le combat que l’on propose, c’est un combat contre l’austérité et son discours qui, ici comme ailleurs, martèle sans cesse qu’aucune alternative n’est possible.
Elles sont venues de la Côte-Nord. Elles ont marché 50 kilomètres par jour pour arriver à temps à Montréal pour le Jour de la Terre. Elles sont venues nous dire que les Innu-es se réapproprient leur terre et leur culture et qu'elles disent non au Plan Nord et au complexe hydro-électrique de la Romaine en chantier sans l'accord de l'ensemble des communautés innues. Une vidéo réalisée par les Alter Citoyens qui les a rencontrées à Montréal. Écoutez aussi la vidéo ci-dessous tournée lors du récent blocus de la route 138 auquel elles ont participé.
"Nous portons en nous un feu de foyer et du bois de poêle pour lutter contre la grande noirceur des idées individualistes chauffées au charbon. Nous sommes un boisé touffu; une sève sucrée nous coule par le corps fier, le corps enraciné comme un chêne, cet arbre qui a vu Radisson, Donnacona, qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours. C’t’histoire-là est pas arrivée à l’ami de l’ami d’un cousin, c’est not’ histoire tricotée serré avec de la laine d’outarde, histoire braquée sur le devenir ensemble, quelque chose comme le début d’une fin dans un pays qui a eu chaud longtemps, qui eut peur pour sa peau, mais qui cette fois reprend le large avec tout sauf une allure de porte-ordure." Un texte très fort de Julien Lavoie, alias Fermaille Tremblay, publié dans l'édition no 8 de la revue Fermaille.
À quelques semaines du prochain budget, la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics hausse le ton en bloquant la Tour de la Bourse, haut lieu de la finance montréalaise qui héberge notamment le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. L’action était appuyée par une manifestation de plusieurs centaines de personnes. Les groupes sociaux en ont ras-le-bol de ce gouvernement qui s’obstine à détourner la richesse de la population au profit des riches et des grandes entreprises. Selon la Coalition, des alternatives fiscales plus équitables existent afin de redresser les finances publiques, mais le gouvernement ne démontre aucune volonté de les mettre en pratique.
Ce clip de la Confédération des associations d'étudiant-es de l'Université Laval (CADEUL) présente les résultats d'une recherche de l'Institut de recherche en économie contemporaine sur l'impact de la hausse des droits de scolarité sur le coût du programme d'Aide financière aux études. Il en ressort que cette hausse va coûter cher aux étudiant-es sans pour autant rapporter grand chose à l'État : un maigre 0,2% du budget du Québec! Parce qu'elle engendrera des coûts pouvant aller jusqu'à 192 millions $, soit près de 60% des sommes additionnelles qui seront perçues. Le rapport compare aussi la performance de l'augmentation des droits de scolarité avec l'hypothèse inverse de la gratuité.
Dernièrement, j’ai profité d’un passage à Montréal pour aller visiter le campement des « indignés ». Je prévoyais d’abord distribuer rapidement des dépliants sur les méfaits liés à la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 et repartir. J'ai vite réalisé que si je voulais découvrir et comprendre ce qui s’y passait, le vivre, il me fallait prendre le temps de jaser avec les différentes personnes présentes.
« Affligé par la collusion entre ses élites politiques et les milieux d'affaires comme par une succession de gouvernements pauvres en idées, le Québec connait une époque de grisaille politique invraisemblable. L'élection récente par le ROC d'un parti aux idées particulièrement rétrogrades vient enfoncer le clou d'une léthargie historique. Pour une majorité de Québécois-es, les quatre prochaines années apparaissent comme une nuit interminable. Répondant à l'invitation du cinéaste Hugo Latulippe, 53 leaders se sont réunis d'urgence au printemps 2011 avec l'intention de commencer à reformuler un projet de société. Dans un lieu gardé secret, aux confins de l'hinterland québécois, ils s'adonnent à « une chasse aux mots nouveaux, aux mots qui fusent, aux mots avec un pays en-dedans ». Indignés, drôles, cinglants, ils rapaillent un peu de cette énergie intelligente qui abonde dans le Québec de tous les jours et composent devant nos yeux cet abécédaire libre, iconoclaste, de la République du troisième millénaire. »