Les dialogues de sourd-es sont nuisibles. Ils tuent. Ils mettent fin à ce qu'il y a de plus important dans le monde intelligent : l'écoute. L'amalgame des mots dialogue et sourd renvoie à une contradiction : il ne peut y avoir dialogue sans écoute. Les dialogues de sourd-es sont l'objet (et le titre) du dernier livre (éditions 1001 nuits) de Marc Angenot, directeur de la Chaire James McGill à l'Université McGill. Dans ce livre dense qui cumule 30 ans de travaux sur le discours social, Marc Angenot répond à plusieurs questions qui aident à comprendre comment fonctionnent les dialogues de sourd-es :
En avril 2008, le gouvernement Harper gelait la distribution de 500 000 exemplaires d'un livre intitulé Savoir plus et risquer moins, édité par le Centre québécois de lutte aux dépendances (CQLD). Les conservateurs n'aiment pas le ton nuancé du livre, qui informe les jeunes sur les drogues illégales, donne les faits, énumère les risques. Ils n'apprécient pas non plus qu'on y évoque les sensations agréables des drogues, plutôt que de se contenter de parler des conséquences négatives de leur consommation. Un million $ va donc pourrir dans des boîtes.
Les tigres et les chiens pissent pour délimiter leur territoire. Mimons-nous ces animaux? Je le crains, je le vois, je le sens. Quiconque crache dans la soupe s’en assure la propriété. Vous ne couchez pas dans des draps salis par un-e autre. Pour pouvoir recevoir ses clients, un hôtel, un restaurant, nettoient lit et serviettes. L’éthologie, science des conduites animales, comme les pratiques hospitalières – mais aussi l’histoire des religions, les techniques agricoles, même la sexologie… - montrent le rapport étrange et répulsif entre le sale et la propriété. Oui, notre propre, c’est notre sale. Dans Le Mal propre : polluer pour s'approprier?, Michel Serres dit que les pollueurs salissent le monde pour se l’approprier. Rien de changé depuis les chiens et les tigres! Comment pollue-t-on? Nous commençons à le comprendre. Mais pourquoi polluer? Ce livre répond à la question. Attachées aux questions de chimie et de médecine, les études actuelles sur l’environnement négligent ces projets d’expansion et d’emprise. Nos volontés d’appropriation sont dangereuses. Mais nous pouvons changer nos intentions.
Malgré des menaces de poursuite judiciaire de la part de la société minière canadienne Barrick Gold, les éditions Écosociété ont publié Noir Canada, Pillage, corruption et criminalité en Afrique. Sans avoir lu l'ouvrage, Barrick Gold menace d’intenter une poursuite judiciaire en diffamation contre les auteur-es du Collectif Ressources d'Afrique, l’éditeur Écosociété et les membres de son conseil d'administration. Le but de Barrick Gold semble d’empêcher la parution de l'ouvrage et, par conséquent, d'éviter la diffusion d'informations, pourtant déjà publiées par d'autres sources. On comprendra que les moyens financiers de la puissante société aurifère, en comparaison avec ceux des chercheur-es et artisan-es qui ont préparé cet ouvrage, lui permettent de procéder par intimidation.
Délocalisation, financiarisation, flexibilité du travail, partenariat public-privé, réingénierie… Tous ces mots font partie d’un discours banalisé et largement utilisé par les médias qui façonne nos esprits et brouille notre compréhension du monde si nous ne questionnons pas leur véritable sens. Comment la globalisation, qui vise à englober dans un marché mondial déréglementé toutes les ressources de la planète, s’est peu à peu imposée à toutes les sphères de nos sociétés? Quelles sont ses bases idéologiques? Comment fonctionne-t-elle et quels sont les impacts de ce nouvel ordre économique mondial sur les politiques gouvernementales et sur notre vie quotidienne?
Ce rapport est la culmination de la série d’événements et de discussions anti-racistes «Accommode donc ça!», qui avait pour objectif de remettre en question le climat de xénophobie entourant le supposé «débat» sur les accommodements raisonnables au Québec. Cette série d’événements s’inscrit dans la foulée de la mobilisation anti-raciste qui a eu lieu à l’automne 2007 à Montréal, pour dénoncer la Commission Bouchard-Taylor comme un forum basé sur des prémisses racistes et sexistes, et pour rejeter sa supposée fonction de «forum» alors qu’elle a agi comme une plate-forme ouverte au racisme béat.
Bande annonce du documentaire de Marie-Monique Robin (1h48); coproduction : ARTE France, Image et Compagnie, Productions Thalie, ONF (Canada), WDR (Allemagne).
En mars 2008, un documentaire de Marie-Monique Robin sur ce que Monsanto est en train de faire à la planète était lancé en France et en Allemagne. Dans ce documentaire à la fois passionnant, très documenté et courageux, cette journaliste d’investigation chevronnée fait voir les pratiques prédatrices de Monsanto. J'avais déjà entendu parler de cette multinationale, mais je n'avais pas trois ans devant moi pour faire des recherches aussi poussées afin de me faire une opinion articulée sur ce qui se passe à notre insu. Comme bien d'autres, je suis passée en partie à côté. Pas elle. Aujourd'hui, le réchauffement climatique me semble quasi dérisoire à côté, c'est dire.
On aurait cru que, depuis belle lurette, les femmes avaient conquis tous les terrains. «Je faisais partie de ces têtes heureuses et éternelles optimistes… Quand j’ai pris connaissance de la réalité à laquelle était confrontée la majorité des femmes cinéastes au pays, je suis tombée de mon petit nuage…», a indiqué Marquise Lepage. En effet, quelle ne fut pas notre stupeur en apprenant, dans une recherche lancée le 5 mars, que bien que les femmes représentent de 43 à 45% de la force étudiante en audiovisuel, les réalisatrices n’obtiennent respectivement que 10%, 11% et 14% des fonds de production du Fonds canadien de télévision, de Téléfilm Canada et de la Société de développement des entreprises culturelles! Lire la suite.
Le rapport final de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire pourrait bien s'intituler "Un projet de société pour le Québec". En effet, l'analyse qui y est faite de la nécessité absolue d'inscrire dorénavant la vie agricole dans un cadre rigoureux de développement durable interpelle non seulement le monde agroalimentaire mais également la totalité de la population, sans exception. En tenant compte par ailleurs des défis que pose la mondialisation des marchés ainsi que l'incontournable besoin d'une main-d'oeuvre étrangère au moment des principales récoltes, le rapport touche des problématiques qui dépassent largement les frontières traditionnelles de l'agriculture familiale de subsistance qui caractérisaient la vie rurale des générations antérieures.
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