Pour Paul Jorion, l'économie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux mains des économistes. Preuve en est faite avec La Survie de l'espèce, une BD percutante, drôle et pas complètement désespérée, mise en images par Grégory Maklès. En une succession de courts chapitres et d'analyses aussi pointues sur le fond que délirantes dans la présentation, Jorion brosse au vitriol un portrait érudit et rigolo de l'idéologie politique et de l'organisation de l'humanité qui s'acheminent vers leur extinction, et propose des idées pour l'éviter. Cela commence avec le procès de monsieur X, mercenaire zélé de la banque d'investissement Gloldman Sax, accusé d'avoir créé un produit financier à partir des créances les plus pourries du marché, qu'il a revendues sciemment à ses clients avant de parier sur l'effondrement de cette camelote. Pourquoi? Parce que ces clients étaient faibles et que le système dit M.A.F. (Mort Aux Faibles)! Ce qui nous rappelle quelque chose. Comment a-t-on bien pu en arriver là? Avec le Salarié, un petit jouet en plastique, le Patron, un général d'armée, et le Capital, un financier à haut de forme et gros cigare, Jorion et Maklès expliquent pourquoi et comment. Cyniquement, ironiquement et avec beaucoup d'humour noir, ils décortiquent l'invention du travail, le partage des richesses, le management, la Bourse et l'ultra libéralisme. En voici plusieurs planches : 1, 2, 3, 4, 5, 6.