Une nouvelle étude du Congrès du travail du Canada (CTC) révèle que les entreprises au Canada trinqueront le 1er février. Ce jour-là, grâce aux généreux cadeaux fiscaux offerts aux entreprises, elles auront versé leur part entière d’impôt à tous les niveaux de gouvernement pour toute l’année.
Ce clip de la Confédération des associations d'étudiant-es de l'Université Laval (CADEUL) présente les résultats d'une recherche de l'Institut de recherche en économie contemporaine sur l'impact de la hausse des droits de scolarité sur le coût du programme d'Aide financière aux études. Il en ressort que cette hausse va coûter cher aux étudiant-es sans pour autant rapporter grand chose à l'État : un maigre 0,2% du budget du Québec! Parce qu'elle engendrera des coûts pouvant aller jusqu'à 192 millions $, soit près de 60% des sommes additionnelles qui seront perçues. Le rapport compare aussi la performance de l'augmentation des droits de scolarité avec l'hypothèse inverse de la gratuité.
Alors que le gouvernement Charest prévoit alourdir l’endettement de la relève avec sa hausse de 1 625 $ des frais de scolarité, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) dévoile une note d’information et une recherche qui tirent la sonnette d’alarme sur l’impact négatif important du travail excessif en cours d’études, surtout dans un contexte où l’Aide financière aux études est déconnectée de la réalité. Les conclusions qu’on en tire sont alarmantes : les étudiant-es d’aujourd’hui travaillent non seulement plus que leurs aîné-es, mais encore 42,4% des étudiant-es travaillent plus de 20 heures par semaine, un seuil jugé critique pour la réussite académique par plusieurs chercheur-es. Lire leur communiqué.
Toutes les cinq secondes, un enfant meurt de faim. Près d’un milliard d’humain-es sur les sept que compte la planète souffrent de sous-alimentation. Pourtant, nous sommes en mesure de nourrir le double de la population mondiale. Nulle fatalité donc à cette destruction massive causée par la spéculation et la mainmise des multinationales sur les matières premières. Dans Destruction massive. Géopolitique de la faim, Jean Ziegler dénonce les marchés financiers. Entretien.
Dans cette puissante présentation de TEDGlobal, Rebecca MacKinnon décrit le conflit grandissant entre liberté et contrôle dans le cyberespace. Elle pose la question : comment définissons-nous la prochaine phase de l'internet, basée sur la responsabilité et la liberté plutôt que sur le contrôle? Elle pense que l'internet se dirige vers un épisode Magna Carta où les citoyen-nes partout dans le monde demandent que leur gouvernement protège leur liberté d'expression et leur droit d'être connecté. Reste à inventer comment. Traduit en français et dans une trentaine d'autres langues. Rebecca MacKinnon est l'auteure de Consent of the Networked: The Worldwide Struggle for Internet Freedom à paraître en janvier 2012.
La poursuite bâillon de Barrick Gold contre les Éditions Écosociété pour la parution du livre Noir Canada a été réglée hors-cour au terme d’une lutte judiciaire qui aura duré trois ans et demi. « Afin de mettre fin à la poursuite que Barrick Gold leur a intentée en avril 2008 pour un montant de 6 millions de dollars, et pour cette raison uniquement, les Éditions Écosociété cessent la publication du livre Noir Canada. Ce retrait ne saurait en rien constituer un désaveu du travail des auteures, Delphine Abadie, Alain Deneault et William Sacher, ou de l’éditeur ».
Une lettre ouverte d’un collectif d’auteurs publiée le 19 octobre dans le Devoir se conclut en ces termes : « les admissions exigées par Barrick révèlent en fait un aveu de faiblesse de la part de l’entreprise elle-même. Elle ne peut vaincre qu’en exerçant des pressions énormes sur ses opposants. Mais ce faisant, elle démontre qu’il s’agissait bel et bien depuis le début d’une poursuite visant non pas à réfuter mais à bâillonner les auteurs et à faire taire leurs interrogations légitimes ».
Alors que des dizaines de pays et des organisations internationales remettent en question l’usage du PIB pour mesurer la prospérité, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) préfère volontairement ne regarder qu’une partie de la réalité socio-économique du Québec en en faisant l’indicateur-phare de son Bulletin de la prospérité du Québec 2011. Dans une brochure intitulée Mesurer le progrès social : vers des alternatives au PIB publiée le 31 août, l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) montre que cette mesure comporte de nombreuses lacunes, pourtant connues depuis plusieurs années.
Suzan George, présidente d’honneur d’Attac-France et présidente du Conseil du Transnational Institute, était l’invitée de l’université d’été des Nouveaux cahiers du socialisme. Le 25 août, elle donnait une conférence à l’UQAM devant une salle bondée. L’essentiel de son propos, en bonne partie porté sur son plus récent livre Leurs crises, nos solutions (dont voici de courts extraits), a porté sur l’analyse de la crise financière qu’elle définit non pas comme une crise, mais comme une maladie chronique en évolution. André Frappier y a assisté. Lire son article ici. Voir aussi ci-dessus l'entrevue qu'elle accordait le 26 août à Radio-Canada et, ci-dessous, celle qu'elle donnait à France Culture le 27 mai 2010.
« Les biens communs sont le secret bien gardé de notre prospérité. Chacun les rencontre quotidiennement, en tous lieux. Chacun y a constamment recours dans ses activités économiques, en famille, en politique ou au cours de son temps libre. Ils font partie des présupposés tenus pour évidents de la vie sociale et économique, et demeurent pourtant largement invisibles. Ce sont leurs « cadets » qui retiennent entièrement l’attention du public : les biens privés, qui voyagent des usines aux centres commerciaux pour inonder les consommateurs, et les biens publics, planifiés et inaugurés un peu partout par les maires et chefs de gouvernement. La pensée économique est focalisée sur le va-et-vient de l’accumulation des biens privés. Le peu d’attention qui lui reste est consacré aux flux et aux reflux du budget de l’État, qui servent à payer les biens publics. Les biens communs, quant à eux, vivotent en marge des débats sur la prospérité de nos sociétés – et pourtant nul ne saurait s’en passer. »
« Le principe d’une économie fondée sur les biens communs : tous les acteurs ont la même influence et peuvent s’investir avec des droits égaux. Le principe d’une société fondée sur les capitaux : l’argent décide. Plus d’argent = plus d’influence. »
Intéressante entrevue de la gynécologue-obstétricienne Odile Buisson, co-auteure de Qui a peur du point G? Le plaisir féminin, une angoisse masculine avec Pierre Foldès, un spécialiste de la réparation des clitoris mutilés. Elle raconte que le clitoris, dont l’anatomie complète n’a été décrite qu’en 1998, reste un des seuls organes qui n’a pas été étudié en détail, et qui continue de susciter très peu de recherches, notamment en France. C'est ainsi que, quand un homme a des troubles de l’érection, on lui prescrit du Viagra, tandis qu'on conseille aux femmes d'aller voir un psychologue quand elles sont en panne de désir. Et quand un homme se blesse le pénis, on le soigne, tandis qu'on ne sait toujours pas comment soigner les femmes qui ont des lésions au clitoris. En fait, les hommes, y compris les chercheurs et les médecins, sont encore terrorisés par la jouissance féminine. Face à cette inertie des scientifiques, à la médecine très androcentrée et à cette excision intellectuelle, ces deux médecins français se sont penchés sur la question avec les moyens du bord. Entre autres, ils révèlent certains mystères du point G dont ils ont fait la première échographie. Pour en savoir plus sur ce livre. Voir aussi en ligne Le clitoris, ce cher inconnu, un documentaire d'ARTE (2004), et le site de la campagne Osez le clito!
Le système alimentaire mondial ne fonctionne que pour une minorité et laisse des milliards de personnes dans une situation d’impuissance et d’ignorance quant à ce qu'elles achètent et mangent. L’échec de ce système découle des échecs des États, de leur incapacité à réguler, corriger, protéger, résister, investir... laissant le champ libre à des sociétés, des groupes d’intérêt et des élites qui pillent les ressources et détournent financements, connaissances et denrées alimentaires.
Ce rapport d'Oxfam (dont voici un résumé) décrit une nouvelle période de crises : flambée des prix des denrées alimentaires et du pétrole, phénomènes météorologiques dévastateurs, récessions financières et contagion mondiale. Derrière chacun de ces chocs, des crises sous-jacentes continuent de couver : un changement climatique rampant et insidieux, des inégalités croissantes, une vulnérabilité et une faim chroniques, l’érosion de nos ressources naturelles.