9e Journée internationale de lutte à la violence faite aux travailleuses et travailleurs du sexe
La criminalisation du travail du sexe fait en sorte que chaque jour, les travailleuses et travailleurs du sexe au Québec sont criminaliséEs, incarcéréEs et privéEs du droit à la protection contre la violence. Ajoutant à cette injustice, ce sont les femmes qui vivent ou travaillent sur la rue, notamment les femmes racisées, transexuelles et toute autre personne trans qui écopent le plus souvent de la violence qui résulte de cette répression. Malgré ce constat, le gouvernement Harper dépense des fortunes pour lutter contre la décriminalisation en Cour, arguant qu’il n’a pas le devoir de protéger la sécurité travailleuses du sexe.
Nous réclamons :
Au gouvernement fédéral : la décriminalisation des activités liées au travail du sexe, sans distinction de nos métiers. La décriminalisation permettrait aux travailleurs et travailleuses du sexe d’avoir accès à des lieux de travail sécuritaires offrant la possibilité de s’organiser afin d’avoir de bonnes conditions de travail. D’après Émilie Laliberté de Stella : « La décriminalisation en Nouvelle-Zélande a permis aux travailleuses de sexe, particulièrement celles de la rue, de rapporter des agresseurs sans craindre qu’elles ou leurs clients se fassent arrêter. La décriminalisation nous permettrait ainsi de mettre fin au climat d’impunité qui rend les travailleuses du sexe des « cibles faciles » pour les agresseurs ».
Au gouvernement provincial et au gouvernement municipal : la suspension de l’application des lois criminalisant le travail du sexe.
La violence contre les travailleuses du sexe est une honte nationale au Canada et au Québec! Ne passons pas sous silence le taux élevé de violences commises envers les travailleuses du sexe. D’après Statistique Canada, les meurtres de travailleuses du sexe ont augmenté depuis les meurtres en série de Pickton. Entre 2001 et 2005, les quatre dernières années pour lesquelles elles le recensaient, Statistique Canada a compté 43 meurtres de travailleuses du sexe.
Au Québec, le groupe Stella a recensé 15 meurtres de travailleuses du sexe depuis 2001, dont trois femmes autochtones et une personne travestie. À Ottawa, la police a annoncé il y a quelques semaines qu’un tueur en série ciblerait possiblement les travailleuses du sexe de la région d’Ottawa-Gatineau. Une travailleuse du sexe autochtone québécoise a été tuée à Gatineau en 2006 et serait peut-être l'une des victimes d’un tueur en série. La police met en garde les travailleuses du sexe de travailler en groupe et dans des endroits qui ne sont pas isolés : le problème étant pour beaucoup de travailleuses du sexe que ces situations plus sécuritaires les exposent, ainsi que leurs clients, à la répression policière et à la criminalisation.
La criminalisation du travail du sexe nous expose à la violence.
La décriminalisation sauve des vies.
À propos de Stella
Stella est un groupe communautaire créé et géré par et pour des travailleuses du sexe de Montréal. Depuis 1995, les travailleuses du sexe impliquées à Stella luttent dans le but d’améliorer les conditions de vie et de travail des travailleuses du sexe, promouvoir leur santé et faire respecter leurs droits humains.
Source : Stella, 12.2011
Pages reliées :
Des travailleuses du sexe «occupent» le Red Light montréalais, La Presse canadienne, Le Devoir, 19.12.2011
Manifestation pour la décriminalisation de la prostitution, Radio-Canada, 17.12.2011
Des travailleuses du sexe dénoncent la violence, Valérie Simard, La Presse, 17.12.2011
Des manifestations partout au pays, TVA Nouvelles, 17.12.2011
Manifestations dans les grandes villes canadiennes, Journal de Montréal, 17.12.2011
Les travailleuses du sexe et la violence, Le Devoir, 15.12.2011



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