Le 29 mai avait lieu une colorée marche des salopes organisée par Glam Gam Productions, appuyées par Stella, et à laquelle participait l’Alliance féministe solidaire pour les droits des travailleuses(rs) du sexe (quatre d'entre nous apparaissent sur la photo de Marilyne Huhu ci-dessus). Après la marche, un spectacle au bénéfice de Stella avait lieu au Drugstore.
Voici le manifeste tiré du site web de SlutWalk Toronto :
PARCE QUE NOUS EN AVONS RAS-LE-BOL!
Le 24 janvier 2011, un représentant du service de police de Toronto a offert un aperçu choquant de l'opinion des forces de l'ordre sur les agressions sexuelles en déclarant que "les femmes gagneraient à ne pas s'habiller en salope afin d'éviter de se faire agresser".
Étant donné sa position en tant que principal service de protection de la ville, la police de Toronto a failli à son devoir en perpétuant le mythe et le stéréotype de "la salope qui a cherché après". L'agression sexuelle étant déjà un crime trop peu dénoncé, les survivant-es ont encore moins de raisons de la signaler à la police de peur de se faire blâmer. Le fait d'être agressée n'a rien à voir avec une tenue vestimentaire; ça n'a également rien avoir avec le sexe. Cependant, le fait d'utiliser un terme péjoratif afin de justifier une conduite inexcusable crée un climat où il est acceptable de faire porter le blâme aux victimes.
Historiquement, le terme "salope" a porté une connotation surtout négative. Cette désignation vise celles et ceux qui sont sexuellement actifs, que ce soit par plaisir ou par travail, et ce sont majoritairement les femmes qui ont souffert du fardeau de cette étiquette. Qu'il soit utilisé comme une critique sévère à l'égard du caractère d'une personne ou comme une banale insulte, l'intention derrière ce mot est toujours de blesser. Voilà donc pourquoi nous le réclamons. "Salope" est maintenant réapproprié.
Nous en avons assez de nous faire dire que nous sommes artisan-es de notre propre malheur, de nous faire juger à cause de notre sexualité et de nous sentir moins en sécurité comme résultat. Le fait d'être en contrôle de notre vie sexuelle ne devrait pas être considéré comme une invitation à la violence, peu importe si nous avons des rapports sexuels par plaisir ou dans le cadre de notre travail. Personne ne devrait comparer le travail du sexe avec une invitation ouverte aux agressions sexuelles.
Nous sommes un mouvement qui exige que notre voix soit entendue. Nous sommes ici pour dénoncer les attitudes de nos corps policiers et exiger des changements. Nous voulons que le service de police de Toronto adopte des mesures sérieuses pour retrouver notre confiance. Nous voulons nous sentir respecté-es et protégé-es si nous devons avoir recours à leurs services et nous voulons surtout être assuré-es que ceux et celles en charge de notre sécurité ont une vraie compréhension de ce que signifie de vivre une agression sexuelle, que la personne soit une "salope" ou pas.
Nous sommes lasses des discours de langue de bois et des excuses qui les accompagnent. Nous désirons un dialogue intelligent et pour ce faire, NOUS CONVERGEONS en tant qu'individu-es de toutes expressions de genre et orientations sexuelles, de races, d'âges, de capacités physiques et de milieux, des quatre coins de cette ville et de partout ailleurs.
Nous vous demandons de vous joindre à nous lors de la Marche des salopes afin de dénoncer publiquement les agressions sexuelles, faire valoir les droits des victimes et exiger le respect pour toutes. Que vous vous identifiez en tant que salope ou que vous soyez simplement un-e allié-e - vous n'avez pas à porter vos inclinaisons sexuelles sur votre manche - nous vous demandons seulement de venir. Peu importe votre identité sexuelle ou votre âge, célibataires, couples, parents, soeurs, frères, enfants, ami-es, venez marcher, rouler, défiler, vous pavaner et crier avec nous.
Joignez-vous à nous et aidez à propager le message que les personnes victimes d'agressions sexuelles n'en sont jamais responsables, peu importe les circonstances.
> Page facebook de l'événement
Pages reliées :
300 « traînées » marchent à Montréal, Sarah Bélisle, TVA, 29.05.2011
Des Montréalais dans la rue pour se joindre à une marche planétaire, David Santerre, Rue Frontenac, 29.05.2011
« Mais Julie, tu portais une robe dans la classe de gym! », Julie Marceau de l'AFS, 29.05.2011
Prise de parole au nom de Stella lors de la Marche des salopes, Émilie Laliberté, 29.05.2011
SlutWalk movement comes to Montreal, CTV Montreal, 29.05.2011
SlutWalk Montreal joins the international movement to turn the word “slut” into a complimentary term, Joanne Penhale, Mirror, 26.05.2011
Thousands set to march in Montréal’s SlutWalk this Sunday, Jordan Arseneault, 24.05.2011
Sparks of a new women's movement, Elizabeth Schulte, 17.05.2011
La « SlutWalk » : se réapproprier l’insulte pour en détourner le sens, kickaction.ca, 06.04.2011



Commentaires