Laura Agustin, une anthropologue qui habite actuellement en Suède, a mis en ligne des articles en français sur l'évaluation de la loi suédoise contre l’achat de sexe adoptée en janvier 1999. Ce modèle législatif qui criminalise les clients est devenu célèbre à cause des prétentions du gouvernement suédois sur son efficacité comme méthode pour abolir la traite humaine, l’exploitation sexuelle, voire même la prostitution. Mais ces prétentions n’ont pas été prouvées par l’évaluation gouvernementale publiée en juillet 2010.
Grandes prétentions, peu de preuves : la loi de la Suède contre l’achat de sexe
Un nouvel examen de l’interdiction de la Suède d’acheter du sexe fournit peu de preuves que la politique de prohibition a fonctionné, mais peu de politiciens osent faire remarquer ses échecs évidents.
Le rapport suédois se base sur des chiffres erronés sur la prostitution de rue au Danemark
C’est sur la base de chiffres erronés que le rapport suédois conclut qu’il y a eu une forte augmentation du nombre de travailleuses du sexe dans les rues au Danemark, en vue de faire voir ce pays comme le "bordel des pays nordiques" à côté du "paradis suédois".
Lire la suite "L'efficacité de la loi suédoise contre la prostitution et la traite toujours pas prouvée 12 ans plus tard!" »
Déposé en décembre 2010, l'avant-projet de loi sur l'aménagement durable du territoire et l'urbanisme, qui vient moderniser la poussiéreuse Loi sur l'aménagement et l'urbanisme adoptée en 1979, précise notamment que « Le plan d’urbanisme peut délimiter toute partie de son territoire qu’il juge devoir prioritairement faire l’objet de rénovation urbaine, de réhabilitation ou de densification, qu’il définit en tant que zone franche d’approbation référendaire et à l’intérieur de laquelle aucune modification réglementaire ne sera sujette à l’approbation référendaire ». Notons qu'il ne définit pas ce qu'est une zone franche.
Ce qui fait l'affaire de l'Union des municipalités du Québec, qui souhaitait que la nouvelle loi garantisse « la participation des citoyens aux débats publics sur les projets, en amont, sans leur permettre de contrôler l’entrée en vigueur des choix politiques des élus » afin de « bâtir un partenariat performant entre les citoyens et les élus dans la poursuite de l’intérêt collectif ». L'Institut de développement urbain du Québec (IDU Québec), un lobby de promoteurs, accueille aussi favorablement l'avant-projet de loi, tout comme l'ensemble des milieux municipaux et des urbanistes.
Lire la suite "Vers des « zones franches d’approbation référendaire » dont vous n'avez jamais entendu parler" »
À l'heure où de nombreux débats publics ont cours concernant l’exploitation des ressources naturelles et énergétiques au Québec - gaz de schiste, pétrole, mines, uranium, nucléaire, autant d’enjeux qui animent actuellement les Québécois-es - la poursuite de 350 000 $ de Pétrolia contre Le Soleil et Ugo Lapointe est déraisonnable et abusive, et risque de nuire grandement à la liberté d’expression et à la participation des citoyen-nes aux débats publics. En effet, l'intimidation judiciaire a un impact non seulement sur les personnes poursuivies, mais aussi sur la liberté de presse, le droit du public à l'information et à la démocratie participative. Il est donc essentiel que les citoyen-nes puissent participer aux débats publics sans intimidation.
Lire la suite "Ugo Lapointe et Le Soleil victimes d'une poursuite bâillon" »
C'est le secteur privé, et non les patientes, qui sort grand gagnant du programme de procréation assistée mis en place par le gouvernement du Québec. Voilà ce que révèle une note socio-économique de l'Institut de recherche et d'informations socio-économique (IRIS) publiée le 27 avril. Ce programme de procréation assistée finance largement des soins ultra-spécialisés dont les conséquences coûteuses sont après coup renvoyées au public.
Lire la suite "Programme de procréation assistée : le secteur privé sort grand gagnant" »
En cette période où les contribuables remplissent leur déclaration de revenus afin de contribuer au financement des infrastructures et des services publics, il est pour le moins révoltant de constater que des milliards de dollars échappent à l’État canadien par l’utilisation croissante des paradis fiscaux. Depuis bon nombre d’années, ceux-ci permettent aux grandes entreprises et aux très riches contribuables de contourner de façon scandaleuse leurs obligations fiscales. À titre d’exemple, la Banque CIBC, dans son dernier rapport annuel, se félicitait d’avoir pu économiser plus de 820 millions de dollars en impôts grâce à ses filiales au sein des paradis fiscaux. Quels gestes concrets les principaux partis politiques fédéraux s’engagent-ils à poser pour mettre un terme à cette injustice fiscale et démocratique?
Lire la suite "Paradis fiscaux - Quel parti politique mettra fin au scandale?" »
Comme n'importe quel mouvement social ou parti politique, qu'il soit de droite ou de gauche, le mouvement des femmes n'est pas à l'abri de l'autoritarisme. Selon l'anthropologue Laura Agustin, qui habite actuellement en Suède, le féminisme radical suédois des années 1960 a pris une direction telle qu'Orwell aurait pu l'appeler Grande Soeur, les désaccords n'y étant pas permis. En raison de la barrière de la langue, on ne voit jamais circuler des infos en français sur l'autoritarisme du mouvement des femmes suédois et sur son impact discutable sur certaines politiques du pays, dont l'adoption d'une loi qui criminalise les clients des prostituées.
J'ai hésité à diffuser le documentaire The Gender War d'Evin Rubar (en ligne ci-dessous) sur ces influentes féministes autoritaires, parce qu'il ne peut que faire l'affaire des anti-féministes. Mais ce qui se passe avec le féminisme suédois n'a pas forcément à arriver ici ou ailleurs, comme le souligne aussi Laura Agustin. N'empêche que c'est une dérive qu'on pourrait peut-être voir s'installer un jour au Québec, entre autres si les féministes abolitionnistes - bien représentées par la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES), le Conseil du statut de la femme et Sisyphe - continuent d'influencer de plus en plus le mouvement des femmes d'ici (quoique je doute fort qu'il soit possible qu'il devienne aussi dingue qu'en Suède).
Lire la suite "Le mauvais exemple du féminisme autoritaire suédois" »
Nous assistons actuellement à une surenchère de « qui sera le plus à droite » : le Parti conservateur de Harper, le gouvernement Charest, le Réseau Liberté-Québec et ses ami-es de l'Institut économique de Montréal, le Sun News Network ou encore la Coalition pour l'avenir du Québec, avec sa proposition de rémunération basée sur la performance des enseignant-es?
Selon certain-es, leurs idées seraient rafraîchissantes alors que, comme le montre Christian Bordeleau dans ce Devoir de philo, « Jadis comme aujourd'hui, ce que la droite veut, en partie, en matière de finance, ce n'est pas moins d'État mais moins de redistribution, via l'impôt progressif, de ce que l'État leur a permis d'accumuler grâce à sa protection. Et pour cause. Régulièrement, la droite veut plus d'État pour lutter contre la criminalité (le gouvernement Harper, par exemple). » Alors que « les revenus de l'impôt progressif servent à offrir des services et des programmes non pas gratuits, comme certains le décrient, mais payés équitablement. »
Lire la suite "Un État aminci, des marchés concurrentiels et la liberté de choix : des idées rafraîchissantes?" »