Une organisation de travailleuses et travailleurs du sexe d'Ottawa demande que la Commission ontarienne des droits de la personne se penche sur les abus de pouvoir répandus de la force policière. Un nouveau rapport cosigné par une criminologue de renom révèle des incidents où la police d'Ottawa a intimidé et violenté les travailleurs et travailleuses du sexe de la ville. Il démontre aussi que les lois sur la prostitution du Canada les mettent en danger et nourrissent les préjugés à leur égard.
Le rapport commissionné par POWER (Prostitutes of Ottawa, Work, Educate and Resist) présente des entrevues avec plus de 40 travailleuses et travailleurs de la région et constitue l'étude la plus complète dans le domaine pour la ville d'Ottawa. Cosigné par la criminologue Chris Bruckert et par Frédérique Chabot, le rapport Challenges: Ottawa Sex Workers Speak Out démontre que :
• La force policière d'Ottawa harcèle, intimide et agresse régulièrement les travailleurs et travailleuses du sexe. Il documente des dizaines de cas où les policiers ont abusé de leur pouvoir en les conduisant dans des endroits éloignés pour les obliger à rejoindre la ville à pied, en harcelant leur entourage et en effectuant des fouilles corporelles dégradantes et illégales.
• La criminalisation du travail du sexe place les travailleuses et travailleurs du sexe d'Ottawa dans une situation très précaire. Le rapport confirme le récent jugement Himel qui a aboli les lois canadiennes sur la prostitution. Il démontre que la criminalisation fait en sorte que les travailleurs et travailleuses d'Ottawa craignent la police et sont peu portés à signaler les agressions. Plus encore, l'interdiction qui leur est imposée de ne pas fréquenter le quartier où ils ou elles travaillent comme condition de libération ou comme "promesse de comparaitre" signifie qu'ils ou elles sont exclus de leurs demeures, de leurs communautés et des services de soutien.
• Les travailleurs et travailleuses de sexe d'Ottawa souffrent de stigmatisation et de discrimination ce qui a pour effet de limiter leurs options actuelles et futures. Le rapport fait mention de beaucoup d'instances où des travailleuses et travailleurs ont perdu leur emploi ou été aliénés de leurs familles à cause d'un casier judiciaire ou parce que la police a dévoilé qu'ils ou elles oeuvraient dans l'industrie du sexe.
POWER exige que le service de police d'Ottawa cesse d'appliquer les lois sur la prostitution et arrête de harceler les travailleuses et travailleurs du sexe. POWER, qui collabore avec le cabinet féministe d'avocates Galldin Law, demande à la Commission ontarienne des droits de la personne qu'une enquête soit menée sur le traitement réservé aux travailleurs et travailleuses du sexe par la police d'Ottawa.
"La force policière d'Ottawa doit être tenue responsable pour ses pratiques discriminatoires et le rôle qu'elle joue en encourageant la perpétration de stéréotypes négatifs au sein de la communauté", dit l'avocate Karin Galldin, qui a travaillé avec POWER pour soumettre leur plainte à la Commission.
Selon Chris Bruckert, "le rapport démontre clairement comment la criminalisation du sexe consensuel entre adultes viole non seulement les droits humains des travailleuses et travailleurs mais les place aussi à risque de violence."
Source : POWER, 01.12.2010



Même quand nous portons plainte en déontologie, il faut tout pour briser votre démarche de façon subtil et aussi en jouant sur délais, c'est une exérience affreuse et très humiliante,
Rédigé par : Manon | 23.05.2011 à 16:57
Ah si c'était si simple! Une plainte en déontologie est un processus complexe. Et encore moins attrayant quand on exerce une activité criminalisée, qu'on a donc intérêt à rester anonyme, et qu'on est aussi stigmatisée, méprisée. Je craindrais aussi des représailles de policiers qui ne se gênent déjà pas pour abuser salement de leurs pouvoirs sans que la Déontologie soit sur leur dos.
Rédigé par : Nicole Nepton | 21.04.2011 à 18:24
S'il y a un abus de la part des policiers-immédiatement portez plainte à la Commission de la déontologie policière.
Cette plainte restera dans le dossier d'un policier toute sa vie.
Rédigé par : ami | 20.04.2011 à 23:14