par Bernard St-Jacques, organisateur communautaire au Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM)
La Commission des droits de la personne devra en faire encore plus afin que ses costaudes recommandations sur le profilage social trouvent leurs échos auprès des autorités.
Phil vient tout juste d'éviter le pire! Il en a pour 35 000$ en contraventions reçues dans les dernières années, dont plus des deux tiers à Québec. La moitié de ce montant faisait l'objet, il y a encore quelques jours, d'un mandat d'emprisonnement pour amendes impayées. De son passé de « criminel notoire » à faire du squeegee et à se retrouver dans les parcs, il n'en a conservé que l'habit.
N'importe quel policier de la province qui l'aurait arrêté en voyant sa bouille de punk marginal aurait donc pu le mettre « en dedans » pour une partie des contraventions de Québec, ce qui lui aurait valu un séjour en prison d'environ 700 jours (près de deux ans)! Notre ami a eu peur! Normal. L'intervention judiciaire des derniers jours a permis de changer la donne. Comme le ridicule ne tue pas, le juge a transformé les 23 mois de prison de Phil en près de 5 mois de travaux à 35 heures/semaine. S'il veut tout régler, c'est plus de 7 mois à temps plein de travaux qui l'attendent. Loin d'être unique, ce cas de figure bien réel peut nous donner une idée de l'étendue des conséquences du profilage social.