Réalisé par Katerine Martineau et diffusé par Vidéo distorsion, ce documentaire déconstruit l’argumentaire masculiniste de participant-es au lancement du livre 300 000 femmes battues, y avez-vous cru? qui avait lieu le 11 mai 2010. Voici ce qu'elle en dit : « Le point de vue de ce livre, tenu par des auteur-es masculinistes (dont le fondateur du mouvement L'après-rupture), dénonce l'omniprésence du mouvement féministe au Québec. En effet, selon elles et eux, le féminisme est à la base de la plupart des conflits sociaux, judiciaires et familiaux, et serait allé jusqu'à diaboliser les hommes. C'est le temps de repenser le masculin, cet être dénaturé en voie d'extinction menacé par la lutte pour l'égalité entre les sexes. Munie de ma caméra, je me suis infiltrée au lancement pour recueillir leur point de vue. Les trois heures passées en leur présence m'ont fait frissonner à quelques reprises et m'ont poussée à aller chercher un contre-argumentaire féministe. À vous maintenant de découvrir cet univers. » Avec la participation de Francine Descarries.



Bonjour Katerine,
Pourquoi dans votre documentaire, fort intéressant au demeurant, avez-vous jugé opportun d'insérer, au niveau sonore, des "cris" de femmes, qui ressemblent à des lamentations, des gémissements?
C'est très succinct mais ça n'a pas échappé à mon oreille et ça me dérange, je vous l'avoue, car je n'associe pas ces cris, lamentations, etc, à quelque chose qui pourrait nourrir positivement le documentaire; au contraire, je trouve ça dérangeant, très dérangeant. Ces lamentations, ces gémissements, sont des référents fort ambigüs qui évoquent à la fois le plaisir ultime et la douleur, dans un contexte de violence sexuelle. C'est un élément satellite à votre film, pourtant, c'est une composante qui a provoquée en moi plus de malaises que les propos des masculinistes que j'y ai entendus.
(Je questionne ici un choix artistique de la réalisation, et non le contenu ni le contexte du documentaire, bien que tous les éléments d'une composition, si petits soient-ils, reflètent en quelque sorte notre positionnement en tant qu'auteur/réalisateur/ etc vis-à vis de ce qu'ils évoquent socialement).
Bien à vous,
Rédigé par : Mylène Beauregard | 04.10.2010 à 09:44