À Guantanamo comme en Irak ou en Afghanistan, le gouvernement Bush a institutionnalisé la torture. Aujourd'hui ses représentant-es devraient-ils être poursuivis pour crimes de guerre? C’est à cette question que tente de répondre Torture made in USA (un documentaire en français) qui s’appuie sur des entrevues de témoins-clés et les archives des auditions parlementaires conduites en 2004 et 2008. Cette enquête de la journaliste Marie-Monique Robin, auteure du Monde selon Monsanto, décortique la machine qui a conduit les États-Unis à légitimer et utiliser massivement et systématiquement la torture, pourtant aussi inefficace qu'indéfendable d’un point de vue éthique et moral.
Peut-on croire qu’au 21e siècle, des hommes exigent le retour aux valeurs ancestrales du patriarcat : les femmes à la cuisine et les hommes au pouvoir? Peut-on imaginer que des jeunes femmes instruites recherchent un compagnon dominant? Que penser d’hommes qui subissent une opération d’allongement du pénis? Si ces tendances peuvent de prime abord sembler marginales, dans La domination masculine, Patric Jean démontre que l’illusion de l’égalité cache un abîme d’injustices quotidiennes que nous ne voulons plus voir et où chacun-e joue un rôle.
Lors du tournage, Patric Jean a rencontré des masculinistes québécois en se faisant passer pour un sympathisant (voir les vidéos ci-dessous; notez qu'il ne s'agit pas de séquences du film). Certains y voient un système d'espionnage impliquant des gouvernements, le Conseil du statut de la femme, les Chiennes de garde... Paranoïa quand tu nous tiens. La source? Le blogue de Marc Lépine tenu par des anti-féministes encore plus réacs que l'Après-rupture et Gars Content d'Yves Pageau rencontrés par Patric Jean. Des "mous" qui s'opposent à l'instauration d'une milice masculiniste au Québec. Une milice?
Pour qu'une société fonctionne, ça prend de "vrais" hommes et de "vraies' femmes.
En matière de transsexualité, les tabous et préjugés ne manquent pas. Résultat : 78% des personnes transsexuelles auraient été victimes de harcèlement verbal et 48% auraient été agressées physiquement (les "auraient" s'expliquent parce que ces statistiques sont partielles). Alors ce n'est pas une perte de temps que d'écouter Axel Léotard, auteur du récit autobiographique Mauvais genre, et Viviane Namaste de l'Institut Simone-de-Beauvoir parler de transsexualité avec Dominique Poirier.
La Coalition pour un moratoire sur le Taser devient officiellement la Coalition pour le retrait du Taser, suite aux nouveaux développements dans le dossier du pistolet à impulsion électrique Taser. En effet, en septembre 2009, la compagnie Taser International recommandait de ne pas viser la poitrine et reconnaissait que cette arme pouvait entraîner un arrêt cardiaque. «Il est clair aujourd’hui que la demande d’un moratoire n’est plus pertinente puisque le fabricant lui-même avoue que cette arme peut entraîner la mort. Face à cet aveu, nous demandons le retrait du pistolet Taser», déclarait Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés.
Depuis une semaine, le Québec est replongé dans un grand débat opposant le droit à l’égalité et le droit à la liberté de religion. Les médias ont rendu publiques certaines pratiques d’accommodement qui sont pour le moins troublantes parce qu’elles remettent en cause le principe d’égalité homme-femme et la mixité dans l’espace public.
Pour la Fédération des femmes du Québec (FFQ), il y a véritablement plusieurs débats qui sont en cours : celui sur les accommodements raisonnables et l’égalité homme-femme, celui sur la laïcité et, finalement, un débat que personne ne veut faire, soit celui sur l’intégration des personnes immigrantes à la société québécoise.
Le prix Nobel d’économie a été décerné le 12 octobre 2009 à Elinor Ostrom, qui travaille sur les « Communs », cette forme spécifique de propriété et de gouvernance qui place les décisions collectives des « communautés » au centre du jeu socio-économique. Cette question des biens communs a longtemps été ignorée par la science économique, par la politique et par les mouvements sociaux, mais elle est en passe de redevenir un « outil pour penser » majeur.
Le prix Nobel d’économie a été décerné le 12 octobre 2009 à Elinor Ostrom et Oliver Williamson. Leurs travaux, quoique très différents, s’écartent des travaux de modélisation économique appuyée sur le modèle néo-classique, mais portent sur un « retour au réel ». Ils prennent en compte des interactions humaines et leurs effets, pour Williamson dans le cadre de la firme et pour Ostrom dans le modèle des biens communs, en s’échappant du modèle de la « rationalité économique » qui a longtemps prévalu dans les constructions mathématiques à la mode au cours de la décennie précédente. C’est une confirmation du changement d’orientation des Nobels entamé par la reconnaissance du travail de Paul Krugman l’an passé. Un changement qui va dans le sens d’un rapprochement entre l’économie et la politique, dans le même ordre d’idée que l’attribution du Prix Nobel de la Paix accordé au financier alternatif Mohamed Yunus précédemment. L’économie n’est plus cette théorie univoque qui servirait de hochet aux politiciens en mal d’instruments de pression sur les peuples (le « There is no alternative » de Margaret Thatcher, repris sous toutes ses formes par nos dirigeants néo-libéraux de tous bords depuis presque trente ans). Les décisions des humains de construire ensemble leur mode de production et de trouver des règles qui ne ressemblent pas à l’imagerie du marché afin d’autogérer leur actions communes pourraient enfin revenir au centre de la réflexion.
Nous félicitons les trois travailleuses du sexe de Toronto qui font un recours judiciaire contre la criminalisation du travail du sexe devant la Cour supérieure de l’Ontario en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés.
Nous sommes un groupe par et pour les travailleuses du sexe qui travaillons depuis 15 ans pour la santé et les droits humains de notre communauté. Nous offrons des services sur la rue, dans les piaules et piqueries, en prison, dans les agences d’escortes, dans les salons de massage et dans les bars de danseuses à tous les jours. Nous avons plus de 6000 contacts par année avec les travailleuses du sexe et, à tous les jours, nous sommes confrontées aux répercussions de la criminalisation du travail du sexe : comment ça rend presqu’impossible de travailler dans un environnement sécuritaire, d’avoir accès à la protection policière, de voir nos droits respectés.
«Vendre son corps»… Une expression que nous servent ad nauseam les opposants à la décriminalisation du travail du sexe, nous prouvant ainsi tout le mépris qu’ils ressentent envers nous, travailleuses du sexe. Pourtant, moi qui suis directement concernée puisque je suis escorte indépendante depuis maintenant trois ans, je n’ai jamais eu l’impression de vendre mon corps à qui que ce soit. Je fais un métier que j’aime et que j’ai choisi. Les hommes que je rencontre dans ce cadre sont pour la plupart respectueux et soucieux que je me sente à l’aise avec eux. En tout temps, je suis celle qui détermine les limites de notre rendez-vous. Mon corps n’appartient qu’à moi et ce que j’offre à mes clients, ce sont des services érotiques teintés de tendresse et de chaleur humaine. Nous sommes loin de l’image sordide et dégradante que certains croient représentative d’une réalité qu’ils ne connaissent pas ou partiellement.