Ces temps-ci, on entend beaucoup parler des pirates somaliens, mais l'histoire n'est jamais racontée par des Somalien-nes. Dans cet article, K’naan, un artiste hip-hop canadien originaire de Somalie, explique pourquoi les Somalien-nes ne condamnent par les pirates. Quand on sait que des entreprises occidentales ont détruit la vie aquatique des eaux somaliennes et la santé de Somalien-nes, on voit les choses autrement.
En 1991, Achair Partners, une société suisse, et Progresso, une entreprise italienne, se sont entendues avec Ali Mahdi, alors président intérimaire du pays, pour jeter des conteneurs de déchets dans les eaux somaliennes. Une pratique toujours en vigueur. Ces compagnies paient aux chefs de guerre 3$ la tonne de déchets - incluant de l'uranium, des déchets radioactifs et chimiques, du plomb, du cadmium et du mercure - alors qu'il en coûte plutôt 1 000$ la tonne en Europe. Après le tsunami de 2004, des milliers de Somalien-nes de la région du Puntland ont commencé à se plaindre de toutes sortes de maux - nausées, saignements abdominaux, éruptions cutanées, bébés malformés, etc. Quelques mois après, les pêcheurs locaux se mobilisaient et s'alliaient avec des milices pour aller rançonner les bateaux occidentaux. Les pêcheurs voulaient avant tout protéger leurs eaux ou prélever une «taxe» sur les pilleurs. Depuis, les objectifs des pirates sont devenus moins nobles. Ils ont pris goût aux rançons. Et l'économie du pays dépend d'eux en bonne partie.
On n'arrivera pas à se débarrasser des pirates en continuant d'empirer illégalement le désastre environnemental, de produire une nouvelle génération de cancéreux et de piller leurs ressources alimentaires en pêchant illégalement dans ces eaux. En fait, cette crise est une question de justice, fort inégale jusqu'ici.
Pages reliées :
Piraterie - Le plan américain, Radio-Canada, 15.04.2009
La piraterie en Somalie est née pour protéger le pays du pillage occidental, par Johann Hari, 13.04.2009




La piraterie a une longue histoire, et pas seulement une histoire romanesque aux Antilles dans le sillage de l’ « Ile au Trésor » et de Barbe-Noire. A propos de piraterie barbaresque, par exemple, voici le récit d'une attaque perpétrée au large du Liban actuel, rapportée par le chevalier d'Arvieux en 1660 :
http://www.villemagne.net/site_fr/jerusalem-chevalier-d-arvieux.php#010
Rédigé par: Cesco | 20.06.2009 à 12:05