Face au silence et à l’inaction des leaders et élu-es sur l’ensemble des enjeux que posent le développement de mégamines à ciel ouvert en Abitibi-Témiscamingue, des citoyen-nes regroupés au sein de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine ont réalisé cette courte vidéo. Malartic est une ville de l'Abitibi-Témiscamingue. Comme les villes de cette région, elle a connu plusieurs projets de développement minier. Actuellement, un gigantesque projet de mine d'or à ciel ouvert est en processus de développement. La mine que souhaite réaliser Osisko est très différente des mines du passé. Elle est basée sur un mode d'exploitation controversé qui se répand sur la planète surtout depuis les années 1990. Parce que ce type de développement s'inscrit très mal dans le développement durable, la coalition exige un vrai débat sur les mégamines à ciel ouvert au Québec.
Rappelons qu'en 2008, le Québec comptait 24 mines dont 18 en Abitibi-Témiscamingue. 13 gisements sont susceptibles d'être exploités prochainement et de rapporter à l'État une redevance de 12%. Le vérificateur général sur le secteur minier a plutôt découvert qu'entre 2002 et 2008, «14 entreprises n'ont versé aucun droit minier alors qu'elles cumulaient des valeurs brutes de production annuelle de 4,2 milliards. Quant aux autres entreprises, elles ont versé pour la même période 259 millions, soit 1,5% de la valeur brute annuelle». C'est dix fois moins que le pourboire que ces industriels laissent au restaurant, s'est indigné Amir Khadir de Québec solidaire.
Entre 2002 et 2008, les compagnies minières ont extrait 17 milliards $ du sous-sol québécois en or et en métaux. Et elles ont reçu 624 millions en crédits d’impôt du seul gouvernement du Québec! Non seulement ces compagnies exploitent-elles nos richesses, sans vision axée sur l'intérêt public, environnement compris, mais encore cela ne nous rapporte-t-il que des peanuts, sans parler de ce que ça nous coûte en argent sonnant. Par exemple, les contribuables devront débourser 11,5 millions $ pour aménager à Malartic un site pour les résidus de la mine d'or Osisko.
Pour Nature-Québec et la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, «les constats du vérificateur indiquent que l’étendue des dégâts dépasse notre évaluation, voire nos pires appréhensions. Le rapport démontre que les contribuables québécois se font flouer par une industrie qui ne s’acquitte pas de ses obligations minimales sur le plan fiscal. Et c’est pire du côté environnemental. Les dépôts pour la restauration des sites miniers totalisent 109 millions sur une facture évaluée à plus de 350 millions : les deux tiers seront donc refilés aux contribuables quand les minières auront empoché les milliards. On constate aussi que 56% des inspections ne font l’objet d’aucun rapport et encore moins de poursuites.»
De plus, «le ministère des Ressources naturelles ignore les avis [du ministère] de l’Environnement et il n’évalue même pas la solvabilité des tiers auxquels les mines confient la responsabilité de restaurer leurs sites. Les Ressources naturelles libèrent les minières de leurs obligations sans respecter des critères rigoureux et uniformes. On est en face d’un laxisme généralisé et la conservation, une mission étatique qui relève pourtant aussi des Ressources naturelles, est complètement bafouée par ce ministère, de l’avis même du vérificateur général, encore là».
Dans ce contexte, on comprend que les minières se sentent au Québec dans le «paradis des mines». Il est inacceptable que Québec se prépare à ouvrir le Grand Nord à cette industrie dans un pareil contexte et cela, en plus, au moment où l’on voit se profiler la multiplication des sites miniers à ciel ouvert, comme la mine Osisko.
«Il y a là désormais un motif suffisant pour marquer un temps d’arrêt jusqu’à la refonte de la loi des mines» afin d’intégrer dans le développement de cette industrie les dimensions sociales et environnementales, jusqu’ici reléguées aux oubliettes, selon le vérificateur général.
Pages reliées :
Pourquoi pas aussi une mine à ciel ouvert sur le Mont-Royal?, Cybersolidaires, 13.05.2009
Malartic n'aura que des miettes, prétend une coalition opposée au projet de mine, Louis-Gilles Francoeur, 01.05.2009
Projet minier Osisko à Malartic - De gré à gré, Richard Desjardins, Action boréale en Abitibi-Témiscamingue, 25.04.2009
Malartic - Une coalition réclame le rejet du projet de mine à ciel ouvert, Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir, 16.04.2009
Malartic - Le déménagement de 150 maisons fait problème, PC, Le Devoir, 14.04.2009



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