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24.03.2009

Commentaires

L'hypothèse "Dieu" n'est que l'une des nombreuses hypothèses irrationnelles qui ont permit à une société de trouver une cohésion sociale. Les occidentaux résument la religion à Dieu, parce qu'ils ne connaissent qu'un seul paradigme "non-déiste" (les principes libéraux inspirés par Kant) pour trois paradigmes "déistes" (les monothéismes) et quelques souvenirs des religions pré-chrétiennes. De là la tentation de résumer la religion à la seule croyance en Dieu.
Rajoutez le Bouddhisme et le Confusianisme dans l'équation, et elle devient toute autre. Nous avons alors un ensemble de systèmes , tous basés sur des postulats plus ou moins irrationels, qui confortent l'Homme dans le sentiment de sa propre valeur. Les plus irrationels n'étant pas nécéssairement ceux postulant l'existence d'un être transcendant.

Car affirmer que l'athéisme serai rationnel est largement insuffisant. L'athéisme occidental repose sur la croyance dans la valeur de l'homme (capable, comme vous l'avez affirmé, "d'inventer Dieu") et de ses droits inaliénables.
L'athéisme occidental est la sublimation du postulat libéral selon chaque homme est né libre et égal à son prochain.

Or, qui prétend pouvoir "rationnelement prouver" les droits de la personne ? On peut justifier l'utilité sociale de la croyance dans ces droits. Hegel l'a fait, fort bien, en postulant le "désir de reconnaissance" présent dans chaque homme. Toqueville a également montré pourquoi une société qui postulait l'égalité était plus efficace qu'une société qui ne la postulait pas.
Mais en terme de preuves, nous n'avons pas grand chose...
On en distingue traditionnelement trois types :
- La doctrine des droits naturels repose en fait sur l'existence de Dieu, qui donne à chacune de ses créatures une dignité propre (St Thomas d'Acquin)
- Une version "sécularisée" inspirée de Grotius, Locke et de Rousseau repose sur le postulat que les hommes ont des droits. Tout simplement.
- Enfin, le positivisme sociologique de Durkeim affirme que les hommes ont les droits que la société leur reconnait. Faut-il en conclure que les coréens du nord n'ont pas de droits ? (je caricature un tantinet pour le besoin du raisonnement. L'exemple de la Corée ne s'appliquerai pas cette théorie. En revanche, le projet du Parti Communiste Chinois de créer son idéal de société autoritaire, obligerai une Durkeimien honnête à reconnaitre qu'il a sous les yeux une société "à droits restreints")

En fait, ce débat pour "prouver" que les hommes ont des droits ressemble furieusement à un autre débat, pour "prouver" l'existence de Dieu.
Avec la même solution qu'à l'époque : on ne peut pas le prouver, mais on n'est obligé d'y croire, sinon notre société n'a pas de sens.

Alors ? Libéralisme et Dieu, même combat ?

Le texte est fondé sur 2 arguments fautifs.

1) D'abord une confusion entre le Dieu de la philo et celui des religions. L'anticatholicisme et l'antichristianisme ou les comportements des religions ne prouve rien contre le Dieu des philos,ou contre l'existence de quelque être que ce soit. Les religions peuvent être mythiques et Dieu exister quand même.

2) Ensuite une confusion entre Dieu et la croyance en lui.
L'argument généalogique concerne l'origine des pensées et non leur vérité. Que vaut l'argument: "si les femmes sont féministes, cela origine de leurs frustrations sexuelles". Rien. Les frustrations peuvent aussi bien causer le féminisme que l'antiféminisme et n'ont rien à voir avec la vérité de quelque proposition que ce soit.
Pour la théologie naturelle (qui relève de la métaphysique) l' argument généalogique est parfaitement réversible: on peut tout aussi bien dire que les hommes ont inventé l'inexistence de Dieu pcq ils ne veulent pas obéir à ses commandements potentiels ou aux commandements de la raison (les têtes fêlées 68ardes, par exemple, males et femelles incluses) ou pcq ils craignent la notion de rétribution du bien et du mal. L'argument généalogique ne prouve rien et nous devons revenir à la vraie question en elle-même, ce que l'A. semble craindre: les arguments métaphysiques (une toute petite minorité des grand philosophes sont athées) ou les arguments d'autorité (croire pcq on a confiance en la parole d'une personne digne de foi).
Voici un argument généalogique qui ne serait d'ailleurs pas du gout de l'A.:
Pourquoi Nietzsche n'aurait-il pas été athée en raison du fait qu'il était, comme on sait, malade mental, et qu'il est mort enfermé???

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