Dans Femmes publiques : les féminismes à l'épreuve de la prostitution paru en janvier 2009, Catherine Deschamps et Anne Souyris ne se prononcent pas pour ou contre «la» prostitution. Elles souhaitent comprendre ce qui leur apparaît incompréhensible : la désolidarisation, ces dernières années, en particulier en France, des féministes avec les personnes prostituées. C'est au fond une mise à l'épreuve des féminismes qui est ainsi proposée à l'aune de la prostitution. Mais il ne s'agit pas de faire un sort au féminisme, dont elles sont partie prenante. Il s'agit plutôt, à partir d'un état des lieux des forces en présence, de la situation sur le terrain et des législations en vigueur, de penser la possibilité d'une nouvelle alliance entre les différents courants féministes et les prostitué-es, alliance qui n'évacuerait ni aspérités ni paradoxes, mais qui chercherait, dans une perspective pragmatique, à renforcer par la réduction des risques la capacité d'agir des personnes concernées afin qu'elles puissent oeuvrer à leur propre émancipation. On trouvera ainsi dans ce livre un manifeste engagé en faveur de cette nouvelle alliance, mais aussi un essai informé qui permet de faire le point sur les réalités et les savoirs de la prostitution.
Catherine Deschamps est socio-anthropologue et travaille depuis une quinzaine d'années sur les risques VIH. Elle est l'auteure de Le Miroir bisexuel. Socio-anthropologie de l'invisible et de Le Sexe et l'argent des trottoirs. Elle enseigne également la sociologie urbaine.
Anne Souyris est journaliste et femme politique. Sa mobilisation aux côtés des prostitué-es remonte à une enquête réalisée pour le Journal du sida en 1992. Elle est actuellement membre de la direction des Verts et conseillère régionale d'Île-de-France sur les questions de démocratie.



La désolidarisation de ces féministes vis-à-vis des prostitué(e)s me révolte. Elles se font les représentantes d'un féminisme qui va à l'encontre de ce qu'est réellement le féminisme.
http://www.lesactusdemichelleblack.com/2011/04/lettre-ouverte-aux-ultra-feministes.html
Rédigé par : michelle | 15.05.2011 à 08:49
Eh oui. Le texte que vous suggérez rabâche encore une fois l'idée que les prostituées qui ont un autre discours que celui qu'on entend entre autres dans la vidéo du Women's Lobby mentent. Au mieux, elles ne seraient pas représentatives. La prostitution, c'est l'enfer pis c'est ça qui est ça. Comme ce serait dans sa nature d'être violente et avilissante, la seule option sensée serait de criminaliser les clients, tous des salauds ou des pauvres types dans le meilleur des cas comme chacun-e devrait le savoir.
Depuis toujours, les féministes se font dire qu'elles ne sont pas représentatives. Nous savons toutes ce que ça fait d'être traitées comme des personnes manquant toujours de crédibilité. Mais quand ce sont des féministes qui se comportent de la même façon avec des femmes marginalisées, oups, là ça deviendrait ok? Les analyses développées par le mouvement de défense des droits des travailleuses du sexe en oeuvrant directement sur le terrain depuis une quinzaine d'années? Ben voyons, ça ne vaut pas 5 cennes pis c'est ça qui est ça aussi.
Le seul discours qui tiendrait la route est celui des abolos qui ne tiennent compte que des expériences pénibles vécues par des prostituées - oui, il n'en manque pas - et qui proposent la pseudo solution suédoise. J'ai entendu l'une des féministes abolos suédoises qui a oeuvré à la rédaction de la loi qui criminalise les clients que les prostituées n'avaient plus de problèmes depuis son adoption. Vous leur avez demandé leur opinion? Elle a répondu que c'était inutile, puisqu'elles ne sont plus criminalisées. Les travailleuses du sexe suédoises considèrent pourtant cette loi comme une calamité : http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2005/10/tre_travailleus.html
Dans le film, elles ont raison de dire que la légalisation de la prostitution n'est pas une solution. Les bordels du Nevada, le mouvement des travailleuses du sexe n'en veut pas non plus.
La décriminalisation, c'est autre chose. Effectivement, ça ne règle pas tous les problèmes du jour au lendemain, pas plus que ne l'a fait la décriminalisation de l'homosexualité. Mais comme dans le cas de celle-ci, ça permet d'oeuvrer afin de faire respecter les droits humains des personnes concernées. Voir ce qui se passe en Nouvelle-Zélande : http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2008/06/dcriminalisatio.html
Là, les abolos sortent leur discours sur la décriminalisation TOTALE (toujours écrit en capitales) de la prostitution et donc aussi du proxénétisme. Au Canada, toutes les personnes qui profitent des revenus de la prostitution sont vues comme de méchants proxos. Même l'adolescent que sa mère travailleuse du sexe fait vivre! Mais ce qui pose problème, c'est quand une personne en force une autre à se prostituer afin de s'approprier ses revenus, ce qui serait encore illégal avec la décriminalisation de la prostitution. Parce qu'il y a des lois contre la violence, la coercition et l'exploitation.
Comme les auteures de "Femmes publiques", je trouve désolante la désolidarisation de certaines féministes avec les personnes prostituées. Comme c'est bel et bien inacceptable en soi, les auteures tentent d'ouvrir une autre voie qui ne mérite pas autre chose que d'être prise sérieusement en considération.
Rédigé par : Nicole Nepton | 29.01.2010 à 10:47
Avez-vous vu le film http://www.womenlobby.org/site/video_fr.asp ou lu le témoignage de cette femme ayant "choisi" de se prostituer : http://www.veganimal.info/article.php3?id_article=595 ?
Rédigé par : emma | 27.01.2010 à 14:46