Harper, tu me fais peur
T'assassines ma planète, tu bâillonnes mes artistes
Tu brimes mes droits, tu te fous de ma langue
Tu te fous de moi
Harper, tu fais la guerre, tu fais la mort
Tu fais l'amour par la bouche de tes canons
Tu fais pousser du pétrole
Tu piétines Kyoto
Tu nous fais honte aux quatre coins du monde
Tu m'aimes quand je me tais
Tu m'adoptes pour que je vote
Harper, tu ne me mettras pas en conserve
Tu ne nous mettras pas en conserve
Nous ne sommes pas des conservateurs
Catherine Pogonat
Paul Ahmarani : Ce qui m'énerve beaucoup chez les Conservateurs, c'est cette prétention à représenter le "vrai" monde.
Alexandrine Agostini : Vivre petit ne rend pas service au monde...
Danielle Proulx : Plus je vieillis, plus j'ai à coeur de laisser à nos enfants un pays plus soucieux, plus conscient de ses valeurs qui sont primordiales, fondamentales...
Christian Begin : Le gouvernement Harper ne semble pas douter ni de ses décisions, ni de ses chances d'être réélu. Cette absence de doute m'inquiète profondément...
Ariane Emond : À 25 ans, je croyais dur comme fer que les femmes avaient le droit d'interrompre une grossesse...
Isabelle Bradette : En tant que médecin, je pense que la santé des femmes est primordiale ainsi que leur choix de faire ce qu'elles veulent avec leur corps et leur vie...
Isabelle Blais : Les plans d'avenir de M. Harper concernant les femmes me font peur...
Jeremy Peter Allen : M. Harper a mis la hache dans le projet de réseau pancanadien de garderies pour le remplacer par une allocation imposable de 100$ par mois...
Laure Waridel : Il faut qu'on se rappelle que le gouvernement, c'est nous...
Dan Bigras : Vous travaillez pour les pétrolières M. Harper, nous le savons...
Paul Lévesque : Harper, c'est la fuite en avant vers le désastre quant à l'universalité des soins, l'environnement, la santé publique...
Sébastien Harvey : Il y a deux manières de faire de la politique : la gestion de crises ou proposer des projets de société...
Dans le cadre de la campagne électorale, UnissonsNosVoix.ca - une initiative 100% indépendante et bénévole - propose un éventail de paroles citoyennes prononcées à visage découvert. Elles sont unies par un point commun : la volonté que le gouvernement Harper ne reprenne pas le pouvoir le 14 octobre.
Des tournages ont eu lieu au Saguenay, dans la région de Québec et à Montréal en septembre. Plus d’une cinquantaine de citoyen-nes ont livré leur réflexion d’une manière simple, sincère et personnelle, évitant le mépris, la hargne ou le ton revanchard. On peut entendre de nouveaux points de vue ou une nouvelle façon de les communiquer, confronter ses idées, mettre la main sur une vidéo qui pourra servir de déclencheur à une discussion.
Vous considérez qu’il manque quelque chose? Une certaine tranche de la population devrait y être davantage représentée? Un argument, une idée, une nuance manque? À vous de jouer.
Si vous avez de la misère à sélectionner la vidéo que vous souhaitez entendre, elles sont sont aussi accessibles ici.



Le 08-09-23 à 15:30, jean-serge baribeau a écrit :
Le choc de la politique et de la culture
La présente campagne électorale semble porter, plus que jamais auparavant, sur la place de l'art et de la culture. Quelques coupures «conservatrices», sûrement maladroites et mal justifiées ou mal expliquées (ou injustifiables), ont rallumé la lumière de la dissidence et de la revendication dans le glorieux et radieux univers des arts et de la culture.
Étant un adepte ardent et très déterminé de ce qui se passe sur la scène artistique et culturelle, j'ai suivi toutes ces péripéties «artistico-culturo-politiques» avec un intérêt jamais démenti. Dans ce branle-bas il m'a semblé discerner au moins deux panoramas à la fois complémentaires et distincts.
Le premier panorama, le plus flagrant, celui qui, apparemment, a déclenché les hostilités, c'est celui concernant les coupures budgétaires et financières faites dans certains programmes culturels et artistiques. Il s'agit là du panorama quantitatif, lequel est susceptible de déboucher sur une interminable et stérile guerre des chiffres et des statistiques. Après avoir beaucoup écouté, regardé et lu, je dois dire que je suis incapable de déterminer si, somme toute, le gouvernement conservateur a vraiment exercé de substantielles coupures dans le champ culturel et artistique.
Cela m'amène à réfléchir davantage au panorama plus qualitatif que quantitatif. Il me semble que le gouvernement Harper a déclaré la guerre à certaines manières de créer et d'engendrer des ouvres artistiques et culturelles. Il me semble que les conservateurs craignent l'art «marginal», l'art «radical», l'art «dissident», l'art «pervers», l'art «subversif ou à prétention subversive. Le gouvernement conservateur et le parti qui lui est rattaché veulent faire la promotion d'un art «respectable», respectueux, révérencieux, bienséant, décent et de bon ton. Ces gens-là veulent promouvoir un univers culturel basé sur une sexualité «saine», sur les «bonnes moeurs» et les «bonnes manières». Ils viennent de déclarer la guerre à la culture qui pourrait être ou sembler être infâme, immonde ou ignoble. En réfléchissant à toute cette querelle, je n'ai pu m'empêcher de penser au combat que Hitler (que je ne confonds radicalement pas avec Harper) a livré contre ce qu'il a appelé l'art dégénéré, favorisant un art basé sur la pureté. Le gouvernement conservateur et «harpérien» ne va assurément pas se livrer ouvertement à des autodafés et il ne va pas emprisonner ceux qui créent un art «décadent». Toutefois, il est clair que de nombreux artistes vont devoir y penser et y repenser avant de proposer certaines créations. Et tout cela risque de déboucher sur un repli «stratégique» ou sur une autocensure sclérosante. Tout comme il y a, parfois, des agents de la circulation intellectuelle et idéologique, nous risquons d'assister à la montée de nombreux agents de la circulation artistique et culturelle.
Pour terminer, une citation et une question.
Ma citation, elle est de Beaumarchais: «Pourvu que je ne parle dans mes écrits ni de l'autorité, ni du culte, ni de politique, ni de morale, ni des gens en place... ni de personne qui tienne quelque chose, je puis faire tout imprimer sous l'inspection de deux ou trois censeurs.»
Ma question: n'est-il pas «normal» que, par moments, les Artistes et l'État finissent par s'opposer? Une sous-question: si subversion il y a, est-il «normal» que l'État subventionne et encourage cette subversion qui risque de saper son autorité, cette autorité à laquelle il tient tant?
Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias
Rédigé par : Jean-Serge Baribeau | 11.10.2008 à 10:17