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02.05.2008

Montréal : Sauvage répression de la manifestation anticapitaliste et pacifique du 1er mai

Photos de la manif du 1er mai 2008Dans une intervention aussi brutale qu’injustifiée, la police de Montréal a attaqué la manifestation anticapitaliste du 1er mai. Organisée à l’initiative d’une vingtaine de collectifs et de groupes sociaux, communautaires et politiques, elle a rassemblé environ 800 personnes dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve qui est l'un des quartiers les plus pauvres au Canada, où l’exploitation est vécue le plus durement.

Toute la journée, la Place Valois, coin Ontario et Valois, a été animée par les militant-es du Comité BAILS Hochelaga-Maisonneuve, qui ont dénoncé la gentrification du quartier, les hausses de loyer et les conditions de plus en plus difficiles que connaît la population du quartier. Vers 17h, la Place s’est remplie pour un repas communautaire, de l’animation et quelques discours. L’ambiance était à la fête, avec la présence de nombreuses personnes du quartier, des travailleurs et travailleuses de tous âges, des familles entières avec leurs enfants. Le contraste était saisissant entre l’ambiance qui régnait et la présence déjà fort agressive du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui semblait déjà chercher un prétexte pour interdire la manifestation. Au moins deux officiers supérieurs du SPVM étaient d’ailleurs présents avec leur mégaphone, prêts à décréter qu’il s’agissait d’un «rassemblement illégal», alors que rien d’illégal ne se produisait et que les participant-es ne souhaitaient qu’exercer le droit de manifester officiellement reconnu par les lois canadiennes.

Vers 18h30, la manifestation s’est mise en marche sur la rue Ontario en direction ouest. La manifestation était animée; la foule criait des slogans et les badauds étaient nombreux à s’approcher pour s’y joindre et s’informer de la raison d’être de la manifestation.

Soudainement, deux personnes notoirement connues dans le quartier comme étant des militants néo-nazis organisés, déguisés avec tout leur attirail, sont apparus au détour d’une intersection pour narguer les manifestant-es, dans ce qui apparaissait comme une véritable provocation. Rapidement, des manifestant-es se sont approchés d’eux pour leur faire comprendre que leur présence était pour le moins inappropriée et qu’il était sans doute préférable pour eux de s’éloigner rapidement. Une douzaine de patrouilleurs à vélo du SPVM étaient présents à côté des deux provocateurs lorsqu’ils se sont pointés, mais ils n’ont rien fait pour les isoler des manifestant-es.

Après cet incident, il n’a fallu que quelques minutes pour que des hordes de policiers de l’escouade anti-émeute accourent de tous les côtés et se lancent brutalement et sans avertissement sur les manifestant-es, à coups de matraque et en faisant usage de poivre de cayenne. Rappelons que la foule comprenait un bon nombre de familles, d’enfants et de personnes âgées, ce que les officiers du SPVM présents au rassemblement avaient eux-mêmes pu constater. Les manifestant-es ont alors tenté de se regrouper pour défendre le rassemblement. Un certain nombre ont réussi à poursuivre la manifestation sur des rues environnantes et à se rendre jusqu’à la station de métro Papineau, où la manifestation s’est terminée.

Le comité de liaison de la manifestation anticapitaliste du 1er mai dénonce avec vigueur cette nouvelle bavure du SPVM et cette attaque aux libertés démocratiques. Nous tenons à réfuter tout particulièrement la prétention du SPVM qui affirme être intervenu parce que «des bagarres ont éclaté entre des manifestants». La vérité est qu’il n’y a jamais eu aucune bagarre à l’intérieur de la manifestation. Au contraire, l’atmosphère était particulièrement festive et solidaire, dans l’esprit du 1er mai. Comme nous l’avons relaté, l’incident qui est survenu fut le fait de deux provocateurs totalement étrangers à la manifestation. Que les policiers aient préféré se servir de cet incident pour attaquer et disperser une manifestation légitime plutôt que de neutraliser ces provocateurs en dit long sur le fait que leur idée était faite à l’avance : pour eux, les manifestations anticapitalistes n’ont pas droit de cité et il leur appartient de décider si l’orientation politique de telle ou telle manifestation est convenable ou pas. De toute évidence, les partisans de l’État policier qui dirigent le SPVM sont plus préoccupés de «neutraliser» les anticapitalistes qu’à s’occuper des néo-nazis qui sèment le trouble dans les quartiers populaires.

Nous dénonçons également le fait que la police ait procédé à au moins sept arrestations. Un manifestant a été libéré le lendemain avec une caution de 350$, une accusation d'agression armée et une interdiction de manifester. Un autre a été libéré avec une caution de 500$ avec des accusations de méfaits (graffitis). Une troisième personne a été libérée le soir même sans accusation. D'autres personnes - au moins quatre - auraient été arrêtées puis relâchées sur place après s'être fait dire qu'elles recevraient une sommation par la poste.

En dépit de cette intervention illégale, injustifiée et brutale du SPVM, la manifestation anticapitaliste du 1er mai aura connu un vif succès. L’enthousiasme des quelque 800 participant-es en a fait l’un des plus importants rassemblements anticapitalistes des cinq dernières années à Montréal. Contrairement à la volonté du SPVM, il y aura d’autres manifestations anticapitalistes dans les semaines et les mois qui viennent. Aux militant-es anticapitalistes se joindront alors tous ceux et celles qui défendent le droit de manifester et les libertés démocratiques et qui refusent de vivre dans un État où les flics font leur loi.

Unee coalition de groupes sociaux a organisé cette manifestation et appuyé cet appel : Anarkhia, Apatrides anonymes, Association irrationnelle pour un Québec libertaire, Carrefour Québec-Cuba, Cellule rouge de Drummondville, Centre d’appui aux Philippines, Centre des travailleurs et travailleuses immigrantEs, Comité BAILS Hochelaga-Maisonneuve, Comité des sans-emploi Montréal-centre, Comité pour un Secours rouge canadien, La Pointe libertaire, Organisation populaire des droits sociaux, Parti communiste révolutionnaire, Personne n’est illégal – Montréal, PINAY (Organisation des femmes philippines à Montréal), Solidarité sans frontières, Union Locale de Montréal - NEFAC, Unité socialiste des IranienNEs à Montréal.

Pour information : 1erMai2008@gmail.com

Source : Comité de liaison de la manifestation du 1er mai, 02.05.2008


La rage, Keny Arkana


Pages reliées :
Voir des photos de la manifestation du 1er mai 2008
Récit au « je » d’une répression policière ordinaire, 02.05.2008
Quand le droit de manifester est sauvagement réprimé ou chroniques d'un état policier..., 02.05.2008

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