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12.03.2008

Une demande d'aide pour défendre une cause sans précédent dans le domaine du VIH

Le 14 février 2008, un homme reconnu coupable de voies de fait graves envers son ex compagne et le fils de celle-ci a finalement été pardonné sans condition par la Cour du Québec parce qu'elle ne lui aurait pas dévoilé sa séropositivité selon lui, alors qu'elle l'en a informé lors de leur deuxième relation sexuelle. Leur première relation sexuelle était protégée comme toutes celles qui ont suivi pendant quatre ans. C'est ainsi que ce monsieur est toujours séronégatif. Mais c'est elle qui risque d'être emprisonnée pour agression sexuelle et voies de fait graves. Que les hommes violents se le tiennent pour dit : trouvez-vous une compagne séropositive. Vous pourrez la violenter comme ça vous chante de même que ses enfants. C'est carrément à hurler! Notez que ce monsieur a eu droit à l'aide juridique pendant qu'elle doit assumer les coûts de sa défense. Aujourd'hui, elle fait faillite. Ce qui suit est une demande de soutien, appuyée entre autres par la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida, afin qu'elle puisse se défendre contre ces accusations. Pour elle, son fils et aussi pour toutes celles qui sont séropositives ou qui le seront un jour.

Le 14 février 2008, nous avons vécu un drame et nous voulons vous en parler. Nous essayons d’aider une amie québécoise qui nous est très chère à retrouver son chemin vers un lieu où elle se sentira en sécurité. Nous sommes avec elle et son fils depuis janvier 1994, alors que nous l’avons connue par l’entremise d’un ami qui travaille auprès des personnes vivant avec le VIH/sida. À cette époque, son petit garçon n’avait que trois ans. À son insu, elle avait contracté le VIH de son mari, le père du petit garçon avec lequel elle était mariée depuis trois ans, soit depuis 1988. Elle a su qu’elle avait été infectée seulement une semaine après le décès de son mari, en 1991. (Tous deux ne savaient pas qu’il était infecté. Pendant trois ans, ils ont eu une vie conjugale normale). Lorsqu’elle a découvert qu’elle avait contracté le VIH, elle a été dévastée, mais ayant appris que son fils était en santé à 100%, elle a entrepris de lui trouver des parents dans l’éventualité où elle décéderait. Nous nous sommes engagés envers elle à devenir les parents de son fils quand le moment viendrait.

Depuis, nous sommes restés avec elle. Elle a vécu beaucoup plus longtemps que prévu et nous n’avons pas eu à devenir «parents». Elle et son enfant sont une partie extraordinairement enrichissante de nos vies. Ensemble, nous avons connu de grands moments de bonheur. À un moment donné, afin de solidifier la relation et de l’aider quand son état de santé a décliné, son enfant est venu vivre avec nous pendant environ six mois, en octobre 1994, juste après que nous ayons eu le bonheur d’avoir notre cher enfant. Pendant quelque temps, nous avons eu deux enfants ici – un bébé et un enfant de trois ans.

Au cours de l’été de l’année 2000, pendant une partie de soccer de son fils, elle a rencontré le père d’un coéquipier de son fils. La relation s’est développée. Elle a suivi les conseils de tous les médecins, de tous les professionnels qui l’aidaient et, quand la relation est devenue intime, elle s’est protégée. Les professionnels de la médecine lui ont dit (comme ils le font d’ailleurs pour toute personne dans la même situation) que TANT QU’ELLE PRATIQUAIT DES RELATIONS SEXUELLES PROTÉGÉES, son partenaire serait totalement en sécurité et que, de cette façon, elle n'était pas tenue de dévoiler son statut au début (c’est-à-dire la première ou la deuxième fois). Étant donné que son fils aurait pu être stigmatisé par ses coéquipiers si son état était connu, elle a pris la décision de ne pas informer son partenaire au début. Elle a fait tout ce qui lui avait été conseillé. Elle s'est assurée qu’une protection était utilisée. Elle a informé son partenaire de son état avant la deuxième fois où ils ont été ensemble, lorsqu’il a commencé à lui déclarer son amour.

Au début, il était abasourdi et ne l’a pas vue pendant plusieurs semaines. Puis il est revenu la voir disant qu’il l’aimait et qu’il voulait rester avec elle, sa condition n’étant pas un empêchement. Ils ont fini par vivre heureux ensemble pendant environ quatre ans. En 2003, les choses ont commencé à se gâter. Avec le temps, son partenaire est devenu très contrôlant. Il critiquait sévèrement son enfant et les abus verbaux se sont accrus. Le climat étant devenu malsain pour elle, et surtout pour son enfant, elle a décidé de mettre fin à la relation. Peu après, elle est devenue victime de violence conjugale. En décembre 2004, suite à un appel au 911, la police a arrêté son partenaire. Elle s’est retrouvée à l’hôpital avec des blessures à la tête, au visage et au cou et souffrant d’un stress émotionnel. Son fils, qui lui avait sauvé la vie, a eu un poignet cassé en essayant de la protéger. Ce qui était une histoire d’amour pleine de bonheur était devenu une histoire tragique.

En 2005, son ex-partenaire a été jugé coupable d’agression. Juste avant que sa sentence soit rendue, il a divulgué qu’elle était séropositive. Il l’a accusée d’avoir eu des relations sexuelles non protégées avec lui quand ils sont devenus intimes la première fois et qu’elle ne lui avait pas avoué son statut. Elle, une victime de violence conjugale, qui avait suivi à la lettre les conseils professionnels qu’elle avait reçus, a été accusée d’agression criminelle. L’homme, séronégatif et jugé coupable de l’avoir battue, a reçu un pardon inconditionnel.

Le jour de la Saint-Valentin 2008, exténuée après des mois d’audiences, dans un état de santé de plus en plus fragile et maintenant en faillite, elle a écouté la décision du juge. Elle a été jugée COUPABLE. Le juge a décidé qu’elle n’était pas crédible, même si elle avait reçu l’appui total de son équipe médicale et des professionnels spécialisés dans ce domaine. Plusieurs autres personnes, dont nous-mêmes, ont aussi témoigné de ses qualités en matière d’éthique et d’honnêteté.

Le 14 mars 2008, elle fera face à une sentence d’emprisonnement. Son fils, maintenant âgé de 17 ans, risque de perdre sa maman. Leur relation, si proche et remplie d’amour, est sur le point d’être physiquement rompue. Le fait que sa vie pourrait être ruinée par quelque chose de TOTALEMENT MENSONGER nous dégoûte. Il n’est pas question que nous restions les bras croisés et laissions une telle chose se produire!

Après s’être écroulée sous la tension, notre amie a passé la nuit de la Saint-Valentin à l’hôpital. Par la suite, elle a passé quelques jours avec nous afin que nous puissions l’aider. Elle est repartie ces derniers jours. Elle reprend ses forces graduellement... pour continuer.

Quand nous l’avons rencontrée la première fois, elle était belle, jeune, intelligente, la «voisine d’à coté» qui a assumé pendant 16 ans un poste de responsabilité dans une grande entreprise. Elle est encore la même merveilleuse mère dévouée à son fils. Sous un voile de tristesse et de désespoir, elle demeure la fille dynamique qui aime la musique, la nature, la lecture, monter à cheval, faire du ski et du parachutisme et qui aime surtout son fils. Nous voulons l’aider à retrouver l’endroit où elle se sentira en sécurité. Avec ceux et celles qui veulent l’aider, nous allons faire en sorte qu’elle vive le reste de ses jours en femme libre.

Nous cherchons l’appui de ceux et celles qui peuvent nous aider à obtenir les 30,000$ nécessaires à l’appel de sa sentence.

Votre contribution pour réparer cette injustice est essentielle et inestimable. Nous préférons ne pas nous adresser aux médias de masse afin de protéger notre amie, son fils et éventuellement nous-mêmes de son ex-partenaire. Avec le soutien de ceux et celles qui veulent l’aider, nous avons établi un fonds auprès de la Fondation québécoise du sida, appelé le «Fonds Saint-Valentin», afin de faire face aux coûts légaux de la procédure d’appel. L’adresse est mentionnée ci-dessous. Tout surplus sera utilisé pour aider d’autres personnes vivant avec le VIH/SIDA à affronter les coûts de leurs procédures légales.

Veuillez, s’il vous plaît, envoyer vos dons à la :
Fondation québécoise du sida,
1, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec)
Canada, H2X 3V8
*Sur le chèque, spécifiez : Fonds Saint-Valentin*
*Des reçus seront émis pour des montants égaux ou supérieurs à 20$*

Nous vous remercions de votre aide et d’avoir pris le temps de lire cette histoire.

Solidairement

> Écouter une entrevue avec elle
> Jugement de la Cour du Québec
> Criminalisation: Found raising for Miss "C" court appeal

Pages reliées :
Rien ne justifie la violence conjugale!, Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale, 01.05.2008
VIH/SIDA : C’est à chacun de nous de se protéger!, lettre ouverte d'une femme vivant avec le VIH
Que fait le ministre Couillard?, COCQ-Sida, 06.03.2008
Position de la COCQ-Sida : Criminalisation de la transmission et de l’exposition au risque de transmission du VIH

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