En atteignant les deux millions de dollars prêtés, l’Association communautaire d’emprunt de Montréal (ACEM) a franchi un nouveau cap pour le microcrédit au Canada! Selon Anne Kettenbeil, directrice de l’ACEM, le premier fonds de crédit communautaire au Canada, «de plus en plus les gens apprennent l’impact positif que l’accès au crédit peut avoir sur la vie des personnes à faible revenu. Il est certain que le crédit communautaire est arrivé à maturité dans ce pays».
En 1990, l’ACEM est fondée par une coalition de groupes communautaires oeuvrant auprès des résidant-es les plus démunis du Grand-Plateau. Depuis sa création, l’ACEM dessert les populations à faible revenu de l’Ile de Montréal. «La mission de l’ACEM est de lutter contre la pauvreté et l’exclusion économique en offrant l’accès à du capital d’investissement aux citoyens et aux organismes à but non lucratif», explique Madame Kettenbeil. «Nous travaillons avec des populations qui sont marginalisées à cause de leur pauvreté et de leur exclusion sociale. Les institutions financières conventionnelles ont toujours refusé d’accorder des prêts pour le démarrage ou la consolidation d’une petite entreprise aux personnes à faible revenu, aux nouveaux arrivants ou aux femmes, particulièrement celles qui sont chefs de familles monoparentales, voyant ces populations comme un risque trop élevé, même si les candidats sont des plus prometteurs et très bien préparés».
Grâce à l’expansion rapide du microcrédit à travers le monde, les Canadien-nes entendent de plus en plus parler du crédit communautaire. La remise du prix Nobel de la paix au fondateur de la banque Grameen, Muhammad Yunus, a marqué un tournant important en novembre 2006. Elle a récompensé son travail innovateur de lutte contre la pauvreté pour son programme de microcrédit au Bangladesh.
Au Canada, l’ACEM, basée à Montréal, a été la première organisation à utiliser le modèle de fonds communautaire d’emprunt pour développer le microcrédit ou plutôt le crédit communautaire, forme sous laquelle le microcrédit est connu ici.
Fière de la richesse de son expérience, l’ACEM est devenue une alternative efficace aux institutions traditionnelles qui ne parviennent pas, par leur approche standardisée, à répondre aux besoins des diverses communautés. L’ACEM reconnaît et valide les parcours multiples des individus et adopte une approche adaptée à chaque projet. L’ACEM considère également que l’expertise obtenue à l’extérieur du Canada est une valeur ajoutée que les clients apportent à leur entreprise.
Roger Sneling, qui est l'un des investisseurs à l’ACEM et président du conseil d’administration, est un fervent défenseur du rôle croissant de l’ACEM dans la lutte contre la pauvreté. «L’ACEM est une des rares organisations qui investit dans les personnes qui contribuent au bien-être social et économique de leur communauté», dit-il. «Chaque dollar investi a été prêté quatre fois. C’est ainsi que l’investissement initial de 500,000 $ s’est traduit en un investissement de 2 millions $. Imaginez l’impact que pourraient avoir les investisseurs s’ils avaient tous 10% de leur portefeuille en investissements socialement responsables».
D’autres membres de l’équipe de l’ACEM abondent dans le même sens. «L’ACEM est souvent le dernier recours pour des promoteurs qui ont peu de ressources financières», dit Bouchra M’Zali, présidente du Comité de prêt et professeure à l’UQAM. «Mais l’ACEM dépasse en fait largement ce mandat. En effet, au-delà de l’aspect financier, l’équipe se soucie des promoteurs et apprécie l’impact que leurs projets auront sur leur bien-être et sur celui de la communauté dans laquelle ils interviennent».
De nombreux entrepreneurs ayant connu le succès témoignent de l’influence que l’ACEM a eu en transformant leurs visions en réalité.
«L’ACEM a soutenu mon projet d’entreprise. Parce que je suis une femme immigrante et que je n’ai pas d’histoire de crédit ni de garantie à offrir, il était impossible d’obtenir l’appui des banques. L’ACEM m’a cependant accompagnée dans mon aventure et a travaillé avec moi. Ils m’ont aidée à réviser mon plan d’affaires et c’était ce dont j’avais le plus besoin. Ils ont aussi financé mon entreprise», dit Lorraine Wilson, propriétaire de la résidence Wilos pour personnes âgées.
«Ce qui m’a le plus marquée dans le processus d’obtention du prêt à l’ACEM, c’est de pouvoir aller moi-même présenter le projet au comité de prêt. J'ai apprécié cette pratique assez démocratique», dit Lucie Chagnon, présidente et directrice générale de Conciliation travail-famille Commodus, qui a pour mission de mettre à la disposition des employeur-es une gamme de services destinés aux salarié-es pour les aider à concilier travail et vie de famille.
«Les fonds obtenus à l’ACEM nous ont permis de terminer notre projet en direction des jeunes appelé «Construire des stratégies pour le succès» et ce, suivant le calendrier initial sans interruption dans les ateliers ni dans les stages prévus pour les jeunes participants. Nous pensons que l’ACEM apporte un excellent service nécessaire aux organisations communautaires», dit Bradley Dottin, président du Centre de ressources de la communauté noire.
Si vous souhaitez en savoir plus, contactez l’ACEM au 514.843.7296.
Source : ACEM, 25.02.2008
Pages reliées :
Réseau québécois du crédit communautaire
Le père du microcrédit prix Nobel de la paix, 16.10.2006



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